LES PORTRAITS
cour (fig. 190), tantôt accompagné du saint et d'un archange; et toujours, dans ces œuvres qui ne sauraient être des copies, l'exécution est d’un singulier mérite. On pourrait multiplier les exemples de représentations de cette sorte dans les manuscrits du xK et du xu* siècle. Sans parler des images impériales, malheureusement assez endommagées, qui ornent le Parisinus 510, ou du Basile II que contient le Psautier de la Marcienne (fig. 189), le fameux Exultet de Bari (x1° s.) renferme les effigies des empereurs Basile II et Constantin VIIT; le manuscrit 922 de la Bibliothèque Nationale montre la Vierge couronnant Constantin Doucas et Eudoxie; la Panoplie dogmatique du Vatican (n° 666) présente deux fois Alexis Comnène (fig. 191); le manuscrit n° 2 du fonds d’Urbin (Bibl. Vaticane) figure Jean Comnène; le Psautier Barberini met sous nos yeux une belle image d’une famille impériale (fig. 192). Dans ces ouvrages datés avec certitude, et où l'artiste a dû nécessairement faire œuvre personnelle, le dessin est ferme et précis, le coloris souvent lumineux. Les maîtres qui, au temps des Macédoniens et des Comnènes, étaient capables de telles œuvres, étaient assurément, quoi qu'on en puisse dire, autre chose et mieux que de simples copistes, et alors même qu’ils s'inspiraient, en disciples intelligents, des modèles antiques, ils savaient, tout le prouve, innover encore et créer.
L’'ornementation !. — C'est ce que prouverait, s'ilen était besoin, l’ornementation des manuscritsde cette période, Elleest d’une variété et d'une richesse merveilleuses. Les sujets sont souvent encadrés de larges bandes aux couleurs éclatantes, où des animaux diversement entrelacés se jouent parmi les feuilles et les fleurs enroulées en capricieuses arabesques. De magnifiques frontispices (fig. 187-188), hautes arcades au-dessus desquelles une fontaine jaillissante abreuve un peuple d'oiseaux, portiques soutenus par des colonnes au-dessus desquels courent des cerfs et des tigres, couvrent des pages entières de leurs splendides enluminures (Bibl. Nat., Gr. 543 et 550). Les initiales enfin deviennentde véritables compositions ?. Elles sont généralement de l'ordre zoomorphique, avec un mélange de formes végétales et de fruits que viennent becqueter des oiseaux. Ce sont autant de scènes
1. Kondakof, /nitiales zoomorphiques des manuscrits grecs du X° et du XI° siècle dans la bibliothèque du Sinaï (russe), Pétersbourg, 1903. Cf. Boutovsky, ‘Histoire de l'ornement russe du X° au XV®° siècle d'après les manuscrits grecs et slaves, Paris, 1870; Stassof, L'ornement slave et oriental d’après les manuscrits, Pétersbourg, 1887.