‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 41 sur 167 · II. Différentes sortes de travail · texte numérisé non relu

II. Différentes sortes de travail

Un fait économique constant, c'est la division du travail en : invention^ direction et exécution. Cette division est basée sur la nature même de l'homme.

a. L'invention est le travail de l'esprit, découvrant les moyens à employer, les procédés à appliquer, pour assurer une production abondante. C'est le rôle spécial rempli par les ingénieurs. Ils découvrent des matières ou des forces inconnues, ils perfectionnent l'outillage, ils donnent une direction plus profitable au travail manuel.

b. La direction est le partage de l'entrepreneur (patron, chef d'entreprise).

r. La fonction de l'entrepreneur peut être envisagée à un triple point de vue :

Le travail, le capital, la nature pris isolément, ne

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produisent aucun résultat. Il faut donc les combiner et les diriger vers un but commun. Tel est le premier rôle de l'entrepreneur.

L'entrepreneur prend sur lui la responsabilité, les risques à courir. C'est son second rôle. Il promet des rémunérations fixes ; s'il s'est trompé dans ses calculs, il subit seul les pertes. Mais, s'il court des risques, l'entrepreneur a aussi le droit de se réserver les bénéfices qui sont le produit de sa sagacité et de sa prévoyance.

L'entrepreneur représente, en troisième lieu, l'imité et l'autorité dans l'entreprise industrielle. Il est donc la cause principale de sa réussite, car, sans hiérarchie, il n'y a point d'ordre, donc, point de disposition apte des moyens à la fin, donc, point de succès possible.

2. La triple fonction de l'entrepreneur manifeste les éminentes qualités, dont il doit être doué, dans l'ordre physique et dans l'ordre moral.

Il lui faut de l'habileté, de la prévoyance, de la constance. L'entrepreneur doit connaître, apprécier, adapter les procédés mécaniques et techniques, suivre les oscillations du marché, deviner les goûts changeants du public, saisir les occasions, les commandes, tenir tête, en un mot, à la concurrence. Il doit, en outre, combiner la rémunération des personnes économiques, régler l'emploi des capitaux et des machines, organiser le travail, résoudre bien des questions délicates qui se présentent au sein de l'entreprise, dans les relations avec les fournisseurs, la clientèle etc.

Il faut ensuite des qualités morales peu ordinaires, de justice, de charité, de bienveillance. L'entre-

preneur doit soustraire du produit de l'entreprise, la part exacte du salaire, de la rente, de l'intérêt ; il doit être le patron de ses ouvriers, veiller à leurs intérêts matériels, intellectuels et moraux. Ce patronage doit s'exercer pendant le travail, par des subventions, une vigilance bienveillante, des rapports amicaux, la facilité à recevoir les consultations des ouvriers. Il doit s'exercer, /zo;'5 de l'établissement, par des œuvres multiples, choisies avec opportunité, d'après les circonstances : caisses, bibliothèques, cercles, logements, économats, cuisines, fourneaux économiques, hôpitaux et asiles. (Voy. quelques-unes de ces œuvres en Belg. dans Vermeersch. Manuel social, 2^^ partie, titre II).

c. L' exécution appartient aux ouvriers, travaillant collectivement, sous la direction de l'entrepreneur. Ils dépendent de celui-ci, tantôt immédiatement, tantôt par l'intermédiaire d'un certain nombre de contremaîtres, de chefs d'atelier, etc.

Celui qui exécute le travail peut en être en même temps l'entrepreneur. Le fermier, le meunier, le voiturier sont exécuteur et entrepreneur, non pas sans doute, a.u même deg?'ê que le chef d'entreprise, mais néanmoins au même titre.

§ 2. La division du travail.

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