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services des deux heureux individus, il pourrait leur imposer silence en additionnant la feuille de paye, et en leur montrant que, quoiquhl ait reçu le triple pour Jean et Richard, cependant, en comptant toute la troupe , il n a pas reçu plus quhl n’aurait fait, s’il les avait employés aux ^ages ordinaires dans un climat sain. Le raisonnement est, pour le moins, aussi valide dans la bouche de Jean et de Richard, quand ils sont leurs propres maîtres, et quand ceux qui les emploient, au heu d’être une corporation, sont des individus isolés, agissant sans concert, et achetant les services ou le produit des services quand ils en ont besoin.
Nous pouvons, de la même manière, nous rendre compte du salaire élevé que reçoivent les personnes douées d’avantages naturels extraordinaires. Jenny Lind pouvait obtenir mille dollars pour chanter une seule soirée : elle a, sans
I oute, chante à l’Opéra, où de jeunes filles, qui faisaient partie des chœurs, recevaient moins d’un dollar. Supposez cependant, que quelque Rarnuni entreprenant résolût de produire, à son profit, une nouvelle Jenny Lind, ou au moins une rivale passable de cette cantatrice, il verrait de suite la nécessite de multiplier ses chances de succès, en prenant un grand nombre de personnes pour cette expérience, — des centaines ou des milliers. Leur éducation musicale, pendant des années, serait pour lui une charge énorme ; et s’il produisait enfin un prodige de chant, qui, par la puissance de sa VOIX, pût gagner le revenu de Jenny Lind, il aurait aussi sur les bras un certain nombre de cantatrices inférieures qui ne pourraient attirer la foule si la prima donna n’était pas la, et des vingtaines de choristes, dont le salaire ne pourrait payer les frais de leur nourriture, de leur hahillement et de leur éducation, sans compter toutes celles qui seraient mortes, qui auraient perdu la voix, ou qui auraient lait une chute complète, même avant de rien gagner i
‘ Celte explication est empruntée, - en substituant Jenny Lind à Ru-
LE .SALAIRE
Une des circonstances qui, selon Adam Smith, compensent la faiblesse du salaire dans quelques métiers et exigent son élévation dans d’autres, c’est l’agrément ou le désagrément de ces métiers eux-mêmes. Si un danger personnel, tel que celui qui menace l’ouvrier dans un moulin à poudre, ou si l’air malsain, tel que celui qui règne dans une manufacture de blanc de céruse, donnent de la défaveur à un emploi, il faut attribuer 'le salaire supérieur que demande l’ouvrier à la chance qu’il a de n’en pas jouir longtemps. Quand cette chance a été compensée, il reste encore à lui payer le sacrifice de son comfort personnel, — comme dans le métier de boucher, qui est désagréable sans être malsain. Les causes morales, aussi bien que les physiques, peuvent rendre un emploi agréable ou désagréable. Le métier de danseuse au
bini,— d’uu article très-remarquable de M. Quijano, dans le Journal des Economistes (mois de ma*i et de juin 1852), dans lequel le capitaliste imaginaire qui a réussi à produire un Rubini répond à l’objection du prix énorme qu’il met à son chant, en faisant remarquer que la rétribution moyenne des 2,043 acteurs de toute espèce dans les vingt-cinq théâtres de Paris , en comptant l’Opéra et les Cirques, n’est que de 328 dollars par an, et serait moindre encore, si le gouvernement n’accordait aux théâtres une subvention égale à environ un tiers des salaires réunis des acteurs.
M. Quijano fait usage de cette explication d’une manière incidente : le principal objet de sou article est de montrer que la valeur énorme du Clos-Vougeot, domaine qui produit un vin fameux, peut s’expliquer de cette manière, et que cela ne contredit en rien la doctrine que le sol tire toute sa valeur du travail. Combien de fortunes ont dû être dissipées en vains efforts pour trouver un lieu convenable et pour faire un vignoble qui pût produire un tel vin ! Supposons que l’on fasse savoir à un vigneron que, dans un district de 10,000 milles carrés, il existe quelques arpents qui, au moyen d’une culture convenable, produiraient un vin d’une qualité égale à celui du Clos-Vougeot, et qu’on lui offrit, ou de lui communiquer le secret de leur situation précise, moyennant une somme égale à la valeur actuelle de ce vignoble, ou de lui laisser choisir au hasard son terrain, en le lui vendant au prix moyen du district tout en- Quelle offre ferait- il bien d’accepter? En acceptante première, que payera-t-il, sinon le travail qu’il s’épargnera en faisant une foule d’expériences infructueuses ?