‹ Manuel d'art musulmanChapitre 47 sur 193 · DRE · texte numérisé non relu

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à Amman. Les arcs d'EI-Hakem sont légèrement aigus et outred’un enduit de plâtre (fig. 55) : ils étaient chaïnés par des tirants en bois.

passés ; leurs briques à gros joints sont recouvertes

Au-dessu:

des arcades de la cour, une frise ajourée en briques

formait toujours, comme à Touloun, un couronnement séparé par des piles carrées !. A l’intérieur, s'élevait au-dessus du mihrab une coupole en briques, portée sur un tambour octogonal sur quatre trompes, comme à Touloun, comme à El-Azhar, comme peut-être à Samarra. Sous le plafond s'allongeait une inscription en coufique fleuri ; les plafonds étaient en bois à solives apparentes. L’ornementation fatimite se montre déjà dans cette mosquée moins fine, et avec des rinceaux différant déjà des rinceaux antiques

Fig. 63. — Bourdj ez-Zefer au Caire (forteresse falimite ?)

et byzantins, et de l’ornementation rudimentaire de la mosquée de Touloun (fig. 55).

Mosquée Talaï Abou Rezzik au Caire. — La mosquée Talaï Abou Rezzik, commencée en 1060, fut achevée en 1160. C'est une disposition déjà condensée du plan ordinaire (fig. 57): l'entrée principale avec les dépendances en ailes; les portiques latéraux avec leurs entrées ; la mosquée proprement dite avec ses quatre nefs, dont celle de mihrab est la plus large. Les arcades, portées par des colonnes dont les chapiteaux furent assurément empruntés à des églises chrétiennes, sont armées de trants en bois dont les faces sont sculptées et qui vont ainsi de nef en nef dans le sens perpendiculaire au premier (fig. 58). Les archivoltes des arcs sont en plâtre sculpté ; les tailloirs des chapiteaux sont en bois sculpté ; ils sont doubles en hauteur, l’un figurant le tailloir vérilable, l'autre un abaque supplémentaire correspondant au niveau

1. L'aspect de cette mosquée au commencement du x1x° siècle nous a été Conservé dans un tableau de Marilhat conservé au musée du Louvre et dans un tableau de Langlois, conservé au musée Langlois, à Caen. La disposition des arcades, celle des inscriptions et de la décoration s y reconnaissent facilement.

des tirants des arcs; ceux-ci sont surhaussés et semblables à ceux d'El-Azhar : comme à cette mosquée, les tympans sont évidés de niches à peine défoncées ; au-dessous de ces niches et entre elles, se trouvent des évidements en losanges, en demi-sphères, en forme de cuvettes à douze cannelures: le tout est surmonté d'un crénelage dentelé. Des grilles en bois, entre les colonnes, isolaient le sanctuaire de la cour. Le mihrab, cantonné de colonnes octogo-

nales à chapiteau bulbeux uni, montrait de magnifiques mosaïques

Fig. 64. — Vue d'ensemble de la citadelle de Damas (vers 524 H.-1131 J.-C.).

(dont Prisse d'Avennes à donné l'angle supérieur gauche). Les fenêtres étaient doubles, de plâtre ajouré au dehors, de verre serti dans le plâtre au dedans !. Le minaret se dressait au-dessus de la porte d'entrée.

Mosquée EÉl-Guiouchi au Caire. — La mosquée El-Guiouchi est située sur le flanc du Moquattam, colline au-dessus du Caire. Elle est accompagnée d'un tombeau? qu'une coupole ovoïde recouvre. : Le dôme est soutenu par des trompes simples comme à El-Azhar et El-Hakem. Le mihrab, autrefois cantonné de deux colonnes à chapiteaux bulbeux ou caliciformes, est décoré de sculptures très méplates relevées de couleurs qui rappellent l'aspect d’une tenture. Le minaret de cette mosquée, sur plan carré, ressemble un peu à celui de la grande mosquée à Kairouan et à certains petits clochers de Sicile.

1. Cette disposition, généralement employée pour les fenêtres percées dans les murs, se justifie par la nécessité de tamiser la lumière avant qu'elle parvienne au vitrail el de garnir aussi bien la face intérieure que la face extérieure .du mur en masquant l'ébrasement de la baie.

2. Voir van Berchem, Notice sur le Gami el Goyuüshi, Le Caire, 1888 (inscription de construction lue, Moharrem, 498.

Mosquée El-Akmar. — La dernière des mosquées fatimites du Caire est la petite mosquée El-Akmar, rue Nahassin, construite par le calife El-Amir bi-Akham Allah en 519 (1195) et restaurée par Barkouk : elle est en pierres, d’un échantillon moyen et d’un appareil assez bien exécuté (fig. 59). La décoration se ressent de la matière.

Fig. 65. — Intérieur du dôme de la chapelle de l’imam Chaféi au Caire (de 567 H.-1171 J.-C, à 608 H.-1211 J-0)

Cette mosquée est couronnée d'une inscription en coufique fleuri. Mais ce qu'il y faut surtout remarquer, ce sont les voussoirs qui forment le linteau de la porte d'entrée et font prévoir les grands voussoirs du xiv° et du xv° siècle, et ce sont surtout les niches de la façade, fortement renfoncées, qui se présenteront désormais, plus ou

moins modifiées, dans toutes les mosquées égyptiennes !. Elles - sont couronnées d’une sorte de coquille ogivale à côtes saillantes, au fond de laquelle un médaillon circulaire sertit une inscription à Jour entre deux anneaux concentriques, décorés de rince aux très

1. La petite niche située sur le contrefort central a des colonnettes à chapiteaux bulbeux ou caliciformes. L'origine de la forme de ces chapiteaux semble devoir être cherchée dans ceux du Martyrion de Constantin, à Jérusalem, qui étaient en argent et façonnés en forme d'hydries (Clermont-Ganneau, Recueil d’antiquités orientales II et IV)

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