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Fergusson, op. cul

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marbre, de fontaines jaillissantes, d'arbres de toutes espèces et de parterres de ffeurs. Pendant la vie du souverain, l'édifice se nomme Barrah-Durrie ou salle de fêtes ; il s'en sert pour donner des réceptions, festoyer avec ses amis, et ce n’est qu'à sa mort, lorsqu'il y à été enterré, quelquefois avec une de ses favorites, que la destina-

Fig. 408. —. Coupe du tombeau d’Ilimad-ed-daula à Agra.

ton du monument change, et que les prières des prêtres chargés de l'entretien du tombeau remplacent les orchestres des fêtes royales. . Grande mosquée d'Agra. — La grande mosquée d'Agra est due à Akbar (fig. 407). Elle est tout en grès rouge avec quelques parties en pierre rose ou en marbre blanc. On y retrouve, comme couronnement, ces nombreuses tchatrias ou petites coupoles jaïnas que nous avons déjà remarquées au-dessus de la grande porte de la mosquée principale de Futtipore. Aux extrémités octogonales sont des dômes plus élevés. Le portail lui-même est cantonné de deux minarets très élancés, et au-dessus des trois sanctuaires ! s'élèvent trois coupoles inégales striées de zigzags alternativement blancs et rouges. Il y a encore dans les lignes de cette mosquée une certaine

1. Cette disposition, analogue à celle des mosquées de Mandu, Mirzapore, Jaunporeet Futtipore, est assez singulière ; il semble que cette trinité de sanctuaires est un souvenir involontaire de la trinité des temples indous.

ressemblance avec l'architecture de Futtipore. Cette ressemblance n existe plus dans les édifices de Jehanghir et de Chah-Jehan. La mosquée d'Agra a été terminée par Jehanghir, mais le plus bel édifice de son règne est la grande mosquée de Lahore.

Mosquée de Lahore. — Construite par le vizir de Jehanghir, elle est entièrement de style persan, avec des mosaïques

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Fig. 409. — Vue d'ensemble du tombeau d'Itimad-ed-daula à Agra.

et des carreaux de faïence. Le tombeau, où Jehanghir était enseveli avec sa femme l'impératrice Nour-Jehan. a disparu en partie car les Sikhs en ont démoli les parties les plus intéressantes pour en orner leur temple d’'Amritsar. On attribue à ce même souverain la construction d'une ville neuve à Decca, dont les monuments en briques recouvertes de stuc (seuls les piliers et les cor-

beaux sont en pierre) rappellent les plus beaux monuments de Delhi et d’Agra.

Tombeau d'Ihimad-ed-daula à Agra. — La tombe d’Itimaded-daula à Agra (fig. 408 et 409) fut élevée en 1610 par Jehanghir à la mémoire de son beau-père Kwaji-Aéïas, trésorier de l'empire. Cette tombe mesure dix-huit mètres de côté sur seize mètres de hauteur. La coupe et la vue d'ensemble per-

mettent d'en comprendre la disposition. Une plateforme rectangulaire cantonnée de quatre tours couronnées de pavillons à jour reçoit le tombeau ou plutôt la chapelle funéraire, écrin de marbre incrusté de pierres précieuses et dont les baies sont closes par des dalles minces de marbre ajouré. Cette chapelle ne contient qu’un sarcophage d’apparat, le véritable tombeau se trouve dans la salle inférieure !. Le mélange de l'architecture persane et de l’architeeture indoue est si complet dans ce petit monument quil donne l'impression d'un style original et inédit. Ce charmant tombeau est situé au milieu d'un jardin décoré d'arbres magnifiques. Le mausolée lui-même est tout en marbre blanc, et le décor est de mosaïques en pierres dures de toute couleur, agates, onyx, jaspes, cornalines ?, etc., ete. Ce genre de travail fut importé à lacour des Mogols par des artistes florentins ?. Il consiste à graver en creux les ornements dans le marbre blanc, puis à incruster dans les cavités ainsi obtenues des pierres de couleur, procédé fort différent de la mosaïque ?. Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, des ‘architectes turcs avaient déjà travaillé pour les empereurs mogols ; je n’ai pas pu retrouver d'indications relatives à la nationalité de l'architecte Isa-Mohamed qui à la suite d'un concours fut chargé de la construction du Tadj-Mahal d'Agra ; mais on sait que le sultan Méhémet IV envoya à Chah-Jehan un architecte pour construire à Ahmedabad la coupole de Nour-Mahal. Il y a donc eu à coup sûr une influence de l'esprit presque classique des grands architectes turcs du xvi® siècle sur l’art de l'Inde, mais avec des programmes bien plus étendus et des ressources incomparablement plus considérables que celles dont pouvaient disposer les ‘sultans de Constantinople. C'est probablement à une influence occidentale, turque et persane, que l’on doit la modification radicale du style indo-musulman sous Chah-Jehan. Le style se simplifie et il est caractérisé,

1. Cette salle inférieure, qu'on voit figurée dans la coupe, est entièrement

décorée en style persan, avec un sarcophage doré orné de dessins noirs et blancs, la plinthe des murs est rouge, le soubassement bleu et au-dessus de

celui-ci sont figurées des arcatures ne de bouquets de fleurs. Les stalactites des voûtes, à fonds rouges el blancs, bleus ou noirs et blancs et Poe sont Pc en or. | . Ce procédé de décoration est exclusivement employé dans les monu-

AE que Chah-Jehan fit élever à Agra et à Delhi.

3. J'ai trouvé à Tunis, dans le palais du Bardo, certaines allèges de. fenêtres exécutées de cette façon, probablement par des pie ae

4. À Damas, au xvu° et au xvur° siècle, on a exécuté des travaux analogues

à l’aide de mastics colorés incrustés dans la pierre ou x fe marbre.

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comme on le voit dans les monuments suivants, par l'application des formes de l'architecture persane à la construction en marbre, cest-à-dire à la construction en grand appareil. Ces formes persanes appareillées en marbre, nous ne les avons guère trouvées à Cons-

Fig. 410. — Vue d'ensemble du Tadj-Mahal à Agra.

{antinople que dans la forme des baies. [ci le plan et les élévations sont de style persan, un peu simplifié, un peu arrondi.

Le Tadj-Mahal à Agra. — 1H semble que la main d’un architecte européen a tracé les symétries exactes etles profils peut-être trop réguliers de ce monument. Un Français, Austin ! ou Augustin de Bordeaux, dit-on, aurait dirigé l'exécution de toutes ces incrustations de pierres précieuses qui décorent le Tadj-Mahal, intérieurement etextérieurement. Il n’est pas possiblé de se rendre compte sur la fig. 410 de la délicatesse de la décoration mais on peut, dans les détails de la fig. 411 qui représente la clôture ajourée entourant les tombes impériales, apprécier tout le charme de cet art qui, en eflet, allie l'élégance florentine à la richesse orientale.

1. I fut surnommé par les indous Nadir-el-Asseur, prodige du siècle.

Le Tadj-Mabhal (fig. 410, #11), construit par Chah-Jehan pour servir de tombeau à sa femme l'impératrice Moumtaz-Mahal, fut commencé en 1630 et terminé en 1647. Vingt mille ouvriers y travaillèrent pendant dix-sept ans, le gros œuvre demanda quarante mille charrois de marbre du Radjpoutana et de grès rose. On

Fig. 411. — Détail intérieur du Tadj-Mahal à Agra.

mit à contribution tous les pays célèbres par la beauté de leurs pierres dures pour.fournir les éléments de sa décoration !. Le monument coûta en tout soixante millions.

Son croissant doré s'élève à deux cent soixante-dix pieds au dessus de la Jumna; la plateforme en grès rouge qui supporte le monument mesure deux cent cinquante mètres de long sur cent dix de large. — Au-dessus s'élève une terrasse carrée de quatrevingt-quinze mètres de côté, cantonnée de grands minarets (coniques sur plan circulaire), et portant à son centre le monument principal sur plan octogonal irrégulier. Ce plan est à la vérité plutôt un plan carré aux angles abattus ?, qu'un plan octogonal. Au centre est la salle du tombeau, octogonale avec de grandes

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