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tirent leur propriété avec une assiduité, une économie et nn talent qui la rendent d’une fertilité extraordinaire, — bien supérieure à celle des vastes lots de terre tenus à bail par des 1 ocataires et cultivés par des laboureurs salariés. Ce sont eux qui, chaque année, ajoutent le plus au capital brut de la nation. La sagesse desEtats du continent, à cet égard, a fait beaucoup pour répare]- la perte que leur extravagance militaire occasionne, et fait plus que contrebalancer les avantages qu’une pins grande 1 iberté d’industi-ie, dans des branches autres que l’agriculture, assure (à la Grande-Bretagne. En touscas, elle est lacaused’uno répartition plus égale et plus juste des gains de la nation.
{( Le paysan, dit Sismondi, qui fait avec ses enfants to\it l’ouvrage de son petit héritage, qui ne paye de fermage à jiersonne au-dessus de lui, ni de salaire à personne au-dessons, qui règle sa production sur sa consommation, qui mange son propre blé, qui boit son propre vin, se vêt de son chanvre et de ses laines, se soucie peu de connaître le prix du marché ; car il a peu à vendre et peu à aclieter, et il n’est jamais ruiné par les révolutions du commerce. » Ceux qui gouvernent une nation de .tels paysans, quelque petite que soit la participation directe que ces derniers aient dans le gouvernement, ne peuvent s’empêcher d’être inüuencés par le ton général de leurs opinions et de leurs sentiments. Leur politique doit être l’expression des instincts des producteurs et non de ceux des boutiquiers. Ils regarderont la masse des produits, et non le taux des profits du commerce, comme la mesure de la prospérité nationale. En conséquence, les grandes nations cfoitinentales, la France, la Russie, les Etats allemands, — unis par le Zollverein ou l’union douanière, — ont répudié en pratique l’idée qui a si longtemps été prépondérante dans la politique commerciale de l’Angleterre. Un des écrivains les plus savants et les plus respectés de l’Angleterre en parlant de cette nation comme
' Joseph Kay, de Trinity College, Cambridge, à la lin de son ouvrage réducation nationale.
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de celle dont Faristocratie est plus riche et plus puissante que celle de tout autre pays au monde, décrit ainsi ce qu’elle a gagnée à cotte politicpie :
« Les pauvres y sont plus opprimés, plus misérables, pdus nombreux en comparaison des autixs classes, plus irrélifjieux et bien plus mal èduciués que les pauvres d'aucune autre nation européenne, à la seule exception de la Russie et de la Turquie incivilisées, de l'Italie asservie, du Portugal mal gouverné et de l’Espagne révolutionnée. »
Dans les reniarf[ues précédentes, nous avons traité du capital comme employé à la production par son propriétaire, ou sous sa surveillance personnelle immédiate, et nous avons parlé du taux général des profits comme s’il y avait une uniformité entre les gains faits par différents individus. Ceci est vrai, seulement dans le même sens qu’on peut affirmer que les salaires de différents emplois peuvent être regardés comme étant, dans le même temps et dans le même lieu, toutes circonstances équivalentes d’ailleurs prises en considération, égaux ou tendant à l’égalité. Les mêmes considérations générales que nous avons indiquées dans la discussion de ce sujet guideront le lecteur dans ses reclierclies sur cette matière.
Nous axTuis montré, dans un chapitre précédent, que ce qu on appelle profit, quand le capital est employé par son propriétaire à son propre risque, et ce qu’on nomme rente ou intérêt, quand ce capital est emprunté par un autre, qui l’emploie aussi à son risque, sont réellement la même chose, — qu un profit certain et régulier s’appelle rente ou intérêt, et qu’une rente ou un intérêt aléatoire et indéterminé s’appelle profit. Les principales circonstances qui servent à obscurcir la perception de leur identité sont celles-ci :
L individu qui consacre son travail physique et intellectuel à surveiller les transformations que son capital subit , dans un emploi productif, — manufactures ou commerce, — gagne un salaire. 11 ne le reçoit pas, cependant, en une somme dis-
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tincte, ou d\iii seul particulier, ou de plusieurs associés ; il est englobé dans le montant général de ses profits pendant tout le cours de ses transactions. Il peut ne rien recevoir pendant une année ou pendant une série d années. Pour estimer ce qui devrait être compté à titre de salaire , il faut qu’un capitaliste considère quelle somme il aurait à payer, en supposant quïl abandonnât entièrement le soin de sa propriété à un régisseur. Que lui faudrait-il payer à un agent pour obtenir le même talent, la même active vigilance, les mêmes soins infatigables, le même dévouement a ses intérêts que ceux sur lesquels il peut compter quand il gère lui-même ses affaires ? Ce n’est pas simplement la somme fixe qui lui assurerait ces services qu’il doit considérer comme son propre salaire, car celui-ci est généralement plus ou moins incertain. Le problème est celui-ci : que demanderait un régisseur parfaitement capable et digne de confiance, si le capitaliste faisait dépendre son salaire du succès de ses opérations? Supposons qu’il lui pose la question de cette manière : J’ai l’intention de mettre entre vos mains un capital, que je puis échanger contre 100,000 dollars en argent , et que je x>ufs prêter à l’Etat de New-York à cinq pour cent d’intérêt, nonseulement avec une certitude absolue que l’intérêt me sera régulièrement payé, et que la somme x>rêtée me sera fidèlement remboursée à l’exxnration du ternie de l’emxirunt, mais avec la presque certitude que je juiis aller dans Wall street ((uand je voudrai et y vendre mes actions sur l’Etat avec une X)rime *, si je trouve dans l’intervalle une occasion do jjlacer mes 100,000 dollars plus avantageusement. Or, je pense que vos services valent bien 2,000 dullars; mais, entons cas, je suis déterminé à ne pas me placer dans une xiosition plus mauvaise que si je prêtais mon capital à l’Etat. Quelle augmentation de salaire demandez-vous, pour qu’il soitcon-
‘ Au monient où ce jiassage a été écrit, les 5 pour 100 de l’Etat de de New-York, rachctablos en 18G0, étaient cotés a 1 15 et les 4 112 pour 1 (X), raclietables en 1858, 1850 et 1804, a 101.
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venu entre nous que vous ne le recevrez que dans le cas où les profits de l’année seront suffisants pour vous le payer, déduction faite de mes o,000 dollars?
Le régisseur pourrait répondre :
« Selon les calculs les jdus exacts que mon expérience me fjermet de faire, il y aura à j^eu près une année sur six ([ui ne nous rapportera aucun jn'olit, et tout ce que nous j)ourrons faire sera de sauver le capital. Il me faut donc une addition de salaire pendant les cinq autres années , assez forte j»our me dédommager de lax)erte pendant la sixième. Je demande 20 x)our 100 d’assurance, et je recevrai 2,400 dollars j);ir an , sous la clause que vous proposez, ou 2,000 dollars jiayables chaque année, sans tenir comxjte d’aucune éventualité. Je crois que les deux conventions reviennent au même. »
(Jue le cajjitaliste emjtloie le régisseur aux termes ainsi convenus entre eux, ou qu’il s’emx)loie lui-même, il est évident qu’il devra débiter la totalité de ses profits de 2,400 dollars j)ar an, ou 2 4|10 j30ur 100 de son capital, et x>asser cette somme à son crédit sous la dénomination de salaire.
Cette qualité allouée comme salaire, si considérable dans le cas que nous avons sujjposé, qu’elle monte à près de la moitié de ce que le cax>italiste consentirait à recevoir comme rintérêt régulier d’un placement parfaitement sûr, baisse à proportion que le montant du capital s’élève. H est aussi facile, ou presque aussi facile, de conduire une banque de un million , qu’une de 100,000 dollars de capital; mais le salaire du directeur, qui, dans un cas, s’élèverait à un taux inoyeii annuel de 2 1/2 pour 1 00 du capital , n’atteindrait, dans l’autre cas, qu’un quart pour 100, La grande banque pourrait prêter son argent à 5 1 /4 pour 1 00, tandis que la 'plus petite serait obligée de demander 7 1/ 2 j)our j)ayer le même dividende de 5 ^jour 100 à ses actionnaires. C est un des avantages qui résultent de l’association des petits caj)itaux , que cette notable économie dans les fr.ii-'
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(le gestion. Taudis (pe, dans certaines manières d’employer le capital, la portion des profits bruts qui de\ rait légitimement être portée au compte de salaire est si insignifiante qu’elle ne peut être fixée ; dans d’autres, elle en forme une si grande proportion que f idee de profit est presque annulée. Celui qui, en travaillant pour un dollar par jour, a accumulé une somme suffisante, — cent cinquante ou deux cents dollars, — pour s’acheter une charrette et un cheval, qui le mettront à même de gagner deux dollars par jour, regarde à peine aucune partie de son gain comme distincte de son salaire ; et, s’il le fait, le scieur de bois, dont le capital n’est (|ue la centième partie du sien, néglige entièrement la distinction.
Dans la conversation imaginaire tpio nous avons donnée, le régisseur remarque que, pendant un sixième du temps (|iie le capital confié à ses soins doit (dre employé, il ne donnera prohahlement aucun prolit. loutes les manières dont on peut l’employer sont snjidtes à quelques chances de cette espèce, mais il y a. de grandes différences dans hi degré de risque (pii accompagne les divers emplois. Les luisards particuliers aux([uels sont sujcds (piekpies placements, tels cpie la destruction des vaisseaux et de leurs cargaisons par les accidents de la mer, celle des bâtiments et des marchandises par le feu sur terre, peuvent être si exactement calculés en chiffres, que ce calcul a donné lieu à une nouvelle jri rliT^gtrie où le capital est employé a assurer d aiities capitaux
contre les pertes causées par ces accidents. Il est aisé de voir ((ue la part à faire pour ces chances connues, quand on s on est garanti par le payement d’une prime d’assurance, est un article bien différent des profits, et l’on en fait habituellement
Lia déduction quand on estime le profit. Ces primes doivent
figurer au compte des dépenses qui ont pour objet de maintenir le capital en bon état ; car elles appartiennent à ce ('ompte aussi justement que les frais de réparation des machines. Il V a, cependant, une variété de risques qui dépend
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de causes plus complirpées, (|u’il a été jus(|u’à présent impossible de calculer avec précision, et contre lesquels on n’a pu trouver de système d’assurance directe. Le propriétaire (run moulin à poudre sait que son établissement est exposé à sauter. Il peut, en quehpie mesure, se préserver de cemallieur par des précautions minutieuses dans la direction de la manufacture, par des améliorations dans les procédés, et en isolant les magasins de poudre, de sorte (pie l’e.xplosion d’un bâtiment n’entraîne la perte que d’une petite partie du capital. Ces précautions demandent une dépense qui est appréciable, et qui entre dans le prix de la marchandise. La portion de risque (pii reste est suffisante pour détourner les entrepreneurs de se livrer à la manufacture de cet article, et limiter la quantité (pie le prix courant devrait, sans ces risques, amener sur le marché , et, par conséquent, elle suffit à faire réaliser un profit (pii, en (pielques années, couvre les pertes de capital causées par les explosions. Ce cjui fait que le propriétaire d’un moulin à poudre ii’obtient pas des profits ipii accroiss(;nt son capital plus vite ([ue dans toute antre branche de commerce, c’est la répugnance du capitaliste à placer ses fonds dans une entreprise où ils augmentent lentement, et sa tendance à les employer dans des affaires (»ù il voit (pi’ils augmentent plus rapidement. Il ne faut pas conclure à la hâte, de l’expérience d’un manufacturier, ou même de celle de tous les manufacturiers de poudre d’une nation , pendant deux on trois ans, que les profits sont plus élevés dans une entreprise de cette espèce. Si, cependant, il résultait des renseignements pris sur un grand nombre de ces fabriques, pendant une période assez longue pour exclure la proliabilité d’une bonne chance spéciale, (pie la valeur do leurs capitaux pris en masse a augmenté, après compensation faite des sinistres survenus , de manière à excéder de beaucoup le taux des profits dans d’autres branches d’industrie, il est très-certain (pie le capital abandonnerait promptement les })lacements moins avantageux, et viendrait aug-
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inenter la quantité de poudre fabriquée et üiferto, de manière à eu faire baisser le prix et à réduire le profit de ces usines au niveau général.
Il est évident que les risques qifou peut faire remonter a des causes morales ou politiques, en exigeant de même un londs qui fournisse à rassurance du capital, produisent le même effet que s’ils résultaient des circonstances physiques et matérielles. L’État de la Pensvlvanie contient des couches
immenses de minerai de fer, de charbon et de pierre à chaux, voisines les unes des autres, et il possède, an moyen de ses canaux et de ses chemins de fer, toutes les facilités pour le transport à bas prix de la matière première et des objets manufacturés. Les aliments sont aussi abondants et à. bon marché. Il n’y aucune raison, dans la nature des choses, pour que les rails des chemins de fer ne puissent pas être confectionnés dans cet État et dans ([uelques autres, dans le Tennessee, par exemple, à un prix aussi bas que toute autre part dans le monde. Le prix du fer anglais est, cependant, sujet à des fluctuations excessives. Entre les années 1825 et 1843, le prix anglais du fer en barres fut de 15 liv. st., environ 72 dollars à 4 liv. st. 10 schêllings, à peu près 22 dollars le tonneau. Depuis six mois, il y a eu une augmentation de 3 liv. st., ou 14 dollars 50 le tonneau, sur le fer en barres au marché de Glascuw i . Le tarif actuel fixe un droit ad valorem de 30 pour 100 sur le fer, et cette hausse dans le prix à l’étranger en cause une de 4 dollars 35 ( 23 fr. 05 ), dans le droit de douane ; ce qui fait une hausse totale dans le prix auquel le fer anglais entre en concurrence avec le nôtre de près de 11) dollars ( 100 fr. 70). Les maitres de forges de la Pensylvanie, qui ont pu continuer
‘ En février 1852, le fer anglais jiour clieniins île fer se vendait à New -York 40 dollars (212 fr.) le tonneau; maintenant (janvier 1855), il vaut 05 dollars (544 fr. 53 c.) et on s’attend à ce qu’il monte à 75 dollars (50/ Ir. 50 c. ) ou a 80 dollars (424 fr.), avant que la baisse se fasse setilir.
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leurs opérations, pendant la grande réduction sur le prix du fer, depuis 1847, réduction qu’il faut attribuera la ce.ssatioii de la fièvre des rails-ways, eu Angleterre, obtiennent maintenaiit 20 dollars (106 fr.) de plus par tonneau que l’année dernière. Cette hausse va probablement rallumer bien des fourneaux, qui avaient été fermés et vendus par autorité de justice pendant la dépression des affaires. Si l’on pouvait la considérer comme permanente, elle amènerait un placement de capital dans la manufacture du fer, suffisant pour pourvoir entièrement à la consommation du pays ; et la concurrence des manufacturiers américains et étrangers réduirait le prix à la limite la plus basse que les avantages naturels pour la production de cet article dans le pays pourraient admettre. La concurrence nationale seule amènerait ce résultat. La concurrence intérieure dans la fabrique des eluus eouyés , qui sont d’invention et de manufacture américaines et n’ont jamais été importés, et les améliorations (|ue cette concurrence a introduites dans la manière de les fabriquer, en ont réduit le prix de 6 dollars le baril de cent livres, en 1 839, à 2 dollars 80. Mais ceux qui seraient tentés de s’engager dans l’exploitation du fer savent qu’une grande portion do la hausse récente , au lieu d’être une addition aux profits , n’est qu’une assurance nécessaire contre les risques d’un revirement sur les marchés étrangers, qui peut, en peu do temps, réduire encore le prix au-dessous du taux rémunérateur. Us se souviennent que, sur 298 usines dans l’État de la Pensylvanie, 167, ou 56 pour 100, furent fermées dans l’automne de 1850; que la quantité de fer travaillée dans cette année ne monta qu’à la moitié de ce qu’elle avait été en 1847 , et que, l’aunée suivante, elle fut encore moindre, parce que les prix avaient encore baissé, et que les faillites et les ventes forcées avaient augmenté. Ils savent que, sous l’empire du tarif actuel, cliaque baisse de prix à l’étranger s’aggrave pour eux d’un abaissement proportionnel dans le tarif. Une réductinn <le I dollar sur les prix