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MONUMENTS DES MAMELOUKS EN EGYPTE

annexées à l'hôpital, l’une pour les femmes malades, l’autre pour les convalescentes. Et c'est assez touchant de voir par quel sentiment de délicatesse on avait cherché à mettre un certain luxe dans la construction de cet établissement hospitalier, comme pour en rendre le séjour plus agréable aux malades.

La mosquée de Mohammed en-Nasser (1299), à côté de ces monuments, est en ruines ; 1l en reste le mihrab décoré de plâtres découpés à Jour, d’un travail très gras et un peu épais. La même décoration entoure au-dessus de lui un vitrail qui n est peut-être pas de la même époque. La porte du medressé, qui subsiste aussi, est celle d'une église de Saint-Jean-d’Acre, rapportée en trophée -au Caire : elle est d'un style ogival pur; ce fait même montre en quelle estime les musulmans tenaient les œuvres des architectes francs en Palestine et permet de pressentir quelle influence les monuments des croisés purent exercer sur l'architecture syro-égyptienne.

Le minaret de cette mosquée est resté debout; ilest d’une beauté remarquable (fig. 75). Ilest décoré de noukch-hadidas (plâtres découpés) comme au Mogreb et en Espagne, mais dans un tout autre esprit. Il présente au premier étage des niches à angles rectilignes comme celles des monuments fatimites avec leurs renfoncements en forme de coquilles à côtes saillantes ; mais on y voit aussi des profils contournés d’arcatures, qui rappellent les formes des bois découpés ; les réseaux qui tapissent le fond des niches rappellent les guipures ajourées qui sont tendues aujourd'hui encore dans les niches des palais persans. Des losanges et des médaillons en creux complètent cette ordonnance au-dessus de laquelle une frise d'arcatures légères, décorée aussi de noukch-hadidas, est surmonté d’une inscription qui n'est plus coufique ni karmatique (rectiligne) mais ressemble à l'écriture cursive !. Une corniche destalactites, par deux groupes d'alvéoles étagés sur chaque face, permet de passer du plan carré au plan circulaire avec une grande élégance. Malheureusement, . la coupole à côtes, qui terminait sans doute le minaret, a été remplacée par un disgracieux cylindre surmonté d’un cône.

La mosquée de Bibars-Gachenquir. — La mosquée du sultan Bibars-Gachenguir est le type complet de ces couvents accompagnés du tombeau de leur fondateur, dont la mosquée funéraire de Barkouk est le plus bel exemple. Son architecture est d'un très beau caractère. Les grandes baies des Hiwans font pressentir les

1. La déformation de l'écriture à cette époque à été signalée à plusieurs reprises par M. Max van Berchem.

srandes voussures des monuments postérieurs. Le mihrab repré sente cette très riche décoration de pierres dures par lambrnis, placage mosaïque, qui va se généraliser et qui reste. ici grave et

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Fig. 77. — Minaret de Bibars-Gachenguir à la mosquée d'El-Hakem au Caire. Let IT. Minarets de la mosquée de Mohammed en-Nasser à la citadelle du Caire.

sévère. Le minaret est plus simple que celui de la medressé d'en- Nasser (fig. 75). |

Les minarets d'El-Hakem et de Nagm-ed-din. — Deux autres minarets sont de la même époque, mais représentent un type singulier qui n’est que la parfaite expression de la construction en briques ; ce sont les minarets d'El-Hakem et de la mosquée Nagm eddin. [ls ont des coupoles en forme de bonnets à côte, forme bien persane et peut-être même d'origine arménienne (fig 77). Ces côtes cylindriques sont toutes égales à El-Hakem et alternent de grandeur à Nagm ed-din. Elles sont sans doute une réminiscence de certains mausolées persans, dont la surface extérieure était toute entière

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