I. Notions
La division du travail, qui présente tant d'avantages, ne saurait être poussée très loin que dans les industries se servant de machines.
a. Il ne faut pas confondre la machine avec V outil. L'homme, dès les commencements de la civilisation, a cherché à accroître ses forces corporelles par certains instruments rudimentaires : le marteau, la flèche, l'arc, le soufflet, le couteau en pierre ou en fer. Le propre de l'outil est d'être mû par la main même de l'ouvrier ; la machine, au contraire, n'est pas mue, mais simplement dirigée par l'ouvrier. Ce sont les forces de la nature, habilement exploitées, qui meuvent la machine.
Il ne faut pas davantage confondre la machine proprement dite avec V outil -machine, qui tient le milieu entre l'outil et la machine, p. e. la machine à coudre, les premiers métiers à tisser, inventés par Vaucanson et Jacquart.
b. L'â^e de la véritable machine est moderne. Il date de 176g, époque où eurent lieu les premières applications de la vapeur, grâce aux découvertes pratiques de James Watt. Depuis ce temps les inventions de Stephenson, Volta, Ressemer, Liebig, Edison, etc. on révolutionné l'organisation économique.
Les forces de la nature sont de plus en plus mises à contribution, non seulement par suite de découvertes imprévues, mais aussi par l'effet d'études méthodiques, par le développement d'une technique spéciale.
c. Cette extension du machinisme est cependant soumise à certaines conditions :
Il faut, pour installer avantageusement une machine, un capital abondant, fournissant les avances que nécessitent la construction et l'entretien des bâtiments, l'outillage et l'établissement de ces engins.
Ensuite, il ne suffit pas de produire d'énormes quantités, il faut ccouler ces produits uniformes, avoir, par conséquent, à sa disposition un marché étendu, des voies de communication.
En outre, il faut trouver, dans la population avoisinante, une certaine instruction, une certaine habileté ; sans cette condition, il devient malaisé de recruter une main-d'œuvre, capable de diriger, et au besoin, de réparer ces instruments.
Enfin, il faut être assuré, avant de produire une grande quantité de produits uniformes, d'un débit constant, régulier, même pour l'avenir. Il faut donc que les objets produits ne soient pas trop sujets aux changements fantaisistes de mode, comme p. e. les objets de luxe.