‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 57 sur 77 · DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES · texte numérisé non relu

DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES

brut et matériel? De même le possesseur de capitaux, en se faisant entrepreneur, n’a-t-il pas droit à la rémunération du travail auquel il se livre, rémunération qui devra s’ajouter à ce qui lui est dû au titre pur de capitaliste?

C’est relativement aux questions dont s’occupe cette partie de la science qu’éclate plus particulièrement la différence qui sépare l’économie politique de la plupart des sectes dites socialistes. L’économie politique dit : Produisez d’abord; produisez librement; produisez beaucoup ; discutez librement la rémunération de vos efforts et de vos sacrifices réciproques; et de cette production sans entraves, de cette création de richesse abondante, de ces libres transactions, sortira pour chacune des classes d’hommes qui prennent part à l'œuvre productive, la situation la meilleure possible que comporte l’état de la civilisation. Les écoles socialistes tiennent un tout autre langage. A les en croire presque toutes, le travail et le capital produiraient assez dès à présent pour suffire à tous les besoins. C’est uniquement parce que Iss uns ont trop, que les autres n’ont pas assez. La solution du problème social, ainsi qu’elles s’expriment, est donc avant tout pour ces écoles une affaire de législation. C’est au législateur à favoriser les uns, à dépouiller les autres, à faire au travail sa part mieux qu’il ne sait se la faire luimème, à mettre sa sagesse et sa justice, armées de la force publique, à la place de la justice et de la sagesse des différentes parties contractantes. Le salut des populations est à ce prix. Selon l’économie politique, une pareille intervention immole à la fois la liberté, l’ordre et la justice, produit l’atonie, sème l’inquiétude et a pour effet d’enfoncer plus avant dans la misère les classes pauvres, et de faire rétrograder le genre humain.

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