‹ Manuel d'economie politique [microform]Chapitre 37 sur 55 · rciiAM.i · texte numérisé non relu

rciiAM.i

porter, que d y porter le coton et d'en rapporter le calicot, car ce dernier occupe moins de place.

foute amélioration dans les moyens de transport qui tend à en diminuer les frais produit le môme effet qu’une diminution de distance. La substitution d’une route planchéiée à la loute commune, le remplacement de la route planchéiée par un chemin de fer, et mieux encore, la construction d’un canal, réduisent les frais de transport des produits de l’agriculture au marché ; et une chose que nous pouvons observer chaque jour, c est que toute la différence de prix est immédiatement ajoutée à la valeur de ces produits à l’endroit môme où on les cultive. En 1817, un Comité de la législature de PEtat de New-York, dans un rapport en faveur de la construction du canal Erié, exposait que « les frais de transport de Ne\\-^ ork a Buffalo sont d’environ 1 00 dollars par tonneau, et la longueur du passage est d’à peu près vingt jours. » Le prix du blé, dans la région appelée Genesee country, pays de Genesee, était à cette époque de 31 cents le boisseau. Immédiatement après la construction du canal, il s’éleva à 1 dollar, et il s’est maintenu depuis environ à ce prix. Les frais de transport de Bufbilo à New- York, pendant les vingt dernières années, ont été, en moyenne, de 8 dollars 80 par tonneau. Dans ce cas, la différence entre le prix du blé et celui qu’il avait antérieurement à l’ouverture du canal est beaucoup moindre que la différence entre les frais de transport. Il faut, cependant, se souvenir que, pendant ce temps, la culture s’est étendue dans l’ouest, qui envoie maintenant annuellement environ 300,000 tonnes^ de blé et de farine à la liiiere Hudson; et que le prix du l)lé du pays de Genesee est celui cju il peut maintenir en face de la concurrence que lui fait la région qui s’étend le long des grands lacs. La ma-

’ La lonne. de New-Vork équivaut à 907,45 kilogr. Les 500,000 tonnes e*iaivalent donc à un peu plus de 450 millions de kilogrammes.

{Note du traducteur .)

2i(» L KCIl.VNGE.

nière de prouver ec point est (rouvrir une nouvelle route h 1)011 marché pour le transport des produits au marché, au lieu d’une route lente et coûteuse. Ces cas se présentent si fré- (|uemment, et le résultat, (^iii est de donner au producteur toute l’économie du coût de transport, est si uniforme et si généralement connu, que nous nous dispenserons d’une nouvelle explication.

Si les prix des produits de l’agriculture étaient lixes, il y a évidemment une certaine distance du marché où la valeur entière de ces produits serait absorbée par les frais de transport pour y arriver. Ils varient donc, selon le volume et le poids des denrées, et selon le mode de transport. Prenons quinze cents par tonneau, comme le prix moyen de transport sur les routes communes de ce pays. Prenons aussi trentetrois boisseaux, comme lequivalent d’une tonne. Si nous estimons le blé au prix d’un dollar et le maïs à 50 cents le boisseau, la valeur du premier disparaîtra, ou deviendra égale à zéro, à une distance de deux cent vingt milles du marché, et celle du second à une distance de cent dix milles, s’il faut les V transporter par le moyen de chevaux sur les routes ordinaires. Au delà de ces distances, ils ne peuvent plus être vendus qu’à perte, et le producteur n’a aucun avantage pécuniaire à en cultiver une plus grande quantité qu’il ne lui en faut pour sa propre consommation. Les produits d’un plus gros volume, tels que les pommes de terre, les choux, etc., n’ont, en conséquence, aucune valeur à une plus petite distance. A vingt-cinq cents le boisseau, les pommes de terre cesseraient d’offrir aucun profit à une distance de cincjuante milles du marché, même si la terre ne coûtait rien, et si l’on pouvait se procurer aussi pour rien le travail qui les fait croître. D’autres produits, comme les pêches, les fraises et la laitue, ne peuvent supporter le transport à une distance considérable, à cause de la délicatesse de leur formation, ou de la nécessité où l’on est de his manger fraîches. Le lait ne peut voyager qu’à une petite distance ; le beurre peut aller

L ECHANGE

ri.

un peu plus loin, et le fromage encore plus loin. Des considérations de cette nature font évidemment dépendre l’espèco de culture à laquelle la terre peut être appliquée avec profit du voisinage ou de l’éloignement des personnes qui doivent en dernier lieu en consommer les produits. Quand le producteur est éloigné du consommateur de toute la distance à laquelle la valeur du maïs est absorbée par les frais de transport, il peut surmonter la difficulté en convertissant sou grain en porc. Cinq livres de grain, dans une bonne méthode d’élevage, suffisent, dit-on, à former une livre de chair. Il n’y a pas d’apparence qu’il en faille moins en se rapprochant du lieu d’échange ; et il n’y a aucune différence, aux deux extrémités de la distance, dans les qualités nutritives relatives de la viande et du grain. Leur pouvoir relatif actuel d’entretenir la capacité du corps humain pour le travail, — la quantité de chaleur et d’énergie musculaire et nerveuse qu’ils peuvent fournir respectivement, — doit être le même dans un lieu que dans l’autre. Cependant, le porc, dans une livre diu^uel est entrée la valeur de cinq livres de grain, peut être transporté à cinc| fois moins de frais, et fournit ainsi un gain à l’éleveur. Les navets et les potirons ne peuvent être transportés aussi loin que le grain, et perdent, sous leur forme primitive, toute leur valeur à une distance bien moindre du marché; mais les navets peuvent servir à nourrir des moutons, et les potirons à engraisser les bœufs. Le cercle dans lequel on est obligé d’avoir recours à l’élevage des bestiaux est donc plus limité que celui où l’on peut cultiver du grain, ou élever des animaux (jui se nourrissent de grain.

A une certaine distance la valeur de la viande est absorbée. Au Brésil, on abat des quantités immenses de bestiaux, simplement pour enlever leurs peaux, la chair est abandonnée aux oiseaux de proie. La même coutume était suivie en Californie, avant la conquête de ce pays par les Américains. Le cultivateur est partout obligé d’adapter ses procédés de culture et d élevage, non-seulement aux propriétés du sol qu’il

Page 1