a remplacé l'ancien minaret carré publié plus loin
pratiquent encore les traditions andalouses avec un goût assez délicat. Il serait facile de citer en Perse, dans l'Inde et même en Égypte, des survivances analogues.
Quels sont les caractères généraux de l’art musulman, et comment est-1l né ?
Ba civilisation musulmane, à laquelle ont travaillé tant de peuples différents, n'est pas purement arabe. Elle est aussi, suivant les modèles dont elle s’est inspirée et les milieux où elle à grandi, grecque, persane, syrienne, égyptienne, espagnole, indoue; mais s’il faut faire la part de tous, on ne peut nier que, sans avoir été jamais exactement définie jusqu'ici, celle des Arabes ne soit la plus grande. De tant d'éléments divers, fondus en un amalgame homogène, ils ont su faire naître une civilisation qui porte la marque de leur génie.
Ainsi que le fait remarquer le docteur Le Bon!, le premier contact de l'Islam avec les civilisations qui l'ont précédé, eut pour effet de galvaniser leurs derniers restes de vie. Le contraste est extraordinaire entre la splendeur des premiers siècles du mahométisme et la barbarie du monde chrétien jusqu'aux croisades. La conquête arabe fut plutôt une conversion. Les batailles furent rares et les campagnes rapides. Le gouvernement des pays conquis consista souvent en un protectorat exercé par un petit nombre d’Arabes purs devenus seigneurs de tout un peuple. L'organisation de l'empire fut basée sur la division de la population en deux classes :
1° Les moslim ou croyants, caste religieuse et guerrière qui combattait, priait, percevait les impôts et gouvernait ;
2° Les sujets infidèles ou raïas qui travaillaient et payaient.
Cette distinction fondamentale permet de comprendre comment les Arabes n'ayant pas d'art propre ont amené, en imposant partout des programmes presque uniformes, une évolution dans l’art, assez brusque etaccentuée, mais imprégnée dans chaque pays d'une saveur locale. A l’origine, le style musulman est syrien en Syrie, Copte en Égypte, byzantin en Asie Mineure, romano-berbère en Afrique, romano-ibère en Espagne, parthe et sassanide en Perse et en Mésopotamie. Mais les trois pôles de l’art islamique au moyen âge sont : la Perse, l'Égypte et l'Espagne où subsistaient tant de traditions arlistiques que des ouvriers habiles étaient prêts à faire revivre.