II. Crédit populaire, urbain et rural
Le crédit populaire présente une difficulté spé-
(i) Pour assurer une pleine sécurité aux préteurs, les lois ont déterminé tous les détails du régime hypothécaire, et organisé la publicité des droits, la situation exacte de chaque propriété etc.
Les systèmes adoptés ne sont pas les mêmes partout. On distingue surtout le système appelé germanique- (Livres faneurs : Griindbuchh et celui de VAct Torrcns usité d'abord en Australie et introduit en Tuni-^ sie, en 1885. Les deux ont pour but spécial de rendre les créances! hypothécaires facilement transmissibles.
Les deux systèmes ont fait l'objet d'études nombreuses p.e celles de Vliebergh, Duvergcr, Besson, Gide, Yves Guyot.
ciale. L'élément matériel, qui fait la fortune des autres crédits, n'y rentre que d'une manière secondaire. D'un autre côté, bien dignes d'intérêt sont les petits commerçants et artisans des villes, les agriculteurs si nombreux qui ne disposent que de quelques hectares de terrain.
De nombreuses tentatives ont été faites pour leur assurer un crédit, sans les endetter et sans exposer les prêteurs.
Les diverses institutions créées dans ce but ont presque toutes revêtu la forme de la mutualité. Nous nous bornerons à quelques indications regardant plus spécialement la Belgique.
a. Crédit urbain.
Les institutions qui s'y rapportent, dans notre pays, sont :
I. Les U}iions de crédit. Elles ont pour but de procurer par l'escompte, aux commerçants, aux industriels, aux agriculteurs, bref, aux travailleurs de toutes les classes dans les limites de leur solvabilité matérielle et morale, les capitaux qui leur sont nécessaires.
Il existe, à présent, 7 ou 8 de ces Unions de crédit. Généralement elles ont prospéré, mais elles conviennent peu aux petits commerçants.
2,. Les banques populaires, il) Qe. sont des sociétés ayant pour but de procurer à leurs membres les capitaux dont ils ont besoin.
(i) En Allemagne, les premières. banques populaires, créées d'après le système Schulze-Delitsch, furent fondées en 1852. Elles y ont pris une extension considérable. En 1892, on comptait 1043 associations de crédit appartenant à l'Union aes banques Schuize-Deiitsch. Le total des opérations montait à plus de 3 milliards de frs. Il existait en outre vers 1895, 1700 banques Raiffeisen, et leur nombre s'accroit considérablement chaque année.
En Italie, grâce à l'initiative de M. Luzzati, se sont établies de nombreuses banques populaires tenant à la fois du système Schulzc et du système Raiffeisen.
En France, par contre, les banques populaires sont peu prospères.
Elles sont surtout instituées en vue des petits bourgeois, des négociants en détail, des artisans. Elles ne fonctionnent pas seulement comme banques d'avances, mais aussi comme caisses d'épargne. Elles furent introduites en Belgique, vers i864,par M"" d'Andrimont.Il en existe actuellement une vingtaine.
Elles ont sans doute des avantages, mais leur taux trop élevé éloigne ceux qu'elles ont en vue d'attirer et d'aider.
b. Crédit rural (i).