‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 45 sur 167 · I. Définition et formation du capital · texte numérisé non relu

I. Définition et formation du capital

a. Définition.

La notion de capital est très discutée, et mal définie. La raison semble être que les économistes qui ont traité scientifiquement la production des richesses, comme Adam Smith, en ont donné une définition, et que le langage en a fait adopter d'autres.

Distinguons donc i. la définition scientifique, 2. la définition usuelle.

1. Définition scientifique : Le capital est un bien économique destiné à être Vinstniment d'une nouvelle production (i).

Ce qui distingue le capital des deux autres facteurs de la production, c'est son rôle d'instrument. Il est l'intermédiaire entre le travail qui transforme et la nature qui est transformée.

2. Définition usuelle. En comptabilité et en commerce on a appelé capital : le fonds premier avec lequel on monte une entreprise.

D'autres sont allés plus loin et définissent simplement le capital : toute valeur quelconque.

La raison de ces divergences est la difficulté de distinguer en pratique, dans une même chose, la part qui revient aux agents naturels, celle qui découle du travail et celle qui constitue le capital au sens strict.

(i) Block définit le capital : «une accumulation de produits destinés à \3l proàuctionyy, Hervé- Bazin:«une partie des richesses produites,mise en réserve, et consacrée à la reproduction ;» M. V. Brants dit :« le capital comprend toutes les richesses produites affectées par le propriétaire à une nouvelle opération » ; et Smith :« la partie du stock dont on espère tirer un revenu, est appelée capital. »

Le bétail, p. e. est un capital produit par l'industrie de l'élevage ; les forces naturelles y ont concouru, le travail de l'homme aussi ; comment discerner ces divers éléments ?

Bien des divergences, on le comprend, régnent dans V émimération des capitaux. Nous en tenant à la définition scientifique donnée plus haut, nous entendons par capital : les constructions, maisons d'habitation, matériaux, monnaies, usines, ateliers, outils, instruments, produits naturels ou artificiels, pour autant que tous ces objets sont destinés ou par leur nature ou par la volonté de l'homme aune production ultérieure de richesses.

b. Formation du capital.

Il y a dans le capital deux éléments : l'un, commun à tout bien économique, l'autre, spécial, c.-à-d. la destination de ce bien à une production ultérieure. Nous ne devons pas nous occuper de la formation du capital considéré sous le premier rapport, puisque toute cette seconde partie est exclusivement consacrée à l'étude de la formation des biens économiques.

Considéré sous le second rapport, le capital est principalement formé par l'épargne. En eftet, qu'estce que réserver un objet pour en faire un instrument de reproduction, s'abstenir de jouir d'une richesse acquise dans le but d'en acquérir de plus grandes, sacrifier un bien-être immédiat pour assurer son avenir et celui de sa famille, sinon épargner ?

L'épargne elle-même subit l'influence de différentes causes.

I. Elle est facilitée par V abondance de la production actuelle. Moins les objets produits sont présentement

nécessaires à la subsistance, plus ils seront facilement conservés pour l'avenir.

2. Pour être stimulé efficacement à faire des épargnes, l'homme doit avoir confiance dans Vavenir, être certain qu'il ne sera pas privé plus tard du fruit des sacrifices qu'il s'impose. Si l'épargne a pris un tel développement en Belgique, c'est grâce à la stabilité de nos institutions, à la confiance qu'inspire l'Etat qui se porte garant des caisses d'épargne.

3. LiS. famille à sotdenir, un liéritage à transmettre sont un autre stimulant pour l'épargne. Les célibataires généralement ne capitalisent pas.

Ces deux institutions : famille et héritage, sont donc un bienfait pour la société, même au simple point de vue de son progrès industriel.

4. h^énergie de la volonté est une autre condition de l'épargne. Renoncer à un avantage actuel certain, pour se procurer plus tard une jouissance incertaine, demande nécessairement un effort ; or, l'effort suppose une force de volonté.

5. Enfin les mstiUttions : caisses d'épargne, caisses postales, caisses de retraite etc. favorisent beaucoup l'épargne, parce qu'elles fournissent le moyen pratique de la réaliser.

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