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DES INDUSTRIES EXTRACTIVES

Les industries extractives, souvent confondues avec l’industrie agricole, se distinguent non-seulement de cette dernière classe de travaux, mais de toutes les autres. Le chasseur, le pêcheur, le mineur, ne sont ni des agriculteurs, ni des manufacturiers, ni des agents de voiturage, et s’ils font le commerce, c’est-à-dire s’ils opèrent des achats et des ventes, c’est comme les industriels que nous venons de nommer, et non en se livrant au négoce comme à une spécialité distincte. Si la classe des arts extracteurs est trop spéciale pour pouvoir demeurer confondue avec les autres, elle joue, d’un autre côté, un trop grand rôle dans l’économie sociale pour qu’il soit possible de la négliger, et, même dans les limites restreintes de cet ouvrage, elle nous a paru devoir être mentionnée à part. La moins considérable des industries qui s’y rattachent, la chasse, donne elle-même des produits d’une valeur assez grande, tant par la consommation du gibier que par le commerce si important des pelleteries. Il y a lieu d’ailleurs de remarquer que la chasse soulève quelques-unes des questions de liberté illimitée et d’intervention de l’État que nous rencontrons pour l’exercice des diverses industries. La chasse, considérée comme occupation divertissante ou comme industrie, a suivi les phases par lesquelles ont passé les autres travaux. Tout le monde sait qu’elle cessa d’être le droit exclusif de la noblesse en 1789. Devait-elle

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dès lors n’ètre l’objet d’aucune réglementation? Devait-il être libre au premier venu de s’armer d’un fusil et de poursuivre le gibier indistinctement sur toutes les terres, closes ou non, couvertes ou non de leurs récoltes, et en tout temps? Le législateur, en France, a été d’avis : J° que le gibier était, comme le produit de la pèche, une ressource alimentaire précieuse, dont il fallait assurer la reproduction, en défendant sa destruction, surtout aux époques d’accouplement ; 2° qu’au point de vue delà sécurité publique, la chasse pouvant devenir l’occasion d’accidents graves et de crimes, il y avait lieu de n’en permettre l’exercice qu’aux individus dont la moralité était garantie par leurs antécédents, et d’en exclure en outre les mineurs de moins de 16 ans; 3’ qu’au point de vue du respect dû à la propriété et des intérêts agricoles, il convenait que l’exercice du droit de chasse fût subordonné à l’autorisation du propriétaire, surtout sur les terres encore couvertes de leurs fruits ; 4° que la chasse étant un plaisir ou une industrie, il était juste d’en frapper l’exercice d’une taxe représentant soit un impôt somptuaire, soit un droit de patente.

Les produits de la pêche sont beaucoup plus étendus que ceux de la chasse. La pêche, au moins la pèche maritime, exige de grands capitaux, le concours d’une foule de bras, des armements considérables. C’est principalement à partir du moyen âge, et sous l’influence des lois ecclésiastiques, prescrivant le maigre, qu’elle est devenue une grande industrie, et que, grâce aux rapports plus fréquents et plus étendus du commerce, elle a acquis une importance toujours croissante. On vit alors poursuivre sur l'Océan un poisson de passage, le hareng, avec des flottes plus considérables que celles qui avaient décidé du sort de l’ancien monde, â Sa] amine et à Actium. Dans le cours du xvie siècle, des flottes de cinquante ou soixante navires sortaient des ports de la Biscaye pour aller pêcher la baleine dans 1< ‘S mers du Groenland. Plus encore que la chasse, la pèche donne lieu à des questions de réglementation admi-

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