‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 110 sur 167 · II. Formes du salaire · texte numérisé non relu

II. Formes du salaire

a. Le salaire au temps et le salaire à la tâche. Le salaire au temps (time-icages) se donne en proportion fixe du nombre de jours ou d'heures de travail.

Le salaire à la tâche s'évalue d'après l'ouvrage fait, le travail effectué. Ce dernier genre de salaire peut faire gagner plus à l'ouvrier en un temps donné, et lui laisser plus d'initiative ; en outre, il n'expose pas le patron à être trompé, et lui donne une production plus forte, mais il a le grand inconvénient d'exposer l'ouvrier au surmenage, et de lui faire négliger le détail, le fini de son ouvrage (i).

b. Sursalaire et Primes.

Le sursalaire est un supplément concédé par le patron, pour les produits fabriqués en sus de la production normale. Cet excédent de la fabrication peut consister dans la quantité produite, et dans la qualité ou la perfection du produit.

La prime est l'intérêt que mérite l'ouvrier qui réduit au minimum les déchets de matières premières, les frais de force motrice et d'entretien.

Ces deux formes de salaire sont favorables, et à l'ouvrier, auquel elles inspirent des sentiments d'économie et de respect des intérêts de la maison, et au patron dont elles réduisent les dépenses de fabrication.

c. Le salaire nominal et le salaire réel. Le salaire réel est la quantité d'objets utiles que l'ouvrier peut se procurer avec l'argent qu'on lui a donné pour prix de son travail.

(i) Le salaire à la tâche conduit parfois au mavchandagc.snvionX lorsque l'entreprise est considérable. Dans ce cas^l'exécuteur de l'ouvrage confie Iréquemment à des tâcherons une partie du travail. Il devient ainsi un véritable entrepreneur ; aussi le contrat de marchandage est-il appelé sous- entreprise. Le marchandage, quoique légitime en luimême, prête facilement à des abus.

Le sous-entrepreneur est tenté de surmener ses ouvriers et de louer de préférence les services des plus nécessiteux, en ne leur payant qu'un salaire minime.

Le salaire nominal est simplement la somme d'argent fixée entre l'entrepreneur et l'ouvrier. On n'y prend pas en considération la cherté plus ou moins grande des objets que l'ouvrier doit se procurer par son salaire. On voit par cette simple distinction,combien il est facile de se tromper, dans la détermination exacte du salaire.

Au XVP siècle, les salaires ordinaires étaient de 3 ou 4 sous, mais le blé, le pain, les œufs etc. se vendaient à un prix dérisoire.

Actuellement aux Etats-Unis, les salaires sont très élevés, mais les choses sont très chères.

Pour avoir la notion exacte du salaire réel, il faut même tenir compte de la disposition subjective de l'ouvrier. Les habitudes et la constitution physique des hommesse modifientd'aprèslesclimats,et étabhssent des variétés considérables dans la somme des choses nécessaires à la vie. Le minimum de subsistance n'est pas le même pour l'Anglo-Saxon et pour le Chinois ; le premier tenterait en vain d'imiter la frugalité du second.

d. Salaire en nature et salaire en argent.

Le salaire en nature consiste à fournir à l'ouvrier divers objets de consommation, dont le prix est porté au compte du salaire.

Cette pratique a donné lieu à de graves abus, et a été désignée, en Angleterre, sous le nom de trucksysteni.hts ouvriers étaient forcés d'acheter des denrées à prix élevé ou de supporter une réduction sur le salaire. En Belgique, la loi du i6 août 1887 a garanti le paiement intégral du salaire. Nous parlerons de cette loi à l'article IL

Les autres pays ont pris des mesures semblables contre les abus du paiement en nature.

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