DES INDUSTRIES EXTRACTIVES
nistrative très-délicates à résoudre et résolues en effet fort diversement selon les pays (1).
Après la chasse et la pèche, dans Tordre de développement historique, mais fort au-dessus pour la quantité des valeurs produites, se place Y industr ie des m ines.
On a distingué les mines, les minières et les carrières. (La loi du 21 avril 1810, qui forme le code des industries extractives en France, définit ainsi ces mots : « Sont considérées comme mines celles connues pour contenir en filons, en couches ou en amas, de Tor, de l’argent, du platine, du mercure, du plomb, du fer ; en filons ou couches, du cuivre, de l’étain, du zinc, de la calamine, du bismuth, du cobalt, de l’arsenic, du manganèse, de Tantimoine, du molybdène, de la plombagine ou autres matières métalliques, du soufre, du charbon de terre ou de pierre, du bois fossile, des bitumes, de l’alun et des sulfates à base métallique. Les minières comprennent les minerais de fer dits d’alluvion, les terres pyriteuses propres à être converties en sulfate de fer, les terres alumineuses et les tourbes. Les carrières renferment les ardoises, les grès, propres à bâtir et autres, les marbres, granits, pierres à chaux, pierres à plâtre, les pouzzolanes, les trass, les basaltes, les laves, les marnes, craies, sables, pierres à fusil, argiles, kaolins, terre à foulon, terre à poterie, les substances terreuses et les cailloux de toute nature, les terres pyriteuses regardées comme engrais ; le tout exploité à ciel ouvert ou avec des galeries souterraines.)
Une question d’un gran 1 intérêt, mais dont l’examen dépasserait les bornes de notre sujet, est celle de savoir à qui doit appartenir la propriété des mines. Nous rappellerons seulement qu’elle peut être résolue de trois manières fort tranchées, soit en faveur de celui qui a découvert la mine, soit en faveur du propriétaire du sol, soit en faveur de l’État. La première thèse a été soutenue par Turgot avec
(1) Voir, sur ce sujet, l’article Pêche, do M. Horace Say, dans le Dictionnaire de V Économie politique.
beaucoup de force dans un mémoire consacré spécialement à l’examen de ce sujet. La seconde est vivement défendue, notamment par M. Du noyer, dans son ouvrage sur la Liberté du travail , tandis que le droit de l’Etat a trouvé des défenseurs non moins autorisés dansM. Héron de Villefosse et dans M. Charles Comte; ce dernier publiciste a consacré à l’étude de la question d’assez longs développements dans son Traité de la propriété.
Pour donner la plus haute idée de la puissance productive de l’industrie des mines, il suffit de nommer ces quatre agents si puissants de la civilisation économique : l’argent, l’or, la houille et le fer. Nous remarquerons seulement ici que l’influence des industries minières, là où elles sont habilement et heureusement exercées, se manifeste par des développements extérieurs de prospérité comparables à tout ce que peuvent produire en ce genre les arts les plus féconds. Par exemple, dès qu’une houillère s’ouvre, un village, une ville ne tarde pas à surgir, et, souvent en quelques mois, un lieu désert et sauvage offre l’aspect delà vie et de l’activité. Cela est particulièrement frappant pour les mines d’or et d’argent. M. de II umboldt fait observer que, lorsque Obregon, plus connu sous le nom de Valenciana, attaqua le filon de Guanaciato, au-dessus du ravin de San Xavier, les chèvres paissaient sur cette même colline où, dix ans après, devait se former une ville de 7 à 8,000 habitants. Et ne voyons nous pas en Californie et en Australie, sous l'impulsion des mêmes mobiles, des villes s’élever comme par enchantement, la population se développer et la civilisation s’implanter? Quelques-uns des chapitres suivants achèveront (particulièrement en ce qui regarde l’or et l’argent) de donner une idée des immenses services rendus par cette sorte d’industrie.