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28 à ÉCOLE PERSANE

253. — Cour intérieure et liwan principal de la mosquée Djouma, ou du vendredi à Ispahan. — Cliché Gervais-Courtellemont.

d’un canal qui est à sec. Le fond du canal est en briques, de même que la voûte qui est à fleur de terre, et les Arabes croient que ça

Fig. 254. — Mosquée Djouma à Ispahan — construite de 143 à 152 H. sous le califat de l'abbasside el-Mansour agrandie vers 1080 par Melik Chah, réparée sous Chah Tamasp (1523-1576) et sous Chah Abbas(1585-1628). — Plan par P. Coste. |

a été un conduit par equel on faisait passer l’eau de l'Euphrate qui est éloignée de ce lieu d'environ vingtlieues. »

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55. — Colonne d'angle dans une des salles intérieures de la mosquée Djouma à Ispahan. — Cliché Gervais-Courtellemont.

Premières mosquées persanes de l’époquedes Abbassides. — C'est en Perse que nous retrouvons des monuments de cette époque plus ou moins remaniés. C'est la mosquée Djouma de Kazvin rebâtie par Haroun-al-Rachid en 786 J.-C. sur le plan primitif de la mosquée construite dans les premiers temps de l'hégire par Mohammed-ibn-Hadjadj : c'est la mosquée de Chiraz construite en

Fig. 256. — Détail de construction de la voûte de la grande coupole de la Mosquée Djouma à Ispahan. — Cliché Gervais-Courtellemont.

875 J.-C. par Amr-ibn-Leïs, avec son pavillon carré, au centre de la cour : le « Khoda Khane !» ou maison de Dieu, souvenir de la Kaaba de la Mecque ; c'est surtout la mosquée Djouma d'Ispahan construite de 143 à 152 de l’hégire (760-762 J.-C.) sous le califat de l’abbasside El-Mansour et agrandie sous Malik-Chah (471 H.- 1080 J.-C.), réparée sous Chah-Tamasp (1523-1676 J.-C.) et sous Chah-Abbas (1585-1628 J.-C.).

Mosquée Djouma d'Ispahan. — Le plan de cette mosquée (fig. 254) est très particulier. Il comporte une grande cour carrée, avec au centre, un petit pavillon également carré. Les quatre faces de la cour sont décorées d'énormes portails en voussures reliés entre eux par des portiques à deux rangs d’arcades superposées ?. Le plus beau

l. Ou peut-être réminiscence des salles centrales des palais sassanides, par exemple du petit palais de Kasr-i-Chirin. Cf. supra, fig, 12.

2. Ces portiques superposés abritent des chambres d'étudiants et ces grandes mosquées persanes sont un peu comme d'immenses medressés. Le plan cruciforme des medressés syriens et égyptiens qui pourrait être considéré comme la contraction à l'extrème du plan de la mosquée persane réduite à ses PHAURRE liwans devrait-il être attribué à une origine persane ?

et le plus grand (fig. 253) donne entrée dans le sanctuaire proprement dit et est flanqué de deux grands minarets. Ceux-ci qui pourraient être prosaïquement comparés à de gigantesques cheminées d'usines sont légèrement couiques et couronnés par un balcon soutenu par des encorbellements en stalactites d'où le muezzin appelle à la prière !. |

L'aspect de ce plan est très caractéristique et très différent du plan classique des mosquées primitives. Cette cour carrée, ces grands portails qui sont une sorte de réplique de l’are colossal du palais de Chosroès à Ctésiphon, forment le parti même de l'édifice. Le reste n'est que remplissage et la mosquée aux nefs parallèles et multiples se trouve, en quelque sorte, répétée quatre fois. Elle a été simplement éventrée en son milieu, et subsiste encore puisque toute la partie du fond de chaque côté du sanctuaire paraît être identique et former de chaque côté une mosquée distincte avec son nuhrab. Au centre de ces deux ailes, le véritable sanctuaire s’abrite sous une énorme coupole. Nous verrons que plus tard sous Chah- Abbas, le plan type de la mosquée persane se crée, la mosquée à nefs a disparu et le parti de la cour avec ses quatre liwans (mosquée Impériale à Ispahan ?, fig. 290) devient seul prédominant.

Les voûtes sontsoutenues ou pardes pilierscarrés, ou par des piliers composés de quatre colonnes engagées * ; ce sont ceux qui supportent la coupole. Le plan de Coste indique au n° 14 la vieille mosquée dont nous donnons une vue intérieure fig. 297. Au n° 12 est la mosquée Abd-el-Aziz. La fig. 258 donne la vue intérieure du liwan nord. Je pense que ces mosquées 14 et 12 ont été incorporées après coup à la vieille mosquée primitive qui comporte les nefs s'étendant de part. et d'autre du sanctuaire. Celui-ci est surmonté d'une coupole intérieure construiteen briques disposées suivant des nervures sinueuses dont les intervalles sont remplis par des panneaux de mosaïques de faïences bleues sur fond Jaune (fig. 256) et recouverte par un dôme extérieur orné de faïences.

1. Ces minarets sont exécutés en briques émaillées à dessins élégants et couronnés par une galerie soutenue par un encorbellement formé de stalactites:

2. Nous avons vu, à propos de la mosquée du sultan Hassan au Caire, que la préoccupation de son fondateur avait été l'imitation du Tag-i-Kesra.

3. J’ai dit plus haut, pp. 47 et 91, que la forme de ces piliers à quatre colonnes engagées, me semblait d'origine chaldéenne ou mésopotamienne et qu'on pouvait les rapprocher des colonnes analognes trouvées à Tello et à suse.

La fig. 255 donne une des colonnes qui cantonnent les angles des salles intérieures. Gette colonne est en marbre sculpté et son fût qui repose sur une base calyciforme est décoré sur toute sa surface d’entrelacs d'arabesques. Le chapiteau a des stalactites rectilignes dont le caractère est spécial à l’art persan. |

La voussure du grand porche (fig. 253) est très remarquable, non seulement par sa décoration de faïences et de briques émaillées, par

Fig. 257. — Mosquée du vendredi à Ispahan. Intérieur de l'ancienne mosquée (n° 14 du plan). — Cliché Gervais-Courtellemont.

ses deux minarets également revêtus de briques émaillées, mais encore par le système même de sa construction. Le plan rectangulaire sur lequel elle est élevée ne comporte pas, en effet, un berceau; c'estune demi-coupole précédant une coupole (toutes deux étoilées), qui, par une suite de stalactites sur plan triangulaire, s'étageant en encorbellements, arrivent à racheter ce plan rectangulaire. Cette suite de stalactites superposées est d'une grande hardiesse, et ces voûtes semblent suspendues dans les airs. Peut-être en trouvera-t-on cependant la proportion un peu lourde.

Ces stalactites sont construites en briques dont les unes sont restées roses, les autres émaillées. Chardin ! a donné de cette

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