‹ Manuel d'economie politique [microform]Chapitre 11 sur 55 · GRATUITE IH' CONCOURS · texte numérisé non relu

GRATUITE IH' CONCOURS

acquérir, est cher; et ce qu’oii peut se procurer aisément, ou avec peu de peine, est à hon marché » ; et, par conséquent, le trav ail seul est la seule et véritable mesure par laquelle la valeur de toutes les denrées puisse, en tous temps et en tous lieux, être estimée et comparée. Il en est le prix 7xel, Tarj^aoit n’en est que le prix nominal.

La première proposition générale, à l’égard du travail, c’est que, dans les progrès de la soci('té, la valeur de tous les produits tend à Laisser. On peut continuellement les ohtenir, au moyen de réchange, avec moins de travail, parce que le concours gratuit des agents naturels, incessament découverts et utilisés au moyen des instruments et des ma-

chines, fait que moins de travail suffit à les reproduire. Cette intervention rend le travail plus productif, lui donne plus de facilité à employer la matièiT', un plus grand pouvoir, plus de valeur. Puisque «valeur » est un ternie relatif, il peut tout aussi bien s'appliquer au travail qu’a ce qui s’échangiï contre le travail ; et nous revenons ainsi à la première signilication du mot, primitive en latin, valeo; dérivée en français, valoir, et en anglais, value, to avail. La diminution constante du prix-argent de toutes les denrées manufacturées prouve cette proposition, et nous montrerons, dans la suite, que la baisse du coût, mesurée par le travail, est encore plus grande que celle maripiée par l’argent.

On a raconté si souvent les merveilles de la mécanique moderne, que nous n’aurons besoin que d’effleurer le sujet. Il est impossible d’estimer quelle étendue elle a ajoutée à la puissance animale. M. Mayhew dit que la puissance totale des machines employées dans la (Irande-lîretagne équivaut, d’après une évaluation, à celle de 000,000,000 d’êtres humains ; et il ajoute qu'elle a été produite entièrement pendant le dernier siècle L Cette remarque ne sert qu’à indi- (|uer ce (pi’il avait en vue, en se servant du mot machine-

‘ lundon Laàor et London Poor, page 340.

DES AGENTS NATURELS

power; car les machines, dans un sens plus général, ont toujours été en augmentant, dans les Iles anglaises comme partout ailleurs, depuis que les hommes ont reconnu que les doigts et les ongles n’étaient pas des instruments suffisants pour travailler.

La population entière du Royaume-Uni montait, selon le recensement de 1851, à 27,300,340. Le pouvoir mécanique, selon cette estimation, distribué également entre eux, donnerait à chaque homme, femme ou enfant, l’équivalent du travail de vingt esclaves, et laisserait encore un surplus, équivalent à plus du double de la population actuelle, pour fournir aux machines les matériaux nécessaires au développement de leur pouvoir, et pour les construire et les entretenir en hon état. Il n’y a qu’une petite fraction de la population, en effet, qui fasse, qui entretienne et qui alimente les machines ; et il en résulte que, pour chaque habitant du royaume, il y a des forces qui travaillent et filent, sans salaire, et font l’ouvrage do vingt-deux esclaves , sans même recevoir la pitance des esclaves. Tous les produits de ce travail, la plus grande partie sous la forme que leur ont donnée les machines, l’autre transformée par l’échange en d’autres denrées venant des pays étrangers, circulent et se consomment dans les lies hritaiiniques. La masse entière est achetée par le travail du royaume. Nous considérons souvent ces immenses résultats comme dus à l’économie des loi ces, et nous appelons les machines économ iques . Dans le sens primitif d’économie, l’expression est juste ; dans celui qu’on lui donne ordinairement, l’idée qu’elle représente est

a peu près aussi vraie que la chanson qui winte le bonheur du soldat.

« ^Vho livos un lus j»av,

Aiul sjiciuls liall a ctüwh out ut six jitMice a clav. >»

« Qui n’a que .sa paye pour vivre, et, sur six sous qu’il reçoit, dépensé nue demi-couronne. »

C est y appropriation des forces de la nature, qui n'allen-

(jHATLITK i»u concours

dent que le moment où rintelligence luimainc découvrira leur existence et leurs lois, et cherchera les moyens, conformes à ces lois, de les mettre en usage.

Les ingénieurs nous apprennent quhl y a dans uii hoisscau de charbon, convenahlement brûlé, une force capable do lever soixante-dix millions de livres à un pied de hauteur. Tel est, dit-on, Telfet moyen dhme machine enactivité à Huellown, dans le Cornouailles. Cette force existe dans la houille, au fond dhine mine, et elle v existait il v a mille ans, tout

aussi bien que lorsqu’elle est placée dans un fourneau sous une chaudière. On l’a vue pendant des siècles exercer son })oux'oir à chauffer de l’eau et à produire de la x'apeur, sans qu’elle servit à rien de plus utile qu’à faire cuire le dîner. Depuis que la machine à vapeur a été inx'cntée, nous la regardons sous sa forme concrète, nous attribuons le pouvoir à la machine, tandis que cette machine est passive, qu’elle n’est que le foyer et le véhicule d’un pouvoir existant depuis le commencement du monde. Sa construction est simplement une manière de porter dans une direction déterminée l’action de certaines forces qui, dès le principe, ont passé do l’équilibre au mouvement, et du mouvement sont revenues à un nouvel équilibre . La machine était nécessaire, afin qu’elles pussent agir dans une certaine direction, pendant un certain temps convenable, avec une intensité calculée. Elles sont à l’état de repos dans une condition ; elles se consument inutilement dans une autre, jusqu’à ce que l’homme, par l’observation et la pensée, ait trouvé le moyen de les tirer de leur repos, ■ — en attaquant leur équilibre avec quelque autre force di-coiiverte auparavant, — et d’imprimer à leur mouvement la direction qui convient à ses desseins.

V()ici comment s’exprime le docteur Carp)enler dans un do si-s admirables ouvrages sur la physiologie : « En faisant usage des vastes quantités de houille qui ont été préparées par la lloia; abondante des temps anciens, riiojiime, non- ■'oulonieiil rend à l’aliuosplière l’acide rarbonicpie, l’eau et

DES AGENTS NATURELS

l’ammoniaque de cette période carbonifère, mais encore il reproduit et applique la lumière et la chaleur qui ont opéré pour produire la croissance de la végétation à cette période éloignée de l’histoire de la terre. »

Or, il est évident que les forces de la nature sont inépuisables, car aucune d’elles n’est jamais détruite. Le mouvement n’est jamais déterminé dans une direction, sans en créer une égale quantité dans une autre ou dans plusieurs autres, dont le résultat est l’opposé du sien. Tout ce que l’effort musculaire peut faire, c’est d’imprimer le mouvement; et il ne peut jamais le faire qu’avec une perte pour la fibre, qui doit être remplacée par la nourriture et le repos.

L’emploi de rhomme dans le monde est celui d’ingénieur ; tout son pouvoir est dans son intelligence. C’est une perte de pouvoir pour lui de se charger de faire ce que la matière brute peut accomplir mieux et à meilleur marché. Il s’abstient aussitôt que , par l’étude des lois que Dieu a imposées au monde matériel, il s’élève au rôle que son Créateur lui a destiné, et devient le maître de ce monde *.

• « Si Dieu avait voulu que le travail du monde fût exécuté par les os et les nerfs des hommes, il nous aurait donné un bras aussi solide et aussi fort que l’arbre d’une machine à vapeur; et nous aurait doués de la faculté de rester debout jour et nuit, et de tourner le levier d’un steamer pendant sa traversée de Liverpool à Calcutta. Si Dieu avait eu le dessein que les muscles humains fissent l’ouvrage du monde, il nous eût alors donné, au lieu des ingrédients de la poudre ou du fulmi-coton et de la force expansive de la chaleur, des mains capables de prendre une carrière de granit et d’en briser la solide masse en fragments convenables et symétriques, aussi aisément que nous ouvrons maintenant une orange. S’il nous avait créés pour porter des fardeaux, il nous aurait doués des épaules d’Atlas, avec lesquelles nous pourrions transporter les immenses frets des wagons des chemins de fer et des steamers, comme un portefaix porte son paquet. 11 nous aurait donné des poumons avec le([uclles nous pussions souffler les flottes devant nous, et des ailes pour traverser l’étendue des mers. Mais, au lieu de bras de fer, des épaules d’Atlas et des poumons de Dorée, il nous a donné un esprit, um^ âme, la capacit d acquérir des connaissances, et de nous ai>proprier ainsi

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