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Espèces.
Billets.
Virements.
BANQUE DE PHANCK. PROPORTION COMPARÉE DES MODES DE RÈGLE- MKM DANS LES PAIEMENTS R LES RECETTES.
de chercher dans l'élévation de l'escompte une garantie ntre les risques, mais cette exigence contribue à lui mener du papier de second ordre, déjà escompte par
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d'autres banques, lui enlève le papier de premier ordre, qui s'escompte à un taux inférieur au sien, et réduit la durée de son portefeuille et la moyenne des effets escomptés; ses principaux clients sont les banquiers, et un très grand nombre d'effets ne lui arrivent qu'à l'encaissement. La Convention de 1911 a prévu l'acceptation à l'escompte et à l'encaissement des effets payables à l'étranger et dans les colonies françaises.
La banque pratique encore les avances sur certaines catégories de titres, soit par avances simples, soit par avances en compte courant, à un taux supérieur de 1/2 à 1 0/0 au taux d'escompte; le pourcentage avancé sur la valeur du titre est fixé dans les règlements. Les dépôts de titres, qui peuvent, remplacer la troisième signature, permettent aux commerçants de faire escompter directement leur papier par la banque, le pouvoir d'escompte étant estimé suivant la qualité du tireur et l'interprétation de l'agent à deux, trois et cinq fois la valeur du nantissement. La Banque fait également des avances sur warrants et sur métaux précieux. D'autre part, grâce à la délivrance gratuite de chèques et de mandats de virements, elle joue le rôle d'une véritable Chambre de Compensation1.
2. La Haute Banque. — On appelle ainsi des banques privées, constituées en sociétés en nom collectif ou en commandite simple, et dont la réputation et la solidité proviennent de la grande liquidité de leurs ressources, représentées par de fortes réserves d'or et un portefeuille d'effets hors banque. En dehors des opérations bancaires, ces maisons s'occupent des émissions de titres et de participations dans les grandes affaires
1. Les réformes dont on peut encore désirer la réalisation sont : l'accroissement du nombre de ses agences; le pouvoir d'escompte de la troisième signature porté à cinq fois la valeur du nantissement de titres, l'élévation du pourcentage des avances de 80 à 90 0/0, sur la rente française; l'escompte et l'encaissement du papier déplacé; l'acceptation de chèques en paiement des traites; la fixation d'un intérêt modique pour les dépôts; la création à Paris et en province de Chambrog de compensation entre banquiers (réforme commencée en 1917).
industrielles, dans les travaux publics, où elles ont été des initiatrices. On leur doit les premiers chemins de fer et, en général, toutes les entreprises de services publics. Si elles n'ont plus la spécialité des emprunts d'État, elles sont encore chargées du service des coupons, et elles sont représentées dans les conseils d'administration des chemins de fer, des mines et des grandes sociétés industrielles. La deuxième Haute Banque joue en moins grand un rôle analogue.
3. Les grands Établissements de crédit. — La concentration s'est produite dans la banque comme dans les autres branches d'activité, mais sous des formes différentes, par l'accumulation des capitaux, attirés par la publicité des bilans et des immeubles, par la commodité d'agences nombreuses. Le caractère et le mode de concentration varient avec les pays : tandis qu'en Allemagne et aux États-Unis le phénomène s'est produit par la fédération des organismes régionaux dont l'autonomie a été conservée, et que la banque s'est concentrée en restant décentralisée, en France la concentration s'est opéréeen même tempsquela centralisation au détriment des banques régionales, qui ont, en grande partie, disparu. La concentration bancaire est beaucoup plus onéreuse que la concentration industrielle, la grande banque coûte plus cher que la petite banque, mais elle travaille davantage et avec plus de profit, ses sources d'information sont plus étendues, les risques sont divisés sur un champ d'opérations plus vaste; enfin, elle jouit des avantages de l'ubiquité, en déplaçant ses agences suivant les besoins.
La concentration bancaire a débuté vers le milieu du xixG siècle, mais son allure s'est surtout accentuée depuis une vingtaine d'années. Le Comptoir national d'escompte de Paris, fondé en 1848, avec participation de l'État supprimée en 1853, liquidéen 188'.), pouravoir été mêlé aux spéculations de la Société des métaux, et reconstitué la mémo année sous son nom actuel, a porté Son capital de 40 millions en 1889 à 200 millions en 1909.
Il a fondé des agences dans nos colonies, en Angleterre,. Belgique, Egypte, Inde, Australie; il représentée Paris les banques coloniales. Le Crédit Lyonnais a été fondé à Lyon en 1863; son capital s'est élevé successivement de 20 à 250 millions; son expansion à l'étranger s'est bornée à la création d'une vingtaine d'agences en Angleterre, Belgique, Suisse, Espagne, Russie, Turquie et Levant, Egypte. Son rouage le plus intéressant est constitué par le service des Études financières qui a pour but d'étudier à fond la situation économique et politique d'un pays avant de lui consentir un emprunt. Il se divise en huit sections, dirigées par des spécialistes : techniciens, économistes, juristes, et consacrées aux branches suivantes : industrie, transports, banque, finances d'État et de Communes, statistique générale, valeurs mobilières, rédaction des bulletins financiers destinés aux agences, archives.
La Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France a été créée en 1864, et son capital a augmenté de 120 à 500 millions; des grands établissements de crédit, c'est elle qui compte le plus grand nombre de bureaux en province ; à l'étranger, elle ne possède que deux agences en Angleterre et en Espagne-, mais son expansion s'est faite, à la manière des banques allemandes, par la création de filiales autonomes en Belgique, Suisse, Afrique du Nord, Russie; à l'augmentation de puissance de la banque' mère, celles-ci joignent l'avantage de mieux s'implanter dans le pays étranger, de se mêler plus complètement à ses affaires, tout en nationalisant l'influence bancaire à l'étranger. La Société générale de crédit industriel et commercial, fondée en 1859, a porté son capital de 60 à 100 millions; elle ne possède qu'une filiale en Belgique.
L'organisation de ces sociétés de crédit repose sur les trois principes suivants: a) le drainage des capitaux disponibles par un réseau d'agences; b) l'adaptation des opérations de banque classiques à des règles strictes
et aux prêts à court terme; c) le développement du placement des valeurs mobilières K Constituées ainsi sur une « formule », suivant l'expression de M. Jean Buffet, cette formule les a empêchées de répondre à la généralité des besoins économiques du pays ; si l'abondance des dépôts et la modération du taux d'escompte en ont fait les pourvoyeurs à bon marché du fonds de roulement des grandes industries bien assises et leur a don né la facilité d'accorder dans certains centres des découverts de saison, par contre, à la suite de la disparition des banques locales, elles ont fait un vide financier autour d'industries naissantes qui avaient compté sur les banques locales. Enfin, leur situation de banques de dépôts à vue les oblige à renoncer aux opérations à long terme, en vue de se maintenir en bon état de liquidité, c'est-à-dire d'observer une juste proportion entre les exigibilités et les disponibilités immédiates ; d'autre part, le faible taux d'intérêt des dépôts à vue n'exige l»;i^ des emplois aussi rémunérateurs que les dépôts à terme et permet d'offrir des conditions d'escompte défiant toute concurrence.
Les facteurs favorables aux grands établissements de crédit sont: a) l'importance considérable du capital; b) l'extension du champ d'activité, qui leur permet de trouver une utilisation plus favorable de leurs capitaux et d'attirer plus facilement les dépôts, d'équilibrer les régions à excédents de capitaux et les régions déficitaires, ainsi que les besoins saisonniers des industries qui ont besoin de capitaux à des époques différentes; d'où résulte également une compensation des risques qui varienl suivant les diverses industries; c) la confiance des déposants, proportionnelle en quelque sorte
l. Ces principes ont été formulés par M. Germain, président du Conseil d'Administration du Crédit Lyonnais, à rassemblée générale des action-
DaireS de 5 avril 1909 : i Les entreprises industrielle*, même les mieux
ues. mémo les plus sagement administrées, comportent des risques que nous considérons comme incompatible l sécurité indispensable
M emplois do fonds d'une banque de dépôts. »
MANi I i d'CGOHOMXS COMMEUCIALE. *6
au capital social et au ronom de l'établissement; d) 1q placement à l'étranger des capitaux disponibles dans les agences et les filiales; e) le choix du moment propice à la fondation des agences, à la suite d'une crise régionale ou de la disparition accidentelle d'une banque locale, et la facilité de supprimer un bureau ou de le développer suivant les circonstances.
Les sociétés de crédit ont procuré à l'industrie et au commerce une réduction sensible du taux d'escompte et des commissions de banque, et des facilités d'encaissement des effets et de mouvements de fonds ; les particuliers utilisent leurs coffres-forts, y déposent leurs titres et dirigent leurs placements suivant les suggestions qui leur sont données. C'est ainsi que les sociétés de créditétaientdevenuesavantla guerre les conseillers et les dirigeants de l'épargne française; cette direction a été très vivement critiquée, nous l'examinerons plus loin en étudiant la politique financière des banques. D'autres reproches leur sont adressés : l'esprit centralisateur outrancier et l'esprit administratif de leur personnel, mal renseigné et peu instruit sur les besoins du commerce et de l'industrie, leur impuissance à remplacer les banques locales, dont elles ont provoqué la disparition, le rôle de leurs agences à l'étranger, préoccupées davantage de la recherche des gros placements que des facilités à donner à notre commerce d'exportation.
Ces inconvénients peuvent disparaître dans l'aprèsguerre par l'application d'un certain nombre de réformes pratiquement réalisables, telles que l'introduction de commerçants et d'industriels dans leurs conseilsd'administration, la substitution des valeurs nationales aux titres étrangers dans le placement des fonds de la clientèle, l'autorisation préalable du Ministre des Finances pour la prise ferme des emprunts étrangers, supérieurs à une somme déterminée, enfin une réforme de leurs bilans qui devrait porter, suivant M. G. Mandiez, sur le placement, en tête, des dettes et des dispo-
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nibilités immédiates, sur la subdivision du portefeuille en effets bancables et déplacés, sur la séparation des créances sur France et sur l'étranger, sur la publication détaillée des frais généraux, en y ajoutant la répartition des bénéfices conformément aux statuts.
4. Les Banques d'affaires. — Tandis que les sociétés de crédit, agissant comme banques de dépôts à vue, se limitent aux opérations à court terme, les banques d'affaires fonctionnent surtout avec leur propre capital et dans une moindre mesure avecleurs dépôts; elles pratiquent les prêts à long terme et participent directement à la création des entreprises industrielles et commerciales, en France ou à l'étranger, soit par des commandites, soit par des émissions de titres. Elles suivent ensuite ces entreprises et continuent de s'y intéresser en leur assurant les crédits nécessaires à leur expansion: i'l 1rs se fontsouvent représenter dans leurs conseils d'administration. En temps de crise, elles ont besoin de fortes réserves. L'établissement-type de ce genre est la Banque de Paris et des Pays-Bas, fondée en 1872 par fusion de la Banque des Pays-Bas et de la Banque de Paris; son capital, de 125 millions à l'origine, a été réduit en 1878, puis porté à 75 millions; il est actuellement dépassé par les réserves. Son champ d'action est illimité dans le domaine industriel, commercial et foncier, et dans celui des travaux publics, et elle constitue un important groupementdes forces financières, qui interviennent dans la défense d'autres établissements de crédit. La iïanque de l'Union parisienne, créée par la limite Banque, en 1903, au capital de 80 millions, est aussi une banque d'affaires, mais moins spécialisée que la précédente.
5. Les Banques locales et régionales. — Ce son! des banques d'affaires, dont le champ d'action est limité à la région. Leur succès tient à la concordance qu'elles observenl entre L'échéance des dépôts el la durée des prêts, » leur connaissance particulière des hommes et du milieu dans Lequel elles opèrent, à leurs relations
très suivies avec les agences de la Banque de France, à la pénétration qui s'exerce entre la banque et l'industrie; les banquiers sont administrateurs des sociétés industrielles et les directeurs d'usines sont administrateurs «les banques; grâce à « l'éducation » de la clientèle, les capitaux particuliers recueillis dans la région s'échangent contre les titres des entreprises locales. Nul n'a mieux précisé le rôle et le caractère de ces établissements que le grand banquier nancéien Charles Renaud : « La personnalité de la banque locale ast faite surtout de plus d'initiative et d'indépendance; dune continuité et d'une permanence plus grandes dans la direction et le personnel; d'une sûreté plus complète dans le concours, de scrupules généralement plus forts. Son rôle spécial est l'assistance aux valeurs régionales, parce qu'on connaît mieux sur place les dirigeants, les entreprises, qu'il est plus facile de les surveiller, qu'on est plus conscient qu'à distance des possibilités d'une industrie et de ses besoins financiers. »
Les banques locales et régionales ont eu à lutter contre la concurrence des grands établissements de crédit, à la suite de la baisse du taux d'escompte et des commissions, de la suppression de la taxe d'encaissement par la Banque de France; elles ont souffert du développement des caisses d'épargne, des institutions de crédit agricole, de la démocratisation des valeurs mobilières, des opérations sur la rente faites par les agents du Trésor, de l'absence d'un nom qui fasse prime sur le marché, du manque de représentation directe à l'étranger, enfin du manque de cohésion et de concentration.
Cette dernière lacune a été comblée en 1901 par la fondation du Syndicat des banques de province, en vue d'étudier les affaires et d'y faciliter la participation individuelle ou collective de ses adhérents ; ce syndicat, intermédiaire irresponsable, a été transformé en 1904 en Société centrale du Syndicat des banques de province, qui
opère, pour son propre compte et peut prendre à sa charge des affaires inaccessibles à des banques isolées. Cette nouvelle société, devenue en 1908 la Société centrale des banques de province, s'est transformée, en 1911, en société anonyme au capital de 50 millions, porté à 100 millions en 1912, et représentant plus de un milliard et demi avec l'ensemble des capitaux des banques syndiquées. Le capital de la société est destiné à fournir les cautionnements nécessaires en vue des opérations d'adjudications, d'émissions et de concours temporaires à des sociétés françaises ou étrangères. Ce mouvement de concentration s'est étendu à partir de 1907 à un certain nombre de banques régionales, tout particulièrement en Lorraine, terre d'élection de ces établissements qui ont puissamment contribué à smi développement industriel et à la mise en valeur du bassin de Briey. La concentration s'est opérée soit par augmentation du capital, soit par absorption de banques locales; les. établissements agrandis ont aimé des agences, même à grande distance, et quelques-unes ont également pris pied à Paris, pour se tenir mieux en contact avec le marché financier.
Sélectionnées par la concurrence, spécialisées dans une branche importante que s'interdisent les grandes sociétés de crédit, localisées dans les régions industrielles : le Nord, l'Est, le Sud-Est (Lyon, Grenoble), reposant très peu sur les dépôts à vue des particuliers et ayant moins le souci des retraits imprévus, ayant la pratique continue des hommes et des affaires, particulièrement qualifiées pour dispenser le crédit personne!, elles sont appelées à jouer un rôle de premier ordre dans l'œuvre de reconstitution du territoire envahi et da us la création des industries nouvelles.
1. Les Banques anglaises. — Comme celles des au Ires pays, les Italiques anglaises se sont fortement conren-
tirées, mais en laissant subsister les banques régionales: elles sont plus centralisées que les banques américaines et allemandes, mais elles se diffusent davantage par succursales; elles sont aussi plus spécialisées dans la division du travail, formant un système de banques à cloisons (Hanches, mais sans préjudice de l'appui mutuel qu'elles se prêtent en temps de crise et qui est une des caractéristiques du marché financier de Londres et une des raisons de sa puissance.
Les banques anglaises se rattachent à trois genres principaux, a) Les Banques d'épargne (savings Banks) jouent le rôle de nos caisses d'épargne; elles ont pour objet d'encourager l'épargne en recevant les petits dépôts qu'elles placent en fonds d'État, b) Les Banques de dépôts comprennent les banques particulières (private Banks) et les banques par actions (joint stock Banks): elles pratiquent les opérations à court terme et de toute sécurité, c) Les foreign and colonial Banks et les merchants bankers jouent le rôle de banques de crédit et dé banques d'affaires; elles placent les emprunts et traitent surtout des affaires d'exportation, au moyen de leurs propres capitaux. Toutes ces banques ont de très nombreux comptoirs répandus dans les colonies et les pays d'outre-mer. Chaque merchant a sa spécialité, sans abandonner complètement les autres genres d'opérations, et chacun se consacre à une région différente, de façon à la mieux connaître et à y être représenté par un nombre suffisant d'agences ou de correspondants.
Les bill brokers sont des courtiers en lettres de change, intermédiaires entre banquiers et commerçants, qui achètent du papier et le conservent « en pension » le plus longtemps possible.
La Banque d'Angleterre est un établissement de dépôts plus qu'un Institut d'émission; sa circulation, très restreinte, correspond aux habitudes du public anglais; son encaisse est réduite en proportion et, pour la défendre, la Banque doit manier habilement son taux
d'escompte. Elle est partagée en deux départements : celui de rémission et celui des opérations de banque; le premier cède au second les billets dont il dispose el celui-ci les place, partie en circulation et partie en réserve.
2. Les Banques américaines. — L'immense étendue des États-Unis explique l'isolement caractéristique des banques américaines; leur dissémination, le manque de liens entre elles rendent les encaissements longs et coûteux sur les diverses places et empêchent le mouvement rapide des capitaux vers les points où ils sont nécessaires; il y a surabondance d'un côté, déficit d'un autre, et il en résulte des heurts et des resserrements dans la circulation qui manque totalement d'élasticité. La centralisation est peu avancée, pour les raisons précédentes; c'est seulement au début du xxe siècle que de grands établissements, tels que la National City Bank et la First National Bank, ont créé des agences et se sont concertées en vue des émissions, en même temps que se formaient des groupes puissants : Rockfeller, Morgan, Morse, étroitement solidarisés avec les grands trusts industriels, sorte de fédérations à grande liberté d'action, aux liens très larges, portant le nom de « chaînes ».
On distingue : a) les National Banks ou Country Banks, banques démission, descompte et de prêts; créées en 1863-64, elles assurèrent, au lendemain de la guerre de Sécession, un débouché aux emprunts fédéraux, puisque leurs billets devaient être garantis jusqu'à concurrence du montant de la circulation par des obligations du gouvernement fédéral; l'imposition de ce mode unique de garantie enlevait toute élasticité à la circulation et aggravait les périodes de crises. Leur fonction commerciale était également entravée par une réglementation excessive qui, leur interdisant la création de succursales, a multiplié leur nombre :i en 1915 pour arriver à desservir tout le pays, L'usage de la lettre de change étant à peu près perdu,
les opérations dVsrompte ne jouent qu'un rôle très accessoire, tandis que l'emploi très répandu du chèque a multiplié surtout les banques de dépôts, b) Les States Banks, autrefois banques d'émission, ont dû se transformer en National Banks pour garder leur droit d'émission; ce sont des banques commerciales, régies par les lois des États particuliers, c) Les Saving Banks sont des banques d'épargne, spéciales à chaque Etat, qui pratiquent le crédit populaire et sont parfois de véritables mutuelles, constituées sans capital de garantie.
d) Les Trusts Companies ou Loan and Trust Banks se livrent aux émissions et avances sur titres, aux prêts hypothécaires, grâce à des dépôts à longue échéance; elles sont devenues de véritables banques de dépôts et d'affaires, faisant concurrence aux National Banks et aux States Banks, sans être astreintes aux mêmes obligations en ce qui concerne les réserves; elles émettent des certifiera ts des dépôts [bonds) dont elles ont la garde.
e) Les Clearing Hoases créent des liens entre banques de la même place; ils ont atténué l'insuffisance des banques d'émission en temps de crise, en ayant recours à des succédanés, tels que chèques et certificats, ces derniers constituant une monnaie temporaire, garantie par des effets et des titres remis par la banque à laquelle les certificats sont délivrés.
Une loi du 30 mai 1908 avait déjà autorisé les National Banks à étendre leur émission en élargissant la garantie par des obligations d'États, de villes, et par un portefeuille commercial. Mais la réforme essentielle date du Fédéral Beserve Ad du 23 décembre 1913 qui, à défaut de la création d'un établissement central auquel l'opinion était hostile, s'est proposé de coordonner les forces isolées et d'opérer une centralisation partielle au moyen d'un système de banques régionales, les Fédéral Beserve Banks, au nombre de douze, à districts limités, mais pouvant ouvrir des succursales dans les limites de leur district. Ces banques ne doivent pas recevoir de dépôts du public, mais elles ont la faculté
démettre des billets, n'ayant cours qu'entre banques et avec l'État, remboursables en or, avec une garantie d'au moins 40 0/0 en monnaie légale. L'objet principal des Fédéral Reserve Banks, — et qui intéresse le plus les relations" internationales, — est d'aider à l'extension du commerce extérieur, en réescomptant le portefeuille des National Banks, qui pourront accepter des effets sur l'étranger jusqu'à six mois d'échéance. Ces deux catégories de banques sont autorisées à avoir des représentants ou à ouvrir des succursales à l'étranger, et la Fédéral Reserve Bank de New-York a déjà choisi, en 1916 et 1917, comme correspondants, la Banque .1 Angleterre et la Banque de France. L'isolement des hanques américaines est terminé et c'est une concurrence qui va s'exercer à l'égard des établissements européens, en même temps qu'un solide appui qui sera fourni à l'exportation des États-Unis.
3. Les Banques allemandes. — A l'inverse delà cloison ttanchc qui sépare les banques anglaises, les banques allemandes pratiquent toutes les opérations et confondent tous les risques, elles sont à la fois banques de dépôts et banques d'affaires, des Allerleientreprisen, suivant le mot de Schseffle. Leur degré de liquidité 2-3 0/0) est bien inférieur à celui des banques françaises (9 0/0) et anglaises (jusqu'à 15 0/0). La concentration a abouti à la formation de quatre groupes de banques, représentées par des chefs de file : la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Diskontogesellschaft et la Bank fiir Handel und Industrie; ces groupements constituent, suivant l'expression de M. E. Depitre, des communautés d'intérêts (Interessengemeinschaften), une réunion de groupements régionaux, concentrés sous la direction unique d'un grand établissement berlinois, aux capitaux considérables, et financièrement intéressé, directement ou indirectement, à chacun des éléments constitutifs. Ce sont des cartels de banques.
Le banquier allemand est un véritable marchand de crédit, en même temps qu'un agent de renseigne-
ments; entre îes deux spécialisations industrielle ou géographique, il a choisi la seconde comme offrant le plus d'avantages au point de vue du développement de l'exportation et de la surveillance du client. Cette expansion à l'étranger, qui a commencé à partir de 187 1 , a, d'ailleurs, été favorisée par le développement économique du pays, par l'appui de 1 État, par la solidarité d'intérêts qui existe entre la banque, le commerce et l'industrie, par la création d'entreprises à l'étranger. L'expansion a procédé par étapes : d'abord des commandites, puis des succursales et, enfin, des banques spéciales, filiales des grands établissements allemands (Tôchter g esellschaften), très étroitement unies aux banques métropolitaines. Ces banques spéciales jouissent de plus de liberté, de plus d'initiative que les succursales; elles partagent les risques entre capitaux nationaux et étrangers; elles se spécialisent et se limitent à un pays déterminé, qu'elles étudient complètement et où elles créent des agences sur les places importantes. Leur double rôle consiste à placer en Allemagne les emprunts étrangers, qui seront monnayés en commandes pour l'industrie, et à faciliter l'expansion du commerce national, qu'elles ont suivi fidèlement, à courte distance, soit sur les grands marchés bancaires, comme Londres, soit dans les pays pauvres en capitaux, riches en possibilités de toute sorte (Italie, Roumanie, Egypte, Extrême-Orient, Amérique du Sud), soit dans les colonies « impériales ou spontanées », comme promotrices et directrices des grands travaux publics, amorces d'une région à exploiter, tels que le chemin de fer de Bagdad, œuvre de la Deutsche Bank.
L'Allemagne compte encore cinq banques d'émission. Quatre sont localisées dans les royaumes de Bavière, de Saxe, de Wurtemberg, et dans le Grand- Duché de Bade; elles représentent une survivance historique, destinée à disparaître; c'est la Banque de l'Empire d'Allemagne (Reichsbank), fondée en 1875, qui seule dirige depuis longtemps la politique nationale en
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matière d'émission et de circulation monétaire. Elle a adopté le banking principle; son encaisse doit représenter le tiers de l'émission, le reste est couvert par le portefeuille, sans maximum; toutefois, quand la circulation excède l'encaisse d'un certain contingent (250 millions de marks), cet excédent est frappé d'un impôt de 5 0/0. Cette taxe contribue à l'élévation du taux d'escompte, nécessaire, par ailleurs, pour contenir l'essor parfois trop brusque, la fougue des entreprises industrielles et commerciales, et pour défendre l'encaisse. Deux autres mesures contribuent encore à cette défense : l'émission, depuis 1906, de petites coupures de 20 et 50 marks, et la création, en 1908, des chèques pour virements; toute la politique de la banque se résume dans la lutte contre l'insuffisance des capitaux disponibles, qui résulte de l'excès des immobilisations industrielles.
4. Les Banques italiennes. — L'Italie, qui fut, au moyen âge, le pays d'origine de l'expansion bancaire, n'a conservé de supériorité que sur le terrain du crédit populaire. Nous en avons parlé plus haut. L'Italie compte, en outre, quelques grands établissements de crédit, comme la Banca commerciale italiana, fondée en 1894, le Credito italiano (1897), la Societa bancaria italiana (1898), le Banco di Roma, la Banca italiana di Sconto (1914), qui ont participé au mouvement général de concentration par accroissement du capital et par élargissement du rayon d'action, soit par création d'agences, soit par absorption de banques locales. Aidées au début par des capitaux austro-allemands, elles ont évolué vers l'influence française et sont devenues plus indépendantes; ce sont bien des banques de dépôts, mais elles ont plutôt appliqué la formule allemande et sont en même temps des banques d'affaires, accordant de larges crédits aux entreprises et déléguant des membres dans leurs conseils d'administration; la Banca commerciale italiana a pris une pari considérable et très active à l'essor industriel du pays: toutes ont participe
au développement des entreprises nationales dans les pays où s'est portée de préférence l'influence italienne : l'Orient, la Tripolitaine, les pays balkaniques : Albanie, Monténégro l.
Le privilège d'émission est accordé à trois instituts : la Banque d Italie, la Banque de Naples et la Banque de Sicile. La première, fondée en 1803, au lendemain d'une crise financière, dirige seule la politique fiduciaire et monétaire du pays: les deux autres, très anciennes et étroitement mêlées à la vie économique de l'Italie méridionale, n'ont été conservées que pour ce motif; c'est la Banque de Sicile, notamment, qui soutient la valorisation du soufre et des agrumes; toutes deux n'ont ni capital ni actionnaires, et vivent sur un patrimoine qui s'augmente des bénéfices non distribués.