III. Influence économique du Crédit
a. Les avantages du crédit sont incontestables.
1. Le crédit active la production, en empêchant les capitaux de chômer. Il ne crée pas de nouveaux capitauX; la chose est évidente, mais il en nmltiplie l'action, la force, la fécondité,
2. Le crédit procure aux entrepreneurs les capitaux nécessaires.
Monter une entreprise, acheter les machines, les matières premières, faire les installations nécessaires, sont choses coûteuses.
L'entrepreneur ne dispose généralement pas de sommes assez fortes pour payer comptant, mais il le fera après la vente des produits de l'industrie.
C'est le crédit, la foi qu'on a dans son habileté, sa probité etc. qui lui permettront de constituer le capital nécessaire.
3. Le crédita un autre avantage, provenant du titre qui le représente. Ce titre, qu'on appelle aussi monnaie fiduciaire ou effet de commerce, facilite et accé-
Ihx les changes ; il économise la monnaie dont, grâce à lui, on peut se passer dans nombre de transactions ; il ne cause pas une déperdition de valeurs^ en s'usant ; sa fabrication ne coûte rien ; il est d'un maniement facile ; on peut le transporter sans frais, ô'un pays à un autre.
b. Inconvénients.
Il n'est pas d'instruments excellents dont on ne puisse abuser. Le crédit surtout y est exposé.
1. D'abord, l'expérience nous apprend que le crédit de consommation est généralement funeste. On appelle crédit de consommation celui que fait un fournisseur au client, pour les achats qui ne servent pas à une opération productive.
Ce crédit aboutit ordinairement à la ruine des patrimoines. Après quelque temps, le fournisseur est maître de toute la modeste possession de ses clients.
2. La facilité de se procurer des capitaux par le moyen du crédit, multiplie les spéculations dangereuses, les entreprises hasardeuses. Les habiles sachant se retirer à temps de l'affaire, les autres en supportent les conséquences déplorables.
3. L'opération fondée sur le crédit, n'est pas l'idéal de la production. La situation la plus désirable serait celle où les capitalistes feraient fructifier eux-mêmes leurs capitaux. L'emploi du capital présenterait, de la sorte, beaucoup plus de garanties, de prudence et de sérieux.
Tels sont les principaux avantages et désavantages du crédit. Les premiers, évidemment, l'emportent.
Le mal n'est pas dans le crédit lui-même, mais dans l'abus qu'on en fait.
Pour avoir toute son influence économique, le crédit doit, d'un côté, s'appuyer sur les vertus que le
christianisme enseigne et fait pratiquer : la probité, la fidélité aux engagements, la modération des désirs ; de l'autre côté, il doit être protégé et limité par une législation mttWigQïitQ, tenant compte des droits des créanciers, des débiteurs et de l'intérêt général de la société tout entière.
§ 2. Quelques crédits spéciaux.