‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 68 sur 77 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LA POPULATION ET LA LOI DE MALTHUS

Tout, dans nos études précédentes, suppose le fait qu’il s’agit maintenant de soumettre à l’analyse. Ce n’est qu’en vue de la population et par elle que les produits existent. C/est elle qui se livre à ce vaste échange de services. La population est, en un mot, la matière vivante de l’économie politique. Depuis longtemps, les politiques répètent qu’elle est la force et la richesse des États. C’est précisément à l’examen de cette assertion que nous allons nous livrer. A quelles conditions ce développement est-il un bien, et d’abord suivant quelle loi s’opère-t-il, que peut et que doit faire l’espèce humaine pour tirer de cette loi, si l’ observation parvient à la constater, le meilleur parti possible , et pour éviter les conséquences funestes qui pourraient en être la suite? Voilà, certes, les plus hautes questions, ajoutons les phis redoutables, que l’homme, sur cette terre, puisse agiter. Seuls les problèmes relatifs à l’àme immortelle l’emportent en intérêt et en importance, et, si c’était ici le lieu, on aurait peu de peine à démontrer, ce qu’il sera d’ailleurs facile d’entrevoir par les considérations qui vont suivre, que la destinée intellectuelle et morale de la masse des hommes s’y trouve à beaucoup d’égards engagée tout autant (|ue leur existence matérielle.

C’est à Maltlnis que revient le mérite d’avoir agité le premier scientifiquement le problème de la population. Nous disons scienti fii/uemeul ; beaucoup d’autres, en elfet,

LA POPULATION ET LA LOI DE MALTHUS

Page 1