Strzygowski, Kleinasien ein Neuland
du Karataï-medressé (fig. 340) semble une copie, est absolument syrienne de conception. Cette porte consiste en un arc formant une grande voussure ogivale qui encadre une porte rectangulaire à chambranle simple, dont le linteau est appareillé en voussoirs redentés. Cet arc est soutenu à sa naissance par des colonnettes coudées très courtes, à chapiteaux corinthiens simples. Des chapiteaux identiques couronnent les colonnettes engagées qui sont encastrées dans les piédroits de l’are. Les fûts de ces colonnes sont décorés de cannelures saillantes en zig-zag qui semblent avoir été adoptées fréquemment par les architectes des sultans seldjoucides. L’arc ogival est encadré comme celui de la porte du Karataïmedressé (fig. 340) d'abord par une série d'arcatures entrelacées en marbre incrustées dans la façade, puis par une série de bandes moulurées qui sertissent, comme d'une passementerie dé walons à plat, les angles et les tympans de l'arc. C'est une disposition syrienne. En effet une inscription donne le nom de l'architecte qui a construit ce portail, Mohammed-ben-Khaulan ed-Dimachki. C'est donc le fils d’un Syrien et, par conséquent, un architecte rompu aux méthodes syriennes. À gauche de celle-ci une arcature aveuglée qui porte une inscription de Kaï-Kaous datée de1219J.-C. a une arcade à dents de scie très caractéristique, des colonneltes à cannelures à redans, et enfin de ces retombées d’archivolte en volute que les architectes musulmans avaient à coup sûr copiées sur les monuments chrétiens de Syrie ou du Haouran (par exemple à Kalaat-Semän). A droite et dans une position presque symétrique une autre arcature tréflée, encadrée de bandes entrelacées comme celles du porche central, contient une inscriplion datée de Kaïkobadh; à l'extrême gauche une étoile octogonale à fort relief, . ombragée par une corniche formée en partie d'éléments antiques ou byzantins, sertit encore une autre inscription. Telle est la disposition un peu incohérente de cette façade. dont l'intérêt principal consiste dans la porte centrale datée et signée de son architecte. La mosquée elle-même a été refaite ou restaurée, elle contient de singulières colonnes composées de colonnettes entrelacées !, et des fenêtres à arc mixte dont le cintre est fait de deux quarts de cercle réunis à leur sommet par un linteau, forme que nous avons trouvée en Perse au xvi° siècle, mais qui dès le xin° et le xrv° a été.
1. Motif probablement arménien et dont nous retrouvons un exemple un peu modifié dans le porche du medressé Indjé-minaréli (fig. 337).
employée en Anatolie et en Asie Mineure d'où elle a passé à Constantinople. C’est assurément une forme empruntée à la charpente (fig. 351, maison à Kadi-Keut, Haute Mésopotamie). Elle possède un beau mihrab de faïence et un beau minbar de bois sculpté ‘. Les pendentifs qui forment le départ de la coupole, au-dessus du mihrab, sont en forme de triangles ? comme ceux qui supportent la voussure du portail de Yéchil-turbé à Brousse, et de la grande coupole d'Yéchil-Djami, dans la même ville.
M. Huart mentionne dans l'intérieur du turbé qui se trouve dans la cour de cette mosquée (on en voit la pointe dans la fig. 331, à droite) une inscription au-dessus des fenêtres quien indique le nom de l’architecte, Youssouf ou abd-el-Djaffar *.
Caravansérail de Sultan-khan. — Au point de vue de la traduction du programme largement compris de ces grands partis d'architecture, je dois, au point de vue chronologique et artistique, citer d’abord le caravansérail de Sultan-khan (fig. 332, 333, 334).
Situé à l’est-nord-est de Konieh, il a été construit en 626 H.-1229 J.-C. par Ala-ed-din-Kaï-Kobad 1° dans la dixième année de son règneet restauré en 677 H.-1278 J.-C., sous Ghiyath-ed-din-Kaï-Kosrau III *. Ce caravansérail est pour ainsi dire double. La première cour, sur laquelle s'ouvre un porche magnifique (fig. 333), comporte à gauche des chambres d'habitation, et à droite des salles voûtées qui servaient probablement d’écuries et de dépôt de marchandises. Au centre de la cour, se trouve une petite mosquée, ou plutôt un oratoire absolument placé comme le Khoda-Khané de la vieille mosquée de Chiraz. C'est là assurément une tradition persane, comme d’ailleurs le plan même du caravansérail avec son portail à niches latérales, dont le grand encadrement rectangulaire (malheureusement le couronnement n'existe plus) semble être aussi de tradition persane. Seule la grande voussure à stalactites est syrienne.
Après la première cour, une seconde construction qui comporte neuf nefs de profondeur et cinq en largeur, et dont le centre est éclairé par une coupole sur lanterne, devait très probablement servir d’entrepôt pour les marchandises *. Cette grande composition
Non tome. ET p; 120; |
2. L'origine de cette forme de pendentif est byzantine, comme l'a prouvé M. A. Choisy, L'art de bâtir chez les Byzantins, p. 96, fig. 116.