CHAPITRE VII
I^"Échatigc«
I échangé provient de la division du travail, «à, „„e les lommes sont parvenus à se protéger, eu.v et leurs récoltes, contre les hetes sauvages, l’agrinilture commence à donner un excédant au delà de la subsistance de ceux qui s'y livrent. I paraîtrait, par la célébrité accordée aux grands chasseurs dans les traditions primitives de la plupart des nations, que a lutte de 1 homme contre les hèles féroces a été rude, et que a victoire a pu, pendant quelque temps, paraître douteuse. Itepuis Hercule jusqu’à saint Georges, le tueur de dragon les prouesses accomplies, dans la deslrnction des animaux sau- 1 âges, ont été .les traits si macpiés du caractère des héros des legeiides qu’elles nous donnent une preuve de la haute eslime ejue les hommes avaient pour les services de cette e.s-
pece estime naturellement proportionnée au danger dont il,
es délivraient. Il y a aujourd’hui des portions du globe où es animaux carnivores partagent avec la race liumaine la possessimi du .sol, et diminuent notablement sou pouvoir .le mnlliplier et de s’alimenter. Les hôtes de proie ne se nourrissent que d’animaux herbivores; et ces derniers ne vivent que de végétaux, qui sont ainsi soustraits à l’alimentation des êtres humains. L’époque critique de l’humanité a .■te celle de la guerre d’eitermiiiation faite aux animaux carnassiers, dont la subsistance épuise de grandes étendues de terre. Du moment que les c.ariiivores ne partagent plus avec 1 homme la possession du sol,, |„ terre peut nourrir une ,,.ipu atioii ill,mit.k., et tout travail laisse nu excédant au delà de la satisfaction des besoins des travailleurs de chaque époque. On voit alors une partie de la communauté abandonner
l’éciunge.
la culture du sul, et appliquer son industrie aux arts mécaniques. Le forgeron et le tisserand obtiennent leurs aliments en échangeant leurs services et leurs produits avec le fermier. Meme avant c|u^3n ait atteint ce degré de progrès social, réchange des services a lieu dans les relations de famille. Le sauvage fournit la nourriture, et sa femme la prépare ; il chasse le renard et le castor, et de leurs peaux elle fait des habits. Tous deux sont des producteurs de services qu'ils échangent les uns contre les antres. L'échange domestique fut établi aussitôt qu'Adam cultiva le sol et qu’Kve fila.
Pour effectuer un échange, il faut deux produits, deux producteurs, et que ces derniers soient mis en rapport mutuel. Ce qui s'échange réellement, c'est un service rendu d'un côté contre un service rendu de l'autre. Un individu peut rendre un service par son travail actuel; comme, lorsque le forgeron met un fer au cheval du voyageur qui s'arrête pour cela à sa porte. Un autre peut restituer le service en travail ancien, auquel on a donné une forme matérielle ; comme, dans le cas précédent, si le voyageur était un colporteur et qu'il payât le service du forgeron avec une poêle de fer-hlanc. Ce qui, des deux côtés, entre dans l'estimation de la valeur est le service reçu, ■ — la quantité de travail épargnée à chacun par le travail de l'autre. Ce n'est que dans le but de simplifier la question, en écartant la considération de l'action humaine, que nous parlons de l'échange comme d'un troc de produits. La poêle de fer-hlanc représente des portions du travail d’un grand nombre d'individus ; celui du mineur, celui de l'artisan qui a fait les instruments du mineur, celui des matelots et des charretiers qui ont transporté l'étain des mines à la boutique où il a été converti en ustensiles, tout aussi bien que celui du ferblantier, ont été indispensables à sa fabrication. En réalité, si nous essayons de remonter aux éléments qui constituent sa valeur, nous verrons que des parcelles très-petites du travail d'une