Huart, op. cil., p. 160 et 161, écrit ainsi ce nom
Le portail nord de la grande mosquée de Divrigui, donné ici (fig. 335) d'après une photographie due à l'obligeance de M. Barbier de Meynard, sé compose d’une grande voussure ogivale défoncée par un renfoncéement rectangulaire. Une grande inscription couronne l'enca lrement de la porte proprement dite de la mosquée. Cet ensemble est compris entre des piliers composés de faisceaux de colonnettes supportées par une petite colonne dont le chapiteau à stalactites est fort original; de ces colonnettes aux piédestaux sculptés se dégage une forte moulure cylindrique qui monte encore pendant quelques assises et se retourne ensuite sous la corniche qui couronne le tout, de façon à encadrer complètement les tympans latéraux de la voussure !. Tel estle thème sur lequel l’ornemaniste a brodé une décoration touffue et incohérente dont chaque morceau est’ intéressant par lui-même, mais dont la réunion est absolument déconcertante par le manque absolu de parti architectural qui devrait régler la répartition d'ensemble.
Gueuk-medressé à Sivas. — A Siwas dans le portail du Gueukmedressé (669 H.-1270 J.-C.), dont je dois la photographie à M. Gallois, on peut remarquer aussi quelques-uns de ces détails bizarres. De même aussi dans le portail du Tchifté-minaré (670 H.-1271 J.- C.), dans celui du Bouroudjiyé-medressé (670 H.-1271 J.-C.) également. Nous pourrions donc attribuer à l'influence de l’art arménien ce singulier dévergondage de décoration. Nous en retrouvons un exemple à Konieh dans le portal du medressé Indjé-minaréli (649- H. 1251 J.-C.), dont l'architecte se nommait Kaloûs fils d'Abdallah ?.
Le Gueuk-medressé de Siwas est dû à un architecte de Konieh, maître Kalojan, mais 1l a dû y employer des sculpteurs ornemanistes arméniens. Les minarets sont à côtes cylindriques comme ceux d'Erzeroum, comme celui de Indjé-minaréli\ et de
1. La grande mosquée de Divrigui possède encore deux autres portails très curieux; un à l'ouest, tout à fait arménien de style, et un autre tout à l'extrémité de cette façade ouest, daté de 1229 et tout aussi déconcertant que le portail nord, au point de vue de l'art. Sa silhouette rappelle à s'y méprendre l'aspect d'un portail du xv° siècle français (dépourvu il est vrai de ses crochets et de ses fleurons;, et 1l est vraiment singulier que par la modification de l'architecture arménienne suivant la mode seldjoucide, c’est-à-dire par l’emploi des colonnettes arméniennes dans un portail à courbes persanes et à voussures successives, on ait obtenu un ensemble si curieusement semblable à ce qu'on devait faire en France plus tard, au xv° siècle.
2. Ce Kaloüs, fils d'Abdallah (Huart, loc. cil., p. 163), était probablement Arménien, fils d'un renégat, car généralement les convertis à l'Islam portent ce nom d'Abdallah.
Sahib-Ata de Konieh, et l'on retrouve, comme dans ce dernier monument, ces grosses moulures hors d'échelle qui dessinent des
Fig. 336. — Façade du Gueuk-medressé à Siwas.
entrelacs ou des étoiles en relief. L'ornementation des chambranles du grand portail seldjoucide est fleurie de gros fleurons entrelacés, et orné de stalactites rappelant ceux de la porte de Echref-Roum-
Djami à Beischéhir (xrn° siècle) ou du portail du medressé Hatounié à Karaman {1384 J.-C.) !.
Indjé-minarélr aKonieh. —Le minaret d'Ind] é-minaréli avait un
Fig. 337. — Portail de [ndjé-minareli-medressé à Konieh (649 H.-1251 J.-C.), architecte Kaloûs, fils d’Abdallah.
fût formé de faisceaux de colonnes revêtues de briques émaillées, en trois divisions, présentant pour ainsi dire celles de la colonne avec son piédestal et son entablement. Il a été détruit par un