Il Menologio di Basilio I1, Milan
LE MÉNOLOGE BASILIEN 633
beaucoup de ces compositions (fig. 306). En faut-il conclure que ces miniatures, comme on l'a supposé ingénieusement !, reproduisent des modèles anciens, créés sur les lieux mêmes qu'illustra le martyre du saint, des icones locales commémorant la mort des confesseurs, et bien vite devenues populaires dans tout le monde chrétien? L'hypothèse, qui est jolie, ne saurait prétendre à la cer-
Fig. 306. — Le Christ et les apôtres. Miniature du Ménologe du Vatican (d'après Il Menologio di Basilio II).
titude : mais, quoi qu'il en soit, ce qui est incontestable, c'est que les peintres du x° siècle ont reproduit ces vieux thèmes selon le goût de leur temps. Or, ce qui apparaît d'abord dans leur œuvre, c'est le manque absolu d'originalité. Ces artistes ont des qualités de facture souvent remarquables : ils recherchent l'élégance et la grâce, ils ont le goût de la magnificence dans les costumes et la décoration (fig. 307), ils n'ont pas peur du détail réaliste dans les scènes terribles ou cruelles qu'ils peignent. Mais, au fond, ils n’ont guère d'idées. Ils dissimulent plus ou moins adroitement, par la variété extérieure des agencements (fig. 308), la banalité fastidieuse de leurs