‹ Manuel d'art musulmanChapitre 78 sur 193 · AN EU M ÉCOLE: DU: MOGREB · texte numérisé non relu

AN EU M ÉCOLE: DU: MOGREB

ont été refaits à diverses époques, d’après les historiens tunisiens, mais autant que Je puisle voir surles dessins de M. Ennigro, ils n’ont nulle part été remplacés par des voûtes, contrairement à ce ‘qui s'est fait dans beaucoup de mosquées de Tunis, où les terrasses mal entretenues ont produit des infiltrations par suite desquelles les portées des poutres et des solives se sont pourries, ce qui a amené la chute dés plafonds.

Fig. 155. — Partie supérieure d’une niche de la mosquée de l'Aljaferia à Saragosse, xI1° siècle.

La grande mosquée de Sfax. — Ces emprunts à l'architecture syrienne apparaissent aussi à la grande mosquée de Sfax. Celle-ci présente dans sa façade, avec un appareil d'une beauté toute syrienne et qui l'emporte singulièrement sur celui de Sidi-Okba de Kairouan, une alternance de baies, de niches, de portes et de fenêtres rappelant presque exactement une des façades latérales de l’église de Kalaat-Seman. Il n’est pas jusqu'à la forme des baies avec leur arc, leur tympan défoncé, leur chambranle rectangulaire, qui ne rappelle les baies syriennes. On la retrouve aussi à la grande mosquée de Sousse et à celle de Kairouan.

Cette mosquée possède un minaret à base carrée dont la partie supérieure paraît dater du xtu° siècle de notre ère. Les inscriptions qui l'entourent à la hauteur du premier étage sont tellement encroûtées par le badigeon qu'elles n’ont pu être encore déchiffrées.

Cette mosquée comprenait originairement cinq travées de façade

et six de profondeur. Ün agrandissement en a doublé la surface par un élargissement de quatre travées à droite du mihrab. Les plafonds ruinés ont été partout remplacés par des voûtes

Fig. 156. — Galerie intérieure de la grande mosquée d'Alger. Cliché Gervais-Courtellemont(:09 H.-1018 J.-C.).

d'arêtes, une coupole sur tambour et sur trompes surmonte l'entrée, il en est de même de la coupole qui se trouve au-dessus de la travée de l’ancien mihrab.

La mosquée de Sidi-Okba à Kairouan. — En 670 J.-C. Okba ben

\afi fonde la première ville de Kairouan et probablement les

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grandes mosquées du Kef !, de Gafsa, de Béja et de Kairouan même ?. Cette dernière est plusieurs fois démolie, puis refaite en 703 J.-C. par Hassan ben en-Noman, embellie en 765 par l'émir Ibn-el-Achath, reconstruite en 772 par Yézid ben-Hatem, restaurée en 800, en 817, en 837 (c'est de cette restauration que date le mihrab de marbre à

Fig. 157. — Palais du grand-vizir à Fez (Maroc).

travers lequel on aperçoit l'ancien mihrab), en 849 par Mohammed ibn-el-Aglab, et définitivement rebâtie et agrandie par Ibrahim-el- Aglab en 875 ; c'est alors que furent amenés de Bagdad le magnifique minbar et les carreaux de faïence à reflets métalliques qui décorent le mur du mihrab (fig. 135).

Le plan de cette mosquée (fig. 128) présente les dispositions caractéristiques de la Djama Zitouna : une nef centrale et une nef terminale en T plus larges que les autres, terminées par des coupoles. Mais 1c1 la cour est disposée en longueur. Comme la mosquée de Ibn

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