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L'art dans l'Asie centrale

2, Dans la Transcaucasie russe, sur la frontière persane.

contraire toutes différentes ; ce n’est plus le fût de Ja colonne dont l'aspect éveille l'idée de support, ce sont plutôt des mâts dont la base empattée, et passant de la forme ronde à la forme carrée, donne l'impression de stabilité d’un mât isolé, maintenu d’un côté par le sommet du pavillon qu'il soutient, et de l’autre par une. base fortement assise sur le sol.

Voilà donc encore un emprunt fait très probablement à l’archi-

Fig. 280. — Péristyle de la grande mosquée de Kodjit ou Khodjent, Turkestan. — Cliché de M. Hugues Krafft.

tecture nomade, si l'on peut ainsi appeler le style des tentes de ces peuplades si nombreuses formant souvent de véritables villes. Le luxe qui s’y développa tout naturellement par suite des richesses énormes que les Mongols et les Tartares rapportèrent de leurs incursions dans l’Asie tout entière, se traduisit naturellement par l'emploi de tapis, de tentures et de broderies ou d'application d'étoffes sur les parois intérieures et extérieures des tentes. D'abord réduits à des combinaisons géométriques, de lignes droites, brisés ou courbes, les motifs de décoration empruntèrent à la flore stylisée ses branches, ses feuillages, ses rinceaux. ;

MOSQUÉE BLEUE DE TAURIS ue 367

Mosquée bleue de Tauris (1437-1468). — Rien ne prouve mieux . celte évolution dans la décoration que l'étude des revêtements émaillés de la mosquée bleue de Tauris (fig. 283, 284, 284 bis). L'aspect de son plan (fig. 282\ respire la force et l'indestructibilité ; 11

Fig. 281. — Porliques de la mosquée de Kodjit ou FANAEN Turkestan.— Cliché Hugues Kraffl.

fallait en effet que l'édifice pût résister aux tremblements de terre assez fréquents dans la région. Le sanctuaire isolé au fond de lédifice dans une sorte d’édicule prend un caractère très original Les minarets sont réduits à leur plus simple expression et relégué. aux angles extrêmes de la façade. Malgré l'épaisseur des murs et la disposition assez bien comprise des voûtes pour atténuer les poussées !, cette mosquée na pas résisté aux tremblements de terre, et il n’en reste aujourd’hui que des ruines.

Elevée en 1437-1468 J.-C. sous Djihan-Chah, dela dynastie turcomane du Mouton noir, elle est décorée de mosaïques, de faïences de toute beauté ; le porcheestencadré (fig. 283) d'une grosse torsade émaillée,lesarêtes du portailsontaussiornées de colonnes engagéesrevêtues

1. Peut-être cette ruine doit-elle être attribuée à l'absence de chaînages à la base des voûtes.

d'émaux, la grande voussure du porche est composée d’une demicoupole, dont les pendentifs sont remplacés par une trompe formée de stalactites à éléments rectilignes, les faces latérales sont ornées de niches ogivales dont l'encadrement est conçu exactement comme celui d'un tapis. Toutes ces décorations sont exécutées en

18.282. — Plan de la mosquée Bleue de Tauris, construite de 1437 à 1468 J.-C.

sous Djihan-Chah de la dynastie du Mouton noir, d'après Texier. (Descrip-

{ion de la Mésopotamie, de l'Arménie et de la Perse.)

briques émaillées, en mosaïques de briques, en mosaïques de faïences taillées à la main. Parfois, comme dans la fig. 283, des stalactites en terre cuite suspendues à la construction dont l’ossature robuste est assez simple, amortissent les angles des voussures : les arcs sont indiqués intérieurement par des boudins décorés de bandes foncées sur fond clair ; tantôt la mosaïque de faïence constitue un revêtement général des surfaces (tympans fig. 284 bis), tan-

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