II. Division des Capitaux
a. Le capital est un bien économique destiné à une production ultérieure, La manière dont le capital remplit ce rôle, nous fournit la principale division des capitaux en circtdants ^t fixes.
Le capital fixe est celui qui reste après la production pour servir ultérieurement à d'autres opérations. Il n'est échangé qu'après avoir été mis hors d'usage.
Les machines, les bâtiments, les améliorations de la terre sont des capitaux fixes.
Le capital circulant est celui qui est absorbé dans l'œuvre de la production. On l'appelle encore capital dégagé, capital d'exploitation, et fonds de roulement.
Le capital circulant peut être absorbé de deux manières dans la production : en changeant de forme p. e. le combustible, les provisions de ménage, les produits en fabrication ; en changeant de main ou de possesseur, p. e. la monnaie, les papiers de crédit,
b. La distinction des capitaux en fixes et circulants a une grande importance :
1. Au point de vue de la production. Il importe, en effet, pour éviter les crises de maintenir l'équilibre entre les deux sortes de capitaux. Si les instruments de production sont trop abondants relativement aux matières premières à transformer, ils restent improductifs : la construction d'un réseau de voie ferrées n'est utile que s'il- ne manque pas de marchandises ou de voyageurs à transporter.
2. Au point de vue des facilités de conversion. — Les capitaux circulants sont très susceptibles d'être échangés ; leur force de production peut donc être facilement appliquée à d'autres branches de l'industrie. Il n'en est pas de même des capitaux fixes : des usines, des machines, etc. Aussi ces derniers perdentils parfois une partie considérable de leur valeur d'une manière très brusque, par suite d'une crise, de l'introduction de systèmes perfectionnés.
3. Au point de vue de V amortissement . Tout producteur doit rentrer dans ses frais. La manière de le
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faire diffère selon que le capital est fixe ou circulant. Si le capital est circulant, c.-à-d. s'il se consomme en une opération, il est nécessaire que le producteur le reconstitue tout entier chaque fois. Si le capital est fixe, l'amortissement ne devra être que partiel. Le capital fixe, en effet, est durable ; il ne s'use qu'insensiblement. Il suffit donc, strictement parlant, que dans son équivalent, il ait été reconstitué par le producteur, au moment où il ne pourra plus servir. Nous disons : strictement parlant, parce que le capitaliste prudent ne se contentera pas de diviser les sommes à amortir par le nombre d'années de durée du capital ; il saura faire la part de l'imprévu : un changement d'outillage nécessité par des progrès industriels, une liquidation, un revers inattendu, une année maigre.
La manière différente de calculer l'amortissement a aussi son application quand un capital est prêté à un tiers.
Si le capital prêté est circulant, le remboursement doit se faire en équivalent, c.-à-d. en formellement semblable p. e. combustible pour combustible, ou en virtuellement semblable p. e. argent pour combustible ou pour matière première.
Si le capital est fixe, le remboursement doit être en identique. Dans ce dernier cas, comme l'objet à restituer est le même et qu'il a forcément subi une usure pendant l'opération, le prêteur a le droit de demander une indemnité, à moins cependant que le contrat ne soit purement désintéressé (commodatum).
Si en outre le prêteur demande une indemnité pour sa privation de jouissance, cette indemnité prend le
nom d'intérêt, au cas du capital circulant ; de loyer, au cas du capital fixe.