I.K SALAIRE
théâtre est un de ceux auxquels Topiniuii publique a attaché une flétrissure^ qu on ne peut demander à personne de souffrii, justement ou injustement, sans une compensation de salaire. La profession ecclésiastique, au contraire, attire le respect et la considération, — choses pour lesquelles on estime la richesse qui les procure.
Parmi les désagréments de la pauvreté, la déconsidération qui s y attache communément n'est pas la moins poignante : il n y a pas cependant de honte pour un ecclésiastique à être pauvre, on soupçonnerait plutôt sou caractère s’il ne l’était pas. Outre que ceux qui sont dignes de leur profession n’attendent pas leur récompense dans ce monde, nous voyons qu’une grande partie de la récompense qu’ils reçoivent leur est payée par le respect dont on les entoure. La majeure paitie d entre eux touchent, proLahlement, une trop grande proportion de leur salaire en une monnaie si peu substantielle. n est inutile de nous étendre sur l’application des mêmes considérations aux taux des rémunérations pour lesquels les hommes d’Etat, les hommes de lettres et quelques autres états, dont le but n’est pas seulement pécuniaire, sont satisfaits de travailler.
Une autre des circonstances pn'sentées, dans la Richesse (les nations, comme influant sur les salaires comparatifs des différents métiers, c’est la dur.-e ou l’instabilité de l’emploi que 1 ouvrier y trouve. On dit qu’un maçon ne peut travailler dans le temps de pluie, ou de forte gelée ; et ce qu il gagne, quand il est employé, doit non-seulement le soutenir quand il ne fait rien, mais, dit le docteur Smith, « compenser ces moments d’anxiété et de mélancolie que la pensée d’une situation si précaire doit lui occasionner c^uelquefois. » L année est la moindre période qui renferme toutes les \icissitudes des saisons et des besoins différents cpie chacune d’elles provoque. On ne peut apprécier les frais de subsistance, de chauffage, de logement et de lumière, (|u’en comprenant toute l’année; et, pour savoir si le salaire est
LE SALAIRE
OU n’est pas suffisant, il faut considérer non pas à combien il se monte par jour, mais c|uel en est le montant dans le cours de douze mois. Les remarques que nous avons déjà faites sur la part du hasard, sous d’autres formes, suggéreront au lecteur tout ce dont il a besoin pour juger le cas particulier que nous venons de mentionner.
Ce qu’il faut bien remarquer, c’est cjue le manque de régularité et de continuité dans le travail est un mal qui prédomine surtout dans les premiers temps de la société, et qui diminue à mesure cpi’elle progresse dans les différentes branches d’industrie et que la richesse s’accroît. Quand toute une population est adonnée à l’agriculture, elle est plus cjiie suffisante pour les travaux ordinaires des champs, et une grande partie de son temps est inoccupée. A l’époque de la moisson, au contraire, il y a, pendant quelques jours, une demande extraordinaire de travailleurs ; demande que rendent plus puissante encore la rareté et la mauvaise qualité des instruments, conséqnence de l’état peu avancé de la société L Les comptes dn manoir de Hawsted, dans le Suffolk, \ers la fin dn quatorzième siècle, montrent qu’une année on engagea 520 personnes pour un jour; qu’une autre année on en engagea 533, et la troisième, 538; et cependant le nombre d’arpents à moissonner n’excédait pas 200 2. Le sa-
1 Dans les Etats du Sud, au moment de la récolte du coton, il y a assez de travail pour occuper quatre fois autant d’esclaves qu’il eu faut pour le planter et le soigner pendant sa croissance. Les premières gelées mettent forcément un terme à la récolte, car tout le coton qui n’est pas recueilli avant cette époque est perdu. Comme il n’y a pas en réserve des travailleurs étrangers à la culture qu’on puisse employer à cet ouvrage, les esclaves sont fréquemment pressés à cette époque bien au delà de leurs forces, tandis que, durant le reste de l’année, ils n’ont pas le tiers de 1 ouvrage qu’ils sont capables de faire. Les barbaries souvent infligées pendant le temps de la récolte ( que la Case de l’oncle Tom a fait connaître au monde entier) sont le résultat du manque de diversité de 1 industrie, et ne cesseront que lorsque la manufacture de coton \iendra prendre à côté de la plantation la place qui lui est due.
2 Pklorial History of England, vol. Dr, page 811.
Itil
l-K SALAIRK,
rlo' w , *“bs.stance pendant de longues périodes
repos force, et ne peut servir de règle pour juger du sa-
o^i'a tIré dT o' circonstance,
on tire des conséquences très-erronées des documents oui
. onnent le chiffre du salaire payé au temps de rmoisson
dans les premières périodes de l'histoire d'Angleterre et on
a supposé que les ouvriers pouvaient se procuL un C "
tde d aliments et de vêlements qui est tout à fait en Lac
rord avec ce que nous connaissons de leur misère général
.mssi bien qu avec Je faux du salaire dans les travaux pe,.:
U seule des circonstances mentionnées par Adam SmitI, a propos des salaires, dont nous n'ayons pas p l“ le ' degre de confiance que l'on doit aLr dLs'^T'ouVri^. donne pour exemples les orfèvres et les bijoutiers, qui refoivent un salaire plus for, que les autres ouvriers d'un talent
Ta ceL “““ l'excédant de salaire
des etas Sr; ^“^“crant comme la récompense
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1 , , . qui, tout aussi bien nue son
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relu, qui 1 emploie, c'est une prime qu'il paye pour l'assü
mnce de sa propriété contre la fau de, -différente des autres
especes d assurances, en ce qu'elle sert à diminuer les ten
< ions de faire subir nue perte. Partout où l’on paye pour
cette raison, une primo considérable, elle prouve^pïus clai
rein^t que toute autre chose que le taux gLéral lu sali
bas tju il a démoralisé les classes laborieuses • tout
lOinme, en Écosse, le payement du black-mail aux voleurs
de bestiaux des Highlands prouvait la faiblesse de la popu^ lation et la pauvreté du pays. P P
Les différentes circonstances que nous venons de rapporter agissent de manière à augmenter ou à diminuer le nombre