V. Change
a. Définition. Le change est un contrat bilatéral, par leqtiel un des contractants reçoit une valeur dans un lieu, et s^ oblige à rendre l'équivalent dans un autre lieu, soit directement à l'autre partie contractante, soit à une tierce personne désignée.
L'instrument ordinaire (i) de l'exécution de ce contrat est la traite ou la lettre de change.
Les banquiers s'offrent à être les intermédiaires de ces contrats, à régler les échanges intérieurs et internationaux, de places en places, ou de pays en pays. Un banquier de Bruxelles, p. e., achète des traites, ou lettres de changes, payables à Londres ;
(i) La délivrance d'un mandat-poste, ou d'un bon de poste, payable en un autre lieu, est un véritable contrat de change, sans qu'il intervienne une lettre de change. Nous ne parlons ici que de l'instrument ordinaire.
il envoie ces traites à ses créanciers de Londres, qui en touchent le montant et se tiennent pour payés ; de la sorte, il a eu le payement de sa traite et il a payé ses créanciers de Londres, sans qu'aucun déplacement de numéraire, toujours coûteux, ait eu lieu.
b. Le taux du change.
L'opération du change serait très simple, si les créances réciproques de chacune des 2 places sur l'autre, Bruxelles et Londres p. e., se compensaient toujours exactement. Le change alors serait toujours au pair. Mais, il en est rarement ainsi. Si Bruxelles doit à Londres plus que Londres ne lui doit, les traites sur cette ville seront, à Bruxelles, en nombre insuffisant. Or, il est avantageux de payer par traite, pour éviter les frais de déplacement de numéraire. Les banquiers de Bruxelles chercheront donc à s'emparer des traites existantes. Celles-ci se trouvant rares et recherchées, monteront de prix ; les banquiers les payeront plus cher (i). Dans ce cas, on dira que le change leur est défavorable, ou qu'il est au-dessus du pair. Dans le cas contraire, le change sera au-dessous du pair.
La cause (2) principale des oscillations du change
(i) Cette hausse ne s'arrêtera que lorsque les débiteurs auront avantage à envoyer du numéraire, p. e. de l'or. Les Anglais appellent ce point d'arrêt : gold point.
(2) L'inégalité des dettes ne crée pas toujours la nécessité de payer en espèces, et ne provoque par conséquent pas toujours une hausse du change. Si Bruxelles p. e., ne possède pas assez de traites sur Londres, mais en possède beaucoup sur Paris, les banquiers de Bruxelles achètent celles de Paris et chargent un correspondant à Paris d'en acheter sur Londres. Cette combinaison s'appelle change indirect ou arbitrage. On comprend sans peine qu'il faut beaucoup de sagacité, une grande sûreté et promptitude de décision, pour savoir profiler de ces différences de change dans les comptoirs de l'Europe,
au-dessus ou au-dessous du pair est donc le rapport sans cesse variable des dettes et des créances entre deux mêmes villes, ou surtout entre deux même pays ; en d'autres termes, l'état sans cesse changeant des importations et exportations, qui constituent la balance du commerce, (i)
Telles sont les principales opérations auxquelles se livrent les banques. On pourrait en citer plusieurs autres, telles que les spéculations de bourse, les émissions d'emprunts, le commerce des matières d'or et d'argent, les émissions de billets de banque. Cette dernière opération des banques trouvera naturellement sa place dans le § 2.
§ 2. Les Banques Publiques.