‹ Manuel d'art byzantinChapitre 8 sur 309 · LES NEFS ET LE NARTHEX A · texte numérisé non relu

LES NEFS ET LE NARTHEX A

quemment représentés à la courbe des absides. C’est le Christ donnant la communion aux apôtres, sous les deux espèces du pain et du vin (fig. 234), ou célébrantlui-même, avec l'assistance des anges vêtus en prêtres et en diacres, le saint sacrifice, ou, comme les inscriptions dénomment cette scène, « la divine lilurgie ». Ces

Fig. 234. — Communion des apôtres. Mosaïque de Serrès (d’après Perdrizet et Chesnay, Mon. Piot, t. X).

représentations font, au fond de l’église, une frise magnifique se déroulant aux yeux de l’officiant, et montrent avec force comment, dans ce sanctuaire isolé de l’église, tout se rattache à l'Eucharistie.

Les nefset le narthex. — Ainsi l’Église céleste a la coupole pour domaine, l’Église terrestre, dans sa manifestation la plus haute, occupe le sanctuaire. En face de cette image du mondeintelligible, le reste de l'édifice sacré figure le monde sensible. On y trouve, d'une part, les saints de toute sorte, chefs à des titres divers de l'Église terrestre, répartis dans les différentes parties de la construclion en une exacte hiérarchie proportionnée à leur importance.

Près de l'entrée, ce sont les moines, héros de l’ascétisme ; plus loin, les martyrs, soutiens de la religion ; ailleurs, les diacres etles évêques ; à la courbe des grands arcs qui soutiennent la coupole, les saints guerriers, Démétrius, Georges, les deux Théodores, etc., montant une garde d'honneur; aux pendentifs, les évangélistes, formant comme un lien entre la terre et le ciel. D'autre part, sur les parois de l'église et dans le narthex qui complète l'église, les grandes fêtes de la religion (3eoxottxal éootai), expression du dogme, sont figurées par douze sujets, qui prennent vite une place prééminente dans la succession des épisodes de la vie du Christ et de la vie de la Vierge. Ce sont l’Annonciation, la Nativité, la Présentation (fig. 235), le Baptême (fig. 236), la Résurrection de Lazare, la Transfiguration, l'Entrée à Jérusalem, la Crucifixion, la Descente aux limbes, l’Ascension, la Pentecôte et la Mort ou Dormition de la Vierge.

Le cycle des grandes fêtes. — Parmi ces compositions, deux surtout sont importantes: « L'Église, dit un théologien, figure la Crucifixion et la Résurrection du Christ. » Deux scènes, en conséquence, seront mises particulièrement en valeur, le Crucifiement (fig. 237) et la Descente aux Limbes (fig. 238), « puisqu'elles montrent aux yeux les mystères que l’église symbolise et qu'elles en expriment la signification mystique ! ». On leur réserve donc une place à part, bien en vue, à Saint-Luc, aux côtés du Christ, dans les deux panneaux du narthex qui font face à l'entrée, à Daphni, dans l’église même, sur les deux panneaux orientaux des chœurs, de façon à saisir l'attention des fidèles qui s’avancent vers le sanctuaire. On traite ces deux scènes avec une attention toute spéciale. Constantin le Rhodien, parlant de la Crucifixion des Saints- Apôtres, écrit: « Le sujet a été traité avec un soin particulier par le peintre, comme ne l'a été aucune autre des compositions qu'il a tracées dans l’église. » Et autour de ces deux points fixes, se déroule dans un ordre invariable, qui va de la gauche à la droite de l'église, la succession des grandes fêtes, « magnifique calendrier de mosaïque », qui rappelle aux fidèles « moins les récits des livres saints que les hymnes des recueils de prières ? ».

D'autres épisodes évangéliques complètent à titre accessoire cette décoration dogmatique. Le Lavement des pieds et l'Incrédulité de Thomas accompagnent à Saint-Luc et à Daphni la Cruci-

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