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Fig. 338.
des derniers tremblements de terre dont a eu à souffrir Konieh. La base du minaret est décorée de ces longues arcatures si fréquentes dans l'architecture arménienne. Enfin son portail si original (fig. 337) est couronné par quatre arcatures qui n'ont également rien de syrien n1 de persan. Le couronnement proprement dit a disparu, mais il est facile de l'imaginer par le retour à angle droit de ses larges chambranles cantonnés de colonnettes se nouant vers leur premier tiers. La voussure est décorée aux points où se placent ordinairement les trompes à stalactites par d'énormes fleurons ! sculptés s'y appliquant complètement. La porte ogivale présente une archivolte se contournant comme une large bande de broderie, montant, se pliant et se repliant de manière à faire à elle seule tous les frais de décoration de la façade. Ces bandes sont ornées d'inscriptions et aussi d'arabesques en relief, de style persan, qui rappellent, à s'y méprendre, celles que sculptèrent plus tard au Caire au xv° siècle les artistes qui décoraient les édifices de Kaït-Bey. Comme Indjé-minaréli est de 1251, ce serait donc > »
à l’art persan que le Caire devrait le style de ses arabesques au xv° siècle. Cette constalation aurait une grande importance.
La forme des colonnettes des angles, de la retombée des arcatures extrêmes, ces tores enlacés, ces nœuds, rappellent les entrelacs employés dans la passementerie des harnachements ou des ameublements (housses de chevaux, cordons, glands, ete...…); mais 101 l'absence ? de toute préoccupation architecturale est évidente, et le: constructeur a bâti simplement une masse sur laquelle l'imagination du sculpteur a brodé une ornementation singulière, quoique moins confuse que celle du portail de Divrigui.
Sirlchéli-medressé à Konieh*.— Le portail du Sirtchéli-medressé ou medressé de verre (640 H.-1242 J.-C.) est analogue à celui de Sultan-khan, mais d'une composition encore plus ferme et bien syrienne d'aspect, malgré ses colonnettes à fûts sculptés (fig. 339).
1. La floraison touffue et bizarre de cetteornementation arménienne rappelle d'une façon frappante celle des ornements de certains manuscrits byzantins de la Bibliothèque nationale, manifestement copiés sur des broderies (Cf. Villemin, Monuments, t. {, pl. 30, ms. grec du x* siècle, n° 64, Bibl. du roi, et Schlumberger, Epopée byzantine, IT, p. 237.
2. C'est par suite de l'ind‘pendance réciproque du décorateur et de l’architecte que je signale ici, que l’on doit de voir dans les tympans du medressé d'Ibrahim-bey à Ak-serai (fig. 341) une décoration géométrique tracée sans qu'on ait aucunement tenu compte de l'appareil de la maçonnerie. Cela se remarque aussi dans les œuvres de menuiserie. Voy. porte provenant de Konieh, au musée impérial de Constantinople, t. IT, fig. 102, 103.
3. Huart (op. cit., p.178), écrit Syrtchély-medressé et Texier, l'appelle le medressé bleu.
La cour au contraire, qui était autrefois, d'après Texier, entourée
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Fig. 339. — Portail du Sirtchéli-medressé à Konieh (640 Ef.-1242 J.-C.).
d’un portique à arcades, possédait une décoration entièrement exécutée en briques émaillées, en mosaïques de faïences et de briques et en pièces: de faïence moulées. La fig. 338
permet de se rendre compte de ce qui subsiste de cette belle décoration dont les planches de Texier nous ont donné une idée à. peu près exacte. L'harmonie générale était bléue, rose, violette, brune et blanche !. Rien ici ne rappelle l’architecture de la Syrie, tout est absolument persan el analogue aux plus beaux morceaux de Nakchevan ou de Véramine. Cette cour, de chaque côté de laquelle s'ouvrent, sur un portique de cinq arcades, autant de chambres rectangulaires, était entourée de bâtiments élevés d’un étage sur le rez-de-chaussée, à cet étage on accédait par deux escaliers assez amples situés de chaque côté du bâtiment ; entre ces escaliers et le porche se trouvaient deux salles carrées. Au fond de la cour s'élève encore à peu près intacte la voûte du grand liwan qui, probablement, servait d’oratoire, car sur le côté gauche de celui-ci on aperçoit une sorte de mihrab. Cette grande arcade est un are ogival persan, à parties rectilignes. On remarque à la naissance de celui-ciles colonnettes de briques à chapiteaux réduits au tailloir seul, forme indiquée plus haut : comme caractéristique de certains monuments de briques.
Mosquée de Sahib-Ata à Konieh (1260,. — D'autres décorations en briques émaillées ou en faïence * se voient à Konieh soit dans la mosquée de Sahib-Ata, ou Energhé-Djami dont le turbé {vers 1260 J.-C.) possède un mihraben faïence avectympans en mosaïque de faïence et stalactites moulées, etdont la niche est revêtue de carreaux émaillés ; des fenêtres l’éclairent, elles ontdes claires-voies en faïence ornées de pièces détachées suivant un dessin géométrique et encadrées detympans en mosaïque de faïence. Les tombeaux sonten faïence en forme de sarcophages et formés soit de plaques moulées et émaillées, soit de mosaïques de faïence. |
Karatai-medressé à Konieh (1251). — Le Karataï- on (649 H.- 1251 J.-C.) contient aussi de fort belles décorations en faïence. La coupole, dont malheureusement la lanterne a été détruite, puis refaite à neuf en maçonnerie blanche, est entièrement revêtue intérieurement de faïence. Sa décoration consiste en un semis de grandes étoiles à vingt-quatre rayons, réparties dans un
réseau géométrique à petits compartiments. Cette nappe de tapis-
serie est bordée en haut et en bas par de merveilleuses inscriptions