U; SALA IR K
le gouvernement pru.ssien publia un édit, par lequel il abolit le .servage, et ordonna que les tenanciers qui avaient des baux perpétuels deviendraient, en abandonnant un tiers des terres qu’ils occupaient, propriétaires absolus des deux autres tiers ; et, quant à ceux qui avaient des baux à vie , il prescrivit qu’ils deviendraient propriétaires d’une moitié en abandonnant l’autre. Le gouvernement répondit aux remontrances des propriétaires , que le changement serait également avantageux aux seigneurs et aux paysans ; et que, s’ils étaient obligés, comme ils l’alléguaient, de donner à leurs ^assaux émancipés une meilleure nourriture et un plus fort salaire, pour en obtenir le travail nécessaire à la culture de leurs domaines, cela prouverait seulement qu’auparavant la rémimt'ration du travailleur avait été au-dessous de son niveau raisonnable. Le grand accroissement de prospérité qui s ensui\ it prouva la justesse des vues du gouvernement ’ . Al. Alac Culloch, tout en protestant contre cette violente in- Iraction aux droits acquis , avoue qu’elle a eu pour effet de laire faire au pays plus de progrès depuis 1815 qu’il n’en avait fait pendant les cent années précédentes. L’exemjfie de la Prusse a été suivi ^lar les autres Etats de l’Allemagne.
En Angleterre, il s’était élevé, avant l’année 1 257, ou moins de deux siècles après la conquête des Normands, une classe de serfs-tenanciers, ayant de jietites portions de terre allouéesà leur usage, sous l’obligation de travailler à des éqioques fixes,
‘ Le ministre des statistiques prussien donne le tableau suivant de la consommation dans tout le royaume, en 1805 et en 1842 ;
Aliments et matériaux.
Boisseaux de blé, de maïs, etc .
Livres de viande.
» Riz.
>> Surre .
» Café.
« Sel .
>* Tabac.
Aunes de drap.
« de toile.
» d’étoffes de laine.
>* de soieries.
Quantité consommée par lète.
Quantité consommée par tète.
3 1/10 1 1/3 5 H 13 it I» 3/8
LE SALAIRE
et de rendre des services spécifiés, en cultivant le domaine que le seigneur s’était réservé. Les tenanciers-vilains, comme on les appelait, cessèrent bientôt d’être vilains de leur personne. Ils eurent la liberté de se procurer un remplaçant pour faire l’ouvrage du seigneur, et la tenure perdit le caractère dégradant qui y était attaché dans l’origine. Si un vilain pouvait se réfugier dans une ville, et y tromper les recherches de son seigneur pendant un an et un jour, il était libre pour toujours; et les registres du Parlement, avant 1350, contiennent les] plaintes des nobles de ce que la facilité avec laquelle ils pouvaient ainsi s’émanciper enhardissait ceux qui restaient encore sur leurs terres à se comporter si insolemment, c[ue les maîtres craignaient de leur faire sentir leur pouvoir, de peur de les perdre irrévocablement. La dernière réclamation d’un vilain , dont les tribunaux aient gardé note, fut faite en 1618; cependant on trouve encore aujourd’hui des traces de l’esclavage dans les Bov-
La population , qui était de 10,000,0(X) en 1804, s’est élevée à 15,000,000 en 1841. L’augmentation de la consommation moyenne indique une augmentation plus forte encore dans celle de la classe la plus pauvre, qui subsiste de son salaire ; car les classes riches, ayant pu, dès la première période, satisfaire tous leurs besoins, peuvent avoir augmenté très-peu lenc consommation des articles énumérés dans le tableau précédent.
« Une note ministérielle, mise sous les yeux de l’Assemblée provinciale du Rhin, dit que les nouveaux reglements agraires ont tendu à améliorer la culture du sol de telle sorte, qu’en 1843 ils ont élevé le prix de la terre, depuis 1828, d’environ 75 pour 100. Kay's social CoH' dition of the people, vol. pages 157, 265.
L’augmentation du prix d’achat de la terre a, sans doute, surpassé l’accroissement de sa valeur réelle. Sismondi en donne la raison. 11 dit que le paysan propriétaire est toujours poussé par le désir d’acheter de la terre à quelque prix que ce soit, et la paye plus qu’elle ne vaut. « Mais combien n’a-t-il pas raison d’estimer à un haut prix l’avantage de placer toujours désormais avantageusement son travail, sans être obligé de l’offrir au rabais' et de toujours trouver son pain quand il en a besoin, sans être obligé de l’acheter cher ! »
JE SALAIRE
dagers du Cumberland '; et, jusqu’à l’année 1799, où l’on passa un acte pour leur émancipation, il existait en Ecosse des charbonniers et des sauniers, qui étaient vendus et achetés avec les houillères et les salines auxquelles ils étaient attachés.
La première reconnaissance légale de l’existence d’une classe de travailleurs libres paraît en l’an 13o6. Le statut des travailleurs, passé en cette année, expose que, depuis la peste de l’année précédente , personne ne veut travailler, à moins de recevoir le double du salaire ordinaire alloué cinq ans auparavant, et ordonne que les ouvriers seront obligés de travailler aux taux spécifiés par le présent, sous peine d’amende et d’emprisonnement. Il était au choix du maître de faire marché à l’année ou à la journée, mais l’ouvrier était forcé de travailler à la journée ou à l’année. Voici les taux du travail à la journée fixés par le statut.
Le salaire à payer aux faneurs était de 1 penny par jour. Un faucheur recevait 3 pence par jour ou o pence à l’arpent. Les moksonneurs, dans la première semaine d’août, étaient payés 2 pence, dans la seconde 3 pence , et ainsi de suite jusqu’à la fin d’août, sans viande, boisson ni autre ration ; de plus, ils apportaient leurs outils. On donnait 2 pence 1 /2 pour faire battre un quarter de blé ou de seigle; 1 penny 1/2 pour un quarter d’orge, de haricots, de pois et d’avoine. Un maître charpentier recevait 3 pence par jour; les autres charpentiers 2 pence. Un maître maçon, 4 pence; les autres maçons 3 pence, et leurs manœuvres 1 penny 1/2. Les tuiliers avaient 3 pence, et leurs aides 11/2; les couvreurs en paille 3 pence par jour, et leurs aides 1 1/2. La paye était a même pour les plâtriers, les ouvriers en pisé et leurs aides, sans nourriture ni boisson. Ce tarif durait depuis <quos jusqu à la Saint-Michel; et il était moindre depuis lette tpoque, selon 1 ordonnance des juges de paix -.
> Howitt’s Rural Life of England, chap. 4.
6 annee domine, l’oi.vrago M. Uuiiter, Robin fîoodjùs period,
rè
1 iü
LE SALAIRE
Pour coiîvortir 1 argont do cotte époc[ue eu son équivalent en poids de notre monnaie actuelle, il faut le i^ultiplier par 2 62/100. Le penny était dtnic presque égal à trois pence sterling de notre monnaie moderne.
En 1388, le salaire du travail fut de nouveau fixé. Un valet de ferme, un charretier ou un berger recevaient 1 0 schellings par an, sans vêtements ni autre casuel. Ceci équivalait, au poids de 1 argent, à environ o doll. 70 de notre monnaie. On allouait à un laboureur 7 schellings, ou à peu près 3 doll. 00, sans vêtement. Le prix du drap brun grossier était fixé a 1 schelling le yard. Le salaire de rannée entière ne pouvait en acheter que sept yards.
En 1444, 1e Parlement régla encore le salaire. Un principal valet, un charretier et un berger en chef recevaient 20 schellings par an, avec la nourriture et la boisson, et des vêtements pour la valeur de 4 schellings. Le total du salaire et des vêtements monterait à environ 1 1 doll. 16 au poids de notre monnaie d argent. Le jiayement dhin garçon de ferme ordinaire, pour salaire et habillement, était de 18 schellings 4 pence, équivalents à 8 doll. 53. En 1496, on éleva quelque peu le salaire des cultivateurs, mais seulement de manière à contrebalancer une altération du numéraire qui avait eu lieu dans 1 intervalle. A differentes époques postérieures, le Parlement fixa le taux du salaire ; et comme ses ordonnances
étaient toujours dans Tintérêt
des maîtres, stipulant un prix
lieal Charactev, etc., nous a fait connaître que ce héros des anciens ménestrels d’Angleterre, vassal proscrit du comte de Lancastre, sous le régné d’Edouard II (environ 1325), reçut son pardon de ce roi, et fut employé, pendant un an environ, comme portier ou valet de sa chambre. C’était une charge de haute confiance et très-honorahle. M. limiter a trouvé, dans un document de l’Echiquier, un article concernant les gages que Robin llood recevait ; trois pence par jour. Sans doute il y avait un casuel en aliments, logement et livrée. Mais une pareille rémunération pour un homme attaché à la personne du roi nous autorise à juger combien devait être plus faible le salaire des domestiques ordinaires.
LE SALAIRE
maximum auquel les ouvriers ne pouvaient refuser le travail, chacun de ces statuts prouve la tendance du salaire à s'élever. Jusqu'à une époque très-récente, la législature s'est efforcée de réprimer cette tendance par des règiemeiits arbitraires, qu'elle faisait elle-même, ou qui émanaient des Quarte?' Sessio?is des juges de paix des différents comtés, auxquelles elle déléguait son pouvoir. Les efforts des représentants du capital pour combattre la « loi plus puissante » en vertu de laquelle la rémunération du travail augmentait avec le progrès général de la population et - de la richesse, ne se bornèrent pas à réglementer les salaires ruraux, ils s'étendirent à toutes les classes d'artisans. Ainsi, en 1514, le Parlement fixa le salaire des maçons, des charpentiers, des couvreurs, des plombiers, des vitriers, des sculpteurs en bois et des menuisiers, à 4 pence par jour avec la nourriture, ou à 6 pence sans nourriture, pendant les mois d'été et de printemps, et à 1 penny de moins par jour, depuis la Saint-Michel (29 septembre) jusqu'à Pâques. Six pence représentent à peu près 1 8 sous de notre monnaie actuelle, pour le poids du métal. Le iMUYoir d’acquisitio?? de l'argent (‘tait, sans aucun doute, plus grand à cette époque que cent ans après, quand les mines de l'Amérique eurent multiplié le numéraire partout. Nous ne pouvons déterminer avec précision quelle correction il y aurait à faire à ce sujet; cela, d ailleurs, n est pas iiécessaii'e pour la comparaison des prix
que nous avons rapportés jusqu’ici, car ils en sont tous également affectés.
Pendant les cent cinquante ans qui suivirent, l'abondance des métaux précieux venant de l'Amérique produisit de grands changements dans la valeur relative de l'argent et des déniées. Si nous passons à 1680, nous arrivons à une période où les prix se sont équilibrés avec la nouvelle valeur du numéraire, üe plus, nous pouvons obtenir, depuis cette (époque, des documents certains sur les prix courants du blé, et évaluer les .salaires par la quantité de subsistances qu'il
UH
LK SALA IKK.
roprésenteroni; (quoique le paiu de froment formât à cette époque une bien petite porlion de l’alimentation du peuple nglais dont la masse a vécu de graines inférieures,— d’orge e seigle et d’avoine, - pendant plus d’un siècle encore.) D après une comparaison du faux moyen du salaire des cultoa leurs avec les prix du blé, tels qu’ils ont été recueillis par les differents auteurs qui ont traité ce sujet, M. Carev a dresse e tableau suivant *, qui indique la réiunérati:rdu
hireT'”’ P'"'""
laire d une semaine pourrait payer :
t>P ICSO à 1700 1701 à 1726 1727 à 1751 1752 à 1764
Population. S, 134, 516
Pintes.
n y a pas de nécessité absolue à prendre le blé comnr mesure du salaire. Le principal motif que nous avons ei d adopter cet étalon, c’est d’annuler l’objection de l’écol, qui, tout en admettant l’augmentation du salaire du travaileur en argent et par rapport à la valeur dos produits manulactures, prétend que la « décroissance de fertilité de 1terre » fait croître le prix des aliments plus vite que le prii 1 U travail. On peut repondre à cette objection d’une autre maniéré, eu comparant le total des aliments produits en . ngleterre avec .sa population, maintenant ou à toute autre période antérieure; comparaison qui montre que la quantité d .aliments produite actuellement sur le sol de ce royaume partagée egalement entre ses habitants, donnerait une r.atioi;
appelle le bon vieux temps, quoique le nombre des bras ’ Prinripi,, of pom-al Eromimj. vol, w, c,r,.
LE SALAIKE.
empluyésa 1 agriculture ait diminué de beaucoup. Quels sont ceux qui ont augmenté leur consommation alimentaire ’ Sûrement, ce ne sont pas les propriétaires, qui ont toujours eu tout ce qu'ils pouvaient désirer ; ce ne sont ni les marchands, ni les manufacturiers, ni les parents de l’aristocratie et de la noblesse, qui embrassent les professions savantes politiques ou militaires. Ils jouissent, sans doute, d une plus grande variété d aliments qu'ils n'en avaient autrefois ou que 11 en a le travailleur de notre époque; mais quand nous jetons les yeux sur les principaux articles de subsistance et que nous examinons qui sont ceux qui en absorbent l'immense augmentation de poids, nous sommes induits à conc ure que les gens qui vivept de leur travail journalier dans les champs ou les ateliers sont ceux qui la consomment; et comme ils se la procurent de leur salaire, il faut bien que te salaire estime en aliments, ait augmenté avec la richesse generale et dans une progression plus rapide.
condition générale des classes dborieuses, la maniéré dont elles sont logées et vêtues hi
quantité et la qualité de leurs meubles, l’état de leur hygiène”
indique par le nombre et la malignité des maladies épidé^
nuques, et la durée moyenne de leur vie, ne peuvent inan-
qiiei do se convaincre que le pouvoir qu’a l’ouvrier de se
Cméiü- * continuellement
ins?rc I-' " do feils intéressants et
1 s sur ce sujet dans plusieurs chapitres de The Con-
or ae peopk, The national InLry, et .Ü
pouvons O? ■ p“ ofEngland. Nous
mobilier (V pouvait être le
(fuand Tin .^r du temps de Henri VIH,
duc de North puissant, le
le Yorkshire ^ possédait trois châteaux dans
de résidence changeait résidence. Lits, tables, chaises, batterie de cuisine,- tout
^ 1.E SALAIRE
était chargé sur dix-sept charrettes et un chariot, quoique la famille se composât de deux cent vingt-trois personnes (ce qui fait une charretée de meubles de toute espèce par douze personnes) ; et nous pouvons juger si la charge à transporter sur les routes du lorkshire, à cette époque, devait être très-lourde et très-volumineuse, quand nous voyons qu en 1 703, le prince George de Danemark, dans son voyage de Windsor, situé dans le voisinage de la métropole, à Pctervvorth , mit quatorze heures à faire quarante milles , et versa plus d’une fois en chemin.
Nous n avons pas parlé de notre pays, parce que les lecteurs américains connaissent parfaitement tout ce qui concerne sa courte histoire. Il n’est peut-être pas inutile, cependant, de remarquer ce que disait Adam Smith, en 1 773, alors que nous avions une grande surabondance de terres fertiles, une population peu nombreus(3, et que le salaire, suivant la théorie ricardo-malthusienne , aurait dû être, par conséquent, bien plus élevé qu’à présent :
■I « Dans la province de New-l'ork, les ouvriers ordinaires
gagnent, par jour, 3 schellings 6 pence, monnaie du pays, ce qui équivaut à 2 schellings sterling 5 les charpentiersconstructeurs, 1 0 schellings 6 pence , monnaie du pays, et une pinte de rhum, valant 6 pence sterling, en tout 6 schellings 6 pence sterling ; les ouvriers tailleurs , 5 schellings, monnaie courante , valant environ 2 schellings 10 pence sterling ; les charpentiers en bâtiments et les maçons, 8 schellings, monnaie courante , valant 4 schellings 6 pence sterling. Ces salaires sont tous plus élevés que ceux de Londres ; et 1 on dit qu’ils le sont tout autant dans les autres colonies qu à Ne\v-4orck ». — IVealtfi of Nations, livre I, chap. viii L
‘ Smith fait quelques erreurs dans la comparaison du schelling de New- 4 ork avec le schelling sterling : 3 schellings 6 pence font 43 3/4 cents •
2 schellings font 48 cents. Ce qu’il rapporte à l’égard des sa-
laires des charpentiers et des maçons à Londres donne de l’à-proposà 1 extrait suivant de la Revue d’Edimbourg du mois d’avril 1851 :
LF, SALAIRE.
loi
Le salaire d’un ouvrier ordinaire a doublé à New-York, et ceux des artisans mentionnés par Smith ont tous augmenté, quoique pas tout à fait autant ; tandis que les prix des denrées qu’achètent ces salaires ont été presque tous réduits. La ration quotidienne d’un soldat des Etats-Unis, — qui est plus que suffisante pour un ouxTier *, et ce qui le prouve, c est que généralement elle n’est pas entièrement consommée, et que, dans nos postes militaires, les soldats se fournissent de livres et d’autres commodités au moven d’un fonds coin-
mun, forme du surplus de leurs rations, — a été remplacée
« M. Porter s est assuré, d apres les tableaux conservés à Greenwich- Hospital, que le salaire des charpentiers s’était élevé de 18 schellings par semaine, en 1800, à 29 schellings 3 pence, en 1850; celui des maçons, de 18 schellings à 29 schellings 9 pence ; celui des plombiers, de 19 à 30 schellings. Dans la même période, le salaire des compositeurs de librairie, à Londres, s’était élevé de 35 schellings à 56. Nous nous sommes assuré, qu il est toujours le même. Le salaire des compositeurs employés aux journaux du matin était monté de 40 schellings à 48. 11 est maintenant à ce taux. D après un rapport publié j>ar un comité de la Chambre des Communes, en 1833, et d’autres informations que nous avons pu nous procurer jusqu’à cette époque^ nous donnons, comme entièrement digne de foi, le tableau suivant des salaires d’un fileur de colon n» 200, aux différentes dates indiquées ;
Livres de farine qu'il peut se procurer avec ce salaire.
Livres de viande qu’il peut se procurer avec ce salaire.
Heures
de
travail.
Salaire
net
d’une semaine.
En 1804 32 schell, 6 p.
En 1833 42 9 p.
Eli 1850 40 0 p.
« Si le salaire avait été réduit, entre 1835 et 1850, dans la même proportion que les heures de travail, le fileur devrait travailler 04 heures 1/2 par semaine au lieu de 60. S’il avait reçu, en 1833, le même salaire.
par heure qu’en 1850, ce salaire serait monté à 46 schellings au lieu de 42 schellings 9 pence.
1 La ration est de 1 livre 1/4 de bœuf frais, ou 5/4 de livre de porc s>alé, 18 onces de pain ou de farine pour chaque homme; et de 8 quarts de haricots ou 10 livres de riz, 6 livres de café, 12 livres de sucre 4 quarts de vinaigre, 1 livre 1/2 de suif ou 1 livre de chandelle dé spermaceti, 4 livres de savon et 2 quarts de sel pour 100 hommes.
l-E SALAIRE.
pour les officiers, s'ils le préfèrent, par un supplément de solde de vmç sous par jour, qu'ils acceptent toujours, excep e en ai orme, où ils aiment mieux recevoir leur ration eu nature. Un dollar le boisseau a été, pendant les vinT unq dernières années, une espèce de prix normal pour°lo meilleur ble du Genesee, chez tous les fermiers quille produisent. Le même prix avait cours en 1791 et 17991 alors
slhan.e'^ ‘ÎS'r seulement de
Il serait intéressant de rechercher l'action qu'exercent sur a condition politique de la masse du peuple, les lois sous 1 empire desquelles le salaire s'élève avec le progrès de h population et de la richesse. La première fois que nous entendons parler des Communes d’Angleterre, c’est lorsque ce nom fut adopte, en 1381, par les insurgés sous Jack Straw et f aller the Tyler. Ce qui donna lieu à leur soulèvement U 1 en evement, a main armée, par sir Simon Burlev d’un habitant industrieux de la ville de Graveseiid, qu’il rédamait comme son serf. La rançon extravagante qu’il a, ait demardéo pour remettre cet homme en liberté fut refusée; mais les
sert aval ete emprisonné, et forcèrent les assiéo-és à le leniettre en liberté, (juaiid les insurgés traitèrent avec le roi mandèrent ; 1» l’abolition totale de l’esclavage pour eux e eurs enfants, i tout jamais; 2» la réduction à qumre P nce acre e a rente des bonnes terres ; 3° la pleine liberté d acheter et de vendre, comme les autres hommes dans les foires et marchés ; 4- un pardon général de toute les offenses passées. La seconde demande n’était, très-probable ment, rien de plus que ce qui agite l’Irlande de nos jours e droit de tenanciers, ou la fixité de la tenure. C’étiitninr,
indétermination de la rente que son élévation qu’ils rel
‘ History o^w-York, vol. Il, pages 1119, 1148.
LE .SALAIRE
sentaient comme un abus. Sir T. Culluin suppose que quatre pence par acre étaient à peu près la rente moyenne de la terre, vers la fin du treizième siècle * . A cette clause près, tout ce qii ils demandaient était la liberté personnelle. On n'avait pas encore une idée du privilège politique. Les insurgés ne purent même obtenir l'abolition du servage ; et ce ne fut que du temps de Charles II que les tristes résultats de la tenure en ser\^age disparurent pour toujours. Mais une population ne se lève pas en armes, au nombre de cent mille, sans que ce soulèvement serve de garantie contre les abus qui pourraient le renouveler. Le pouvoir qu'avait l'aristocratie de résister aux demandes de tenanciers, sans risquer leur révolte, dépendait des moyens qu'elle avait de nourrir un certain nombre de gens à sa solde. Quand le seigneur lecevait les deux tiers du produit du sol sous forme de rente, il^ pouvait en employer la moitié à entretenir une troupe d hommes d'armes égale en nombre à celui des cultivateurs, et il eu restait encore autant pour lui et sa famille.
Aussi chaque grand baron avait une petite armée constamment à sa disposition. Mais, à mesure que la culture prit de l'extension, et que le travail devint plus productif, la proportion entre la rente et la production totale baissa, et le seigneur fut obligé de diminuer le nombre de ses gens. La classe travailleuse vit s'accroître son nombre et son salaire, pendant que diminuaient le chiffre et la solde de cette soldatesque dévorante. L'intelligence et le pouA’^oir du peuple progressèrent ensemble. Quand les Communes se soulevèrent de nouveau, sous Jack Cade, en 1450, ce fut pour demander le redressement des abus publics. Leurs plaintes ne portèrent pas sur le servage, —qui se mourait,— mais sur ce qu on prenait, pour l'usage de la couronne, sans payement et sous le nom de pourvoyance, la propriété des sujets ; elles se plaignirent des extorsions des shériffs, des lenteurs
* Pklorial History of England, vol. I«q page 811; édition de Harper
loi
LE SALAIRE
de la justice des mauvais conseillers du trdne, des entreprises illégales de la noblesse qui empêchaient l’élection 1 re es chevaliers du comté représentants au Parlement. Cependant le salaire, assez élevé pour, tenter cette levée de lioucl.ers en faveur des droits populaires, ne l’était pas entore assez pour en assurer le succès. Cade succomba, comme Wat Tyler, et 1 .êngleterre dut attendre jusqu’à la révolulon de 1 640, avant que le peuple pût obtenir de n’ètre plus
«lit ^ mon couronne , sous prétexte de purveyance et de
La IHierté populaire a eu son berceau dans les villes. L introduction des manufactures de laine , importées du continent par des tisserands flamands, en créant une demande de travail en concurrence avec l’agriculture, est reconnue comme une des grandes causes qui ont amené l’abolition de 1 esclavage personnel. Les l•■lanlallds importèrent avec eux la connais.sance des institutions et des privilèges municipaux, e droit Aix self-government local et la protection d une milice citoyenne. Dans leur pays, les artis,ms des villes at, lient iion-seuleiiient pourvu à leur sûreté contre les barons maraudeurs; mais ils avaient créé, dans leur organisation civique une force militaire, qui était le boulevard do eur in ependance nationale. La .sécurité encourageait l’inustrie, et 1 industrie amassait les moyens de maintenir la
û»Vr Tir ^If-gooernment est la grande école
. in e ligence populaire, .à mesure que les villes crurent
en population et en richesse, elles obtinrent des cbarles royales qui assuraient aux habitants leur liberté iiersonnelle, le droit d’administrer les affaires locales, d’être représentes au Parlement, et de choisirleurs propres magi.,trats.
ou charte, forniaieiit la masse de la (;l, ambre des communes.
« Les petites pus des communes », comme on les appelait arrivèrent ainsi à pouvoir s’associer avec « les graiSs ,ei’ t-’neurs de la terre, » dans le gouveriieiueiit du\.o;aur;
LE SALAIRE
leur puissance a crû jusqu’à réduire la Idiaiiibre des pairs à ne figurer plus que nominalement^ — plutôt comme un ornement que comme un rouage essentiel de la machine gouvernementale. Les grands propriétaires conservèrent l’ascendant dans la Chambre des commîmes et dirigèrent sa politique dans le sens de leurs intérêts apjiarents, jusqu’au rappel des lois sur les céréales : ce dernier acte fut le triomphe des représentants de l’industrie. La fabrique a maintenant la suprématie sur le manoir. Le nombre et l’influence de la classe manufacturière croissent continuellement, et sa propriété se distribue avec une tendance à l’égalisation, comme le ferait la propriété foncière si on lui permettait d’obéir aux lois naturelles. Mais l’instinct féodal, qui s’agite pour oj)poser à l’aliénation et la division du sol , — la loi du droit d’aînesse, la coutume des substitutions, la défense de vendre les propriétés foncières par autorité de justice, et d’engager, pour la garantie des dettes, autre chose que l’usufruit temporaire et les revenus des terres , — cet instinct est encore puissant parmi les possesseurs du sol, il les protège contre 1 invasion d’un élément nouveau, — et pourtant cet élément ne ferait qu’augmenter leur force, si l’on mobilisait la propriété foncière par la suppression des formes incommodes, des riscpies et des frais onéreux qui gênent sa transmission, lant que la propriété de la terre fut la base d’une aristocratie militaire, gouvernant la nation par la force brutale de sa soldatesque, sa politique fut d’être un corps à part. Maintenant que le monopole du pouvoir politique lui a été enlevé, 1 obligation de se défendre par le nombre impose aux propriétaires fonciers la nécessité d’un recrutement.
Maigre leurs efforts pour maintenir encore les traditions féodales et empêcher que le sol ne se négocie comme toute autre richesse , ou peut être sûr que le pouvoir ira toujours du côté de la science et du capital ; et, comme le progrès tend à répartir de plus en plus parmi le grand nombre le savoir et le capital, les majorités arriveront pacifiquement à l’égalité des
LE SALAIRE
io6
droits politiques. A mesure que les masses arrivent à administrer le gouvernement, son action est limitée aux objets qui intéressent les masses. Son pouvoir virtuel est grandement augmenté, tandis que Texercice pratique en est limité. Il est impartial, largement assis et stable. Il y a à peine une nation en Europe, où il ne se soit pas produit des changements plus grands et plus nombreux dans l’administration intérieure, pendant les trente dernières années, qu'aux Etats- Unis, depuis le débarquement des exilés, il y a deux cent trente ans. Les changements qui se sont effectués chez nous ont été silencieux et inaperçus, sans convulsion et sans crainte de convulsion. Aucune altération constitutionnelle, dans un des anciens Etats de la confédération, n a eu lappareil du bill anglais de la réforme en f832. La révolution qui nous a séparés de l'empire Britannique n'a affecté que nos relations étrangères, sans modifier matériellement la politique intérieure qui a gouverné les Etats depuis leur première colonisation. Ce système a toujours' reposé dans les Etats libres, — et il doit reposer dans tous les Etats,— sur la doctrine que le travailleur mérite sou salaire; — que ce salaire doit être assez fort, non-seulement pour soutenir sa vie animale, non-seulement pour satisfaire ses besoins matériels, mais pour lui permettre de cultiver les facultés et les sentiments qui le constituent homme, — homme, c'est-à-dire seigneur et maître des forces de la nature en vertu de sa raison qui les découvre, s'y conforme et les gouverne; — instrument plus précieux pour qui l'emploie qu'aucune autre force animale : plus précieux, à mesure que sa raison est plus cultivée et plus active, — et dont l'action physique doit SP. développer sous l'impulsion de la partie angélique de sou etre, le sentiment de la justice qui le pousse à travailler en raison de son salaire, et l'instinct de sa nature immortelle qui sur la riche moisson de son bien-être, prélève la semence sacree de la prospérité de sa race. Voilà le seul système dans lequel les desseins de notre Père commun ont leur accom-
LK SALAIHF.
plissement, et où, pour le travailleur comme pour le riche capitaliste, il est également vrai que, «comme les flèches dans les mains d'un géant, de même sont les jeunes enfants : béni soit l'homme qui en a plein son carquois. »
Nous avons jusqu'ici parlé du salaire en général, sans égard aux différences spécifiques qui en caractérisent le taux dans différents emplois. Il faut évidemment considérer l'excédant de rémunération qu'on accorde au talent dans un emploi particulier, au-dessus du taux courant , comme le profit réel d'un capital. Le temps, le travail, les frais, employés à acquérir du talent dans toute espèce d'industrie, n'en sont pas moins le capital du travailleur pour être inséparables de sa personne. Mourant avec leur possesseur, ils ont et doivent avoir un taux plus élevé de profit que celui que l'on paye pour la jouissance d'un capital plus durable. Le prix que l'on paye pour l'usage d'une machine doit nonseulement en compenser les services actuels , mais il doit fournir un fonds pour la tenir en bon état, ou pour la remplacer quand elle est usée. Le travailleur devrait obtenir pour son talent, non pas simplement l'intérêt du capital qu'il représente, mais, de plus, un surplus qui puisse assurer sa vie pour une somme égale à sa valeur. S'il ne peut l'obteinr, il n’y a, pour lui, aucun motif de faire les sacrifices nécessaires à l'acquisition du talent. Nous ne voulons pas dire qu'on fasse là un calcul rigoureusement basé sur les tables
de la durée de la vie ; mais il n'y a pas de doute qu'il devrait s’établir une balance approximative entre des fatigues et une abstinence connues et des rémunérations d'une durée incertaine. L’homme conçoit ses espérances, forme ses plans, et les suit, dans la vue qu ils porteront leurs fruits pendant le cours de sa vie ; et il ne sacrifie pas volontiers son travail sans l'espoir d’en retrouver l'équivalent pendant ce qu'il compte être la durée probable de sa vie, avec un jirofit qui le rémunère des délais qui peuvent survenir.
Cette considération sert à rendre raison de
la supériorité
Ir''*
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LE SALAIRE
du salaire payé à ceux qui s’adonnent à des emplois demandant un long apprentissage, aussi Lien que de la prime payée au possesseur d'un talent extraordinaire dans un métier quelconque, en sus du salaire que reçoivent ceux qui ont un moindre talent. Il y a, cependant, des emplois où des individus reçoivent un salaire infiniment plus fort que d’autres qui ont sacrifié la même quantité de travail à leur éducation, et qui, même, y ont montré le même degré d’habileté. On peut remarquer ces différences dans les professions savantes. Un homme de loi acquiert de la fortune, tandis qu’une douzaine d’autres, avec une instruction professionnelle et des talents égaux, se font à peine une existenee convenable, et qu’une autre douzaine passent des années à attendre en vain la première occasion qui doit les mettre • à même de montrer leurs talents', se créant, en attendant, line ressource par des travaux étrangers à leur vraie profession , et finissent par l’abandonner, en désespoir de cause. A Londres, une grande partie du travail littéraire, celui de l’éditeur, du rapporteur, etc., est l’ouvrage d’avocats qui attendent leur première cause, et beaucoup d’entre eux déploient tous les jours des talents bien supérieurs à ceux qui forment le capital d’hommes qui reçoivent les honoraires les plus élevés. Le succès au barreau est, dit-on, comme le gain à la loterie, où quelc[ues-iins gagnent de gros lots qui sont formés des pertes du grand nombre. Adam Smith pensait que, de son temps, les lots n’étaient pas assez forts ni assez nombreux pour rendre les chances de cette loterie égales ; et que la profession d’homme de loi, ainsi que d’autres, à l’égard desquelles il emploie cette comparaison, sont trop peu rémunérées, c’est-à-dire que le total des gains de tout le corps, divisé également entre chacun de ses membres, donnerait un très-faible excédant sur les frais de leur éducation. Cependant, comme les hommes continuent
à courir ces cliances, il 1 jittrilme à « l’absurde confiance en leur ]>oiiheur)) (jii’ont la plujiart d’entre eux. M. Senior, eu
LE SALAIRE
commentant ce passage, remarque que « rien ne se vend aussi cher que ce dont on dispose au moyen d’une loterie bien combinée ; et si nous désirons vendre le salaire à haut prix, c est-à-dire obtenir autant d’ouvrage et de connaissances que possible à aussi bon marché que faire se peut, le meilleur moyen est d’éblouir l’imagination par quelques lots magnifiques, et de surpayer un ou deux ouvriers, pour en induire mille à vendre leurs services à moitié prix. »
C est un très-grand malheur que des hommes soient forcés de courir une chance de perte pour se préparer à rendre à la société les services, de quelque nature qu’ils soient, que ses intérêts requièrent. Aussi, quand ce hasard est inévitable, le principe de stricte justice demande-t-il que la rémunération naturelle qu’espéraient tous ceux qui ont couru cette chance soit distribuée entre ceux qui réussissent. Si l’on
engage mille Américains bien portants pour travailler tous les jours à la construction du chemin de fer de Panama, et qu ils soient payés à la journée, et s’il est reconnu que, sur trois mille ouvriers présents, deux mille se trouvent chaque jour sur la liste des maladès, il est de simple justice que chaque homme qui travaille reçoive le triple du salaire qu’il demanderait dans un climat sain. S’il arrivait, en effet, que tous eussent le malheur d’être malades également, c’est-àdire deux jours sur trois, l’équité de cet arrangement serait évidente. Cependant, si un ou deux avaient le bonheur d’échapper entièrement à la maladie, et revenaient chez eux à la fin de 1 année avec leur salaire de trois années dans leur poche , ni ceux qui les ont employés ni leurs compagnons ne pourraient s’en plaindre. Ils ont couru le risque d’être malades, pour une prime dont le montant était aléatoire ; qu en fin de compte, ce montant se soit trouvé fort ou faible.
ils 1 ont également gagné. Si les ouvriers étaient les esclaves du même maître, et que les entrepreneurs du chemin de 1er lui demandassent de faire un rabais sur la paye énorme qu’il a le droit , suivant leur contrat , de recevoir pour les
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