‹ Manuel d'art musulmanChapitre 148 sur 193 · oarre, Persischer Denkmäler · texte numérisé non relu

oarre, Persischer Denkmäler

en caractères karmatiques fleuris, qui se détachent en bleu foncé sur un fond de rinceaux en vert turquoise clair. Ces caractères

ont toute l'élégance qu'on donna plus tard aux Inscriptions fleuries de la mosquée d'El-Ghouri au Caire. Les grands arcs qui supportent

la coupole sont persans et décorés aussi d'inscriptions en faïence ;

une partie des murs et des fenêtres ont encore conservé également leur décoration émaillée exécutée en mosaïque de faïence, c'est-à-dire par pièces rapportées !. Le point faible de la composition sont les pendentifs composés d'une série de triangles juxtaposés sur lesquels se lisent les noms des quatre premiers califes : « Abou Bekr, Omar, Othmanet Ali en coufique carré? » Ces pendentifs en forme de panaches n’ont réellement pas l'aspect solide nécessité par leur rôle. Le soubassement de la salle est en faïence bleu turquoise avec ornements d'or *, |

Le portail de ce medressé (fig. 340) qui date de 1251 est encore en très bon état, quoique la corniche du couronnementsoit tombée. Il ressemble comme parti à celui de la grande mosquée, mais il s'en distingue par ces gros clous en relief ou cabochons repercés placés si heureusement à la clef et dans les tympans, dont nous verrons de nombreuses applications dans les monuments de Constantinople. Peut-être cette ornementalion doit-elle son origine à l’orfèvrerie, comme celle de certains monuments d'orfèvrerie byzantine, tels que cette icone du x° siècle du monastère de Vatopédi au Mont Athos * entourée d’une arcade en argent doré ornée à la partie supérieure de son encadrement, de grosses bossettes en relief.

II. — MONUMENTS OTTOMANS. — L'ART TURC DEPUIS LE XVI: SIÈCLE JUSQU'’A LA FIN DU XVIII: SIÈCLE. — GÉNÉRALITÉS.

L’Asie Mineure a fourni l'élément principal de l’art turc. C'est sur son terrain que s'est préparée la fusion du style byzantin et des styles orientaux quiproduisirent le bel épanouissement de l’art turc. Dès que les Ottomans eurent fait de Brousse leur capitale, ils purent,

1. Les Persans comme les Arabes nomment zelid] la mosaïque de faïence. C’est le nom mogrebin qui a été transformé par les Espagnols en azulejos. Le nom de kachanis-est, d'après Sarre (Reise in Kleinasien, p. 63), réservé par les Persans aux carreaux de faïence).

2 CE EME Op GItS p; 159.

3. Ilest probable que cet or en feuille est appliqué avec une infusion de pépins de coing, car sur les faïences turques à dorures que j'ai examinées avec soin, je n'ai pas remarqué cette mixtion rougeâtre que j'ai vue sur les faïences Rs dorées (celles de Kasvin, par exemple).

. Schlumberger, Epopée byzantine, If, p. 273. Cf. aussi même ouvrage, P. 413. un fragmeñt de sculpture du RAT des philésophes, près d'Athènes,

et qui ‘dëte du xr° siècle.

orâce aux architectes et aux matériaux byzantins, embellir la ville des premiers grands édifices qu ils marquent de leur caractère.

La mosquée, qui, en Anatole, conserve le plan à nefs parallèles, comme celles d'Echref-Roum-Djami à Beischéhir ! (x siècle) et de Houen à Césarée (xrv° siècle), tend à se simplifier de plus en plus, et n'a plus que 1 quatre nefs parallèles à cinq : M ve travées dans la mosquée Ou- COS

lou-Djami à Brousse, com- À | I mencée par Mourad Er 5 =.

(41389, continuée par Baye- 5

zid (+ 1403) et terminée par Fes te Mohammed I® (+ 1421). Un mer autre type dérivé du plan cru- À ciforme du medressé syro- k

égyptien ? finit par se simphifier et se condenser sous

une forme un peu massive, Hautes Tag dons M. |

. . an 5 a 1,0 45 èo Mètres parexemple à Yéchil-Djami à La. | Brousse (construite en 1420 Fig. 341. — Medressé Ibrahim-bey à Ak-

serai, ix° siècle de l'hégire. xv° de l'ére par Mohammed 1 Ce mEn a LRO dE Ce % chrétienne, d'après Sarre. Reise in

peut, si l’on ferme les ares de Kleinasien.

tête des bras de la croix

aboutir, comme dans fa mosquée de Mourad IF (+1451) à Brousse, à une nef couverte par deux coupoles qui se suivent, le bras de la croix ne formant plus alors que deux chapelles fermées une à droite, l’autre à gauche ; des chambres accessoires ou vestibules sont placées entre le portique extérieur et la mosquée proprement dite, mais ce plan est encore hybride, et par conséquent d'une composition peu nettement définie.

La conquête de Constantinople amena une révolution brusque dans la conception du plan. C’est Sainte-Sophie et les églises à coupole qui en dérivent qui fournissent le thème du plan de la mosquée, soit que l'admiration bien naturelle inspirée par ce chefd'œuvre immortel ait influé sur le goût des sullans, soit que les

le Barre; O0: OÙ, pi126.

2. Ce plan de medressé est très nettement conservé dans le medressé Ibrahimbey à Ak-seraï.

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architectes grecs chargés par les sultans de leur construire leurs mosquées n'aient pas jugé bon de chercher leurs modèles ailleurs que dans les beaux édifices byzantins qu'ils avaient sous les yeux.

Quoi qu'il en sûit, c'est à partir de ce moment que l'architecture ottomane s'oriente définitivement vers le type classique de la mos-

Fig. 342. — Yéchil-medressé à Nicée.

quée turque, à plan byzantin, mais à décor syro-égyptien et persan. Dans cette décoration apparaît l'élément caractéristique de l’art turc, la stalactite recthligne ou plutôt cristalliforme !, essentiellement différente de la stalactite persane ou de la stalactite syroégyptienne, comme on peut le voir dans les figures 345, 349 et 362. L'ornementation sculptée est plus grasse et plus touffue que celle d'Égypte ou de Perse (fig. 362). Enfin l'emploi des faïences

qui, à Brousse, appartient encore à une tradition persane (Yéchil-

1. Montani Éffendi (op. cit.) appelle ordre cristallisé l’ordre formé par la colonne surmontée d'un chapiteau à stalactites ; cette épithète est fort judicieusement trouvée, et caractérise très bien ce genre d'ornement. Il en attribue l'invention à Khaïr-ed-din, l'architecte de la mosquée Bayézidié (mais c’est une erreur, Car ces stalactites se trouvent déjà fort bien caractérisées à la mosquée Verte à Brousse).

Djami et Yéhil-Turbé), prend un caractère tout à fait original lorsqu'il transpose sur un fond blanc, aussi fin de ton que de la porcelaine, des décors colorés inspirés des formes persanes et dont les couleurs s’harmonisent admirablement avec l'éclat du marbre blanc des revêtements.

Fig. 343. — Mosquée de Mostar (Herzégovine). — Cliché Gervais- Courtellemont.

La mosquée turque, après bien des transformations, a pris comme élément constitutif la salle carrée couverte par une coupole sur. pendentifs sphériques. C'est là l'élément primordial. Si la mosquée est petite, une coupole suffit. D'autres fois, la coupole est flanquée ou précédée de coupoles accessoires; s1 la mosquée présente une plus grande étendue, deux solutions se présentent, ou bien augmenter le nombre des coupoles, ou bien prendre une grande coupole et la contourner de quatre demi-coupoles (mosquée du sultan Ahmed)! ou bien encore allonger le plan par deux demi-coupoles (mosquées Bayézidié et Suleïmanié?). Elle est toujours précédée d’une

Et Mie 98.

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