‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 10 sur 77 · VUE GÉNÉRALE DES PHÉNOMÈNES ÉCONOMIQUES. U · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DES PHÉNOMÈNES ÉCONOMIQUES. U

eux. Les uns apportent dans Fœuvre commune le concours de leurs bras et reçoivent un salaire; il en est qui demandent leurs moyens de vivre à l’exercice de leurs talents clans les diverses professions que l’on a surnommées libérales. D’autres, possesseurs de capitaux, mus par l’espérance de recueillir certains bénéfices, engagent leurs fonds dans des entreprises qu’ils surveillent et dirigent eux-mêmes ; d’autres se contentent de placer leurs épargnes, dont ils perçoivent un intérêt. Ceux-ci possèdent des m lisons dont ils touchent un loyer ; ceux-là sont propriétaires de terres qu’ils font valoir ou dont ils attendent un fermage. Un certain nombre, enfin, rendant des services qu’on nomme publics, vit sur le produit de Y impôt. Toutes ces branches de revenu se déploient sous nos yeux; il nous est loisible par conséquent d’en interroger les sources, d’étudier les causes diverses qui en font varier le cours, et de nous demander cpiel est l’emploi le plus fructueux qu’elles peuvent recevoir.

Le signe distinctif des phénomènes que nous venons de rappeler succinctement, c est la valeur.

Distinguer un certain nombre de faits marqués de ce signe particulier, reconnaître dans la production et dans la distribution des valeurs tout un ordre spécial de recherches, c’est avoir établi, sinon encore l’existence, du moins la possibilité d’une science sut generis ; c’est avoir déjà jusqu’à un certain point déterminé le champ de l’économie politique.

Mais ces faits économiques présentent-ils un caractère suffisant de fixité, de généralité , de régularité pour devenir matière de science? Ces faits ont-ils des lois? — Il serait bien étrange qu'ils n’en eussent point. En effet, nous ne connaissons pas dans le monde une seule espèce de phénomènes que Dieu ait abandonnée à l’arbitraire et au hasard. Il serait par trop contradictoire de supposer qu’il

a fait exception pour des faits dont l’importance est immense, puisqu’ils tiennent à toute l’organisation des sociétés. Cependant tel est le sort des sciences qui s’occupent de l’homme : longtemps elles voient contester jusqu’à leur légitimité. Cela n’a pas empêché les philosophes, en ce qui concerne l’étude de la nature humaine, de laisser dire le scepticisme et de passer outre. Ainsi ont fait, dans le cours du siècle dernier, de profonds penseurs pour les phénomènes économiques. Quesnay, Turgot, Adam. Smith, ont aussi entendu dire que tout, dans le monde du travail et des transactions, est arbitraire, indéfiniment modifiable au gré des volontés humaines ; ils ne l’ont pas cru, ils ont passé outre. Du sein de ces phénomènes mieux observés, ils ont dégagé certaines conditions auxquelles la société est tenue de se conformer pour que l’activité et le bon ordre régnent dans les affaires, et pour que la prospérité qui en est le fruit aille s’accroissant sans cesse sur cette terre que l’homme n’aura pas vainement arrosée de ses sueurs.

Dès lors, l’économie politique a été fondée véritablement. Tant que l’attention ne s’était, portée que sur des faits économiques locaux, particuliers, empiriquement constatés, sans vue d’ensemble, il y avait eu des observations économiques, il n’y avait pas encore de science, <c 11 « n’y a de science , a dit Aristote, que de ce qui est général. »

Quelques objections s’élèvent pourtant encore au seuil môme de la science économique comme des fins de nonrecevoir. Il suffira d’observations fort sommaires pour en faire justice.

On a prétendu établir contre la fixité des faits économiques que la valeur étant chose essentiellement variable, ainsi qu’une expérience journalière nous en convainc, il n’y avait pas moyen de fonder une science solide sur un fonds qui se dérobe sans cesse. — On n’a pas réfléchi, sans doute, qu’une pareille objection irait droit à nier la possibilité de toutes les sciences expérimentales. Les plus certaines, en effet, s’appuient sur des 'phénomènes mobiles

(tels que l’électricité, la lumière, le caloriqu reusement cette variabilité n’exclut pas la r sont mobiles, les lois sont stables. — Une ôbjçé&Wi afialogue est encore tirée de la variabilité de Y utj.Le;+ Il change

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