II. — ÉTUDE CHRONOLOGIQUE DES MONUMENTS MUSULMANS DU MOGREB
1° Des oriqines jusqu'à l'hégémonte des Almoravides.
Il reste peu de traces des édifices du premier siècle de l’hégire en Tunisie, bien que les historiens mentionnent en 667 J.-C. (46 H.) la fondation de la zaouïa de Sidi bou-Yahia à Tunis, et celle de la mosquée des Ansars à Kairouan.
La djama Zitouna de Tunis. — Te plus ancien monument de Tunis, daté (car la date de la mosquée d'El Ksar à Tunis est incertaine), est la Djama-Zitouna (732 J.-C.) (fig. 137). Bien que cette mosquée soil formée en grande partie de colonnades dont tous les éléments sont antiques ou byzantins, elle présente déjà un caractère bien défini. Comme la mosquée d'Amrou elle possède des nefs parallèles au mur du mihrab, et une nef centrale plus large que les autres : cette disposition est remarquable en ceci, que cette nef se retourne à son extrémité de même hauteur, et, perpendiculairement, de façon à former en plan une sorte de T. À chaque extrémité de la nef centrale s'élève une coupole sur tambour polygonal, l’une au-dessus de l'entrée, l’autre au-dessus du mihrab. Ce plan est appliqué dans toutes les mosquées tunisiennes avant le xr° siècle, à Tunis, Sousse, Sfax, Kairouan, Mehdia, Gafsa, Béja! : il rappelle aussi celui de la mosquée d'Ibn Touloun au Caire. La Djama Zitouna fait surtout songer, comme disposition d'ensemble, à la grande mosquée de Damas. Comme à Damas, la cour est disposée en largeur, avec les portes aux extrémités ; comme à Damas, le minaret sur plan carré (refait plusieurs fois, notam-