‹ Manuel d'economie politique [microform]Chapitre 4 sur 55 · LOI DR LA CIRCULATION PERPETUELLE · texte numérisé non relu

LOI DR LA CIRCULATION PERPETUELLE

ainsi, mais aucune partie d"un être organisé ne peut servir de nourriture aux végétaux, jusqu^à ce que, par le moyen de la putréfaction et de la décomposition, elle ait pris la forme de matière inorganique. C’est cette propriété qui rend l'organisation végétale la base (issentielle de toutes les autres. S’il n’y avait pas de végétation, il faudrait que tous les animaux devinssent carnivores, et obtinssent leur subsistance au moyen d’une destruction mutuelle, ce qui exterminerait bientôt leurs espèces. C’est pour cela que la vie végétale a dû nécessairement précéder la vie animale. Et c’est ce qui a eu lieu, comme le prouvent clairement les recherches géologiques qui, en retrouvant dans les entrailles des rocs l’histoire des siècles primitifs, nous apprennent qu’après la croissance des lichens et des fougères, il doit s’ètre écoulé une longue période avant que l’espèce la plus humble des animaux ait paru sur la terre.

L’organisation animale demande, au contraire, pour se soutenir et se développer, des atomes fortement organisés. La nourriture des animaux, dans toutes les circonstances, est composée de parties d’organisme. Tandis que quelques-uns se nuurrissent directement de végétaux, d’autres ont besoin que la matière se soit élevée à un plus haut degré d’existence vitale pour se l’assimiler, et se nourrissent d’animaux inférieurs. Comme ils sont doués d’une capacité moins grande d’assimilation, il est nécessaire que leurs aliments soient formés, par des agents intermédiaires, en comhinaisons qui se rapprochent plus de celles de leurs propres tissus que l’orga-

culture. Ils sont dans l’habitude de manger une argile molle et onctueuse, qu’ils pétrissent en boules et font rôtir devant un feu modéré. Ils humectent ces boules de nouveau , quand' ils veulent les préparer pour leur repas. Un écrivain du journal de la Société royale d’agricul tare d’Angleterre (cité dans le rapport du V. S. Patent-Office, pour ISM, page 500) sugg'ere l'idée que la terre n’est mangée que pour suppléer au niaiKiue de chaux dans la nourriture ordinaire des tribus chez lesquelles on a observé cet usage.

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nisation végétale elle-même. Sans un arrangement ou une gradation de cette espèce, les êtres d’une nature plus élevée périraient de faim, ou dépenseraient toute leur activité en transformations chimiques, sans en réserver aucune partie pour la locomotion ou pour tout autre effort musculaire. Nous pouvons remarquer ici que cette nécessité de vaincre et de capturer une proie est accompagnée du pouvoir mental, qui rend les animaux carnivores capables de former des plans, et d’accomplir, avec le secours de leurs semblables, des choses qui défient le pouvoir d’un seul. L’araignée tisse 'sa toile avec art pour attraper les mouches, et les loups se rassemblent en meute pour chasser. Les fonctions supérieures sont partout alliées à moins d’énergie dans les inférieures. Les êtres chez lesquels ces dernières sont plus développées sont indépendants et se suffisent à eux-mêmes, mais ils ont peu de portée dans l’instinct et nul pouvoir au delà de ce qu’exige la satisfaction des besoins de première nécessité. En remontant l’échelle des êtres jusqu’à l’homme, nous le voyons le plus dépendant de tous, le plus enclin à l’association, pour laquelle le don de la parole lui crée une aptitude merveilleuse; et quoiqu’fso/é il soit le moins capable de se suffire à lui-même, au moyen de l’association, il établit sa

souveraineté sur la nature et sur toutes ses forces animées et inanimées.

11 existe encore une autre distinction entre la vie animale et la vie végétale. La croissance et le développement des végétaux dépend de V élimination de l’oxygène des autres parties qui constituent leur nourriture. Ils exhalent continuellement ce gaz dans l’air par la surface de leurs feuilles. La vie des animaux se montre dans Vabsorption continuelle de 1 oxygène de Tair et dans sa combinaison avec certaines parties constitutives du corps. Il a pour emploi de produire la chaleur animale, en brûlant les substances combustibles du corps. Il se combine avec le carbone des aliments, et cette nnioii dégage exactement la même quantité de chaleur que

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s’il l)rùlait directement en plein air. Le résultat donne (iii gaz acide carLonicpe , qui est rejeté des poumons et de la peau; les feuilles des plantes absorbent ce gaz, le carbone se sépare et s’incorpore à leur substance, et l’oxygène rendu de nouveau à l’atmosphère recommence à circuler.

Décrii ons plus amplement cette évolution. — Le carbone en s’unissant, dans la plante, avec l’eau, forme, entre autres choses, l’amidon que la sève distribue selon les besoins de l’organisme. On trouve l’amidon en grande quantité dans les graines. Il forme, dans le blé, la moitié du poids du grain, et n’est composé que de carbone et d’eau. L’homme se nourrit de blé, mais on ne trouve pas d’amidon dans le corps humain. Quand il entre dans notre estomac, il subit une transformation chimique, une combustion lente, pendant laquelle le carbone de l’amidon se combine avec l’oxygène, et forme du gaz acide carbonique. Ce gaz, ainsi que l’eau dégagée sous forme de vapeur, sont rejetés de l’organisme humain dans l’atmosphère, pour être de nouveau réunis et convertis, dans le laboratoire de la plante, en amidon. Voilà comment, après avoir rempli le but de conserver la chaleur intérieure, dont dépend la vie animale, ces deux éléments séparés se rapprochent, composent en partie la substance des plantes, et servent bientôt de nouveau à entretenir la chaleur dans l’économie animale.

Les faits que nous venons de citer suffiront, en ce qui concerne les parties organiques, à établir la loi de transformation réciproque entre les animaux et les végétaux, et à prouver qu’ils dépendent les uns des autres pour leur subsistance. L'échange de leurs éléments s’accomplit par le moyen de l’atmosphère, qui fournit aux plantes la plus grande portion de leur nourriture’. On a trouvé, en brûlant de la

* « On fit sécher deux cents livres de terre dans un four, et on les mit dans un grand pot de faïence ; on arrosa ensuite la terre d’eau de pluie et on y planta un saule pesant cinq livres. Pendant l’espace de cinq années, la terre fut soigneusement arrosée avec de Veau de pluie. Le

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matière végétale sèclie, sous quelque forme que ce suit, que la partie orgaiûque, qui est combustible et disparaît dans l’air, est de beaucoup la plus grande. Elle se monte ordinairement de quatre-vingt-dix à quatre-vingt-dix-sept livres sur cent. Cette partie de la plante ne peut avoir été formée que d’air, sinon directement, du moins au moyen de composés, dont les éléments ont été tirés de l’air. Ces composés, qui existent dans le sol, sont aspirés par les racines. Suivant le langage du professeur Draper, dans sa Chimie des Plantes, « l’air atmosphérique est le grand réservoir d’où toutes choses proviennent, et où elles retournent toutes. C’est le berceau de la vie végétale et la tombe de la vie animale. »

EiiAiron une livre sur dix, en moyenne, du poids net des plantes cultivées, y compris leurs racines, leurs tiges, leurs feuilles et leurs graines, est formée de matière qui existait comme partie de la substance solide du sol dans lequel la plante croît. Chaque organe de la tige, des branches et dos

saule grandit et prospéra. Pour erapêclier la terre de se mêler à d’autre terre, apportée par le vent, on la couvrit d’une plaque de métal, percée d’une infinité de petits trous, qui interdisait l’accès à tout, excepté l’air. Apres une croissance de cinq années dans cette terre, l'arbre en fut retire, et, quand on le pesa, il se trouva qu’il avait augmenté de cent soixante-<iuatre livres. Dans cette estimation on ne comprit pas le poids

des feuilles et des branches mortes qui, en cinq ans, étaient tombées de J arbre.

« Maintenant il reste à expliquer l’expérience. Tout cela avait-il été ire du sol ? A l’œil il n’avait pas sensiblement diminué. — Mais afin de rendre 1 expérience décisive, on remit sécher la terre au four, et elle fut pesee de nouveau. Le résultat fut merveilleux ; — elle ne pesait que deux onces de moins qu’au moment où le saule y avait été planté. Cependant , 3\ait gagné cent soixante-quatre livres. Evidemment le bois qu on avait ainsi obtenu dans l’espace de temps ci-dessus mentionné

ne venait pas de la terre : nous sommes donc forcés de répéter notre question : « D où le bois vient-il ? »

vpn raconte cette expérience conclut que le bois n’éfail pas

U e 1 eau, et doit, en conséquence, être venu de l’air. Comme l’air et

inépuisables, il importe peu, pour notre raisonnent» qu il an été formé de l'un ou de l’autre.

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feuillos d’une plante, a une charpente en forme de réseau formée de matière inorganique, dont la base est le silex ou la chaux. Le silex, qui nous est familier sous ses différentes formes de sable blanc, de caillou et de cristal de quartz, forme plus de soixante pour cent, en c^uantité, du sol, et quelquefois il y entre pour c{uatre-vingt-quinze pour cent. Il lui donne de la porosité, afin que l’eau et l’air puissent en pénétrer la texture. L’alumine, base de l’argile, rend, au contraire, le sol dur et compacte. Le ministère du silex, dans les plantes, est de donner de la force, comme dans la paille du blé, par exemple ; il sert de charpente osseuse à toute la famille des graminées. Il faut de quatre-vingt-treize à cent cinquante livres de silex soluble pour former un arpent de blé.

Il n’est pas nécessaire de mentionner les divers éléments inorganiques qui, en se combinant en proportions différentes dans les espèces variées de la végétation, existent dans le sol, et doivent être remplacés s’ils en ont été retirés ; d’autant que l’absence d’un de ceux qui entrent dans la composition d’une plante particulière est aussi funeste à sa croissance ultérieure que l’absence de tous. Un chimiste éminent a mis à la portée de tout le monde la cause de la détérioration du sol, en nous informant que, quand on enlève ses produits sans lui rendre rien, quatorze tonnes de fourrage ainsi enlevées retb’ent à la terre deux barils de potasse, doux de chaux, un de soude, une velte d’huile de vitriol, une grande dame-jeanne d’acide phos]jborique, et d’autres ingrédients.

Le sol est, comme les plantes, composé en partie d’éléments organiques et en partie d’éléments inorganiques. Ces derniers, appartenant au règne minéral, et appelés soussol, sont formés soit de la décomposition des rochers qui gisent en dessous, soit d’autres débris rocheux qui, soulevés par l’action des eaux, dans les premières convulsions de la nature, ou précipités, dans les temps d’inondation, par les torrents, des hauteurs où ils prennent leur source, ont été déposés en alluvion sur les plaines. Au-dessus du sous-sol repose

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un lit de terreau, résultat de la décomposition des végétaux et «les animaux. Les racines des plantes, en pénétrant à travers le terreau jusqu’au sous-sol, extraient de chacun d’eux l’espèce d’élément, organique ou inorganique, dont elles se nourrissent. L’objet du labourage est de faciliter cette <q>ération. Dans l’ordre de la nature, cependant, et indépendamment du labourage, il est évident que la plante, par la décomposition des feuilles et des branches qui en tombent, et enfin par celle de sa substance entière, doit rendre au sol toute la matière solide qu’elle en avait tirée pendant la période de sa croissance. Si la plante a servi de nourriture à un animal, le meme résultat doit avoir lieu à un moment plus éloigné. Pendant la vie de l’animal, les matériaux solubles de sa nourriture retournent à la terre par les urines; ceux qui sont insolubles, par les excréments solides, et, à sa mort, son cadavre restitue à la terre le complément des emprunts qu’il y avait faits. Si l’animal sert de nourriture à un autre, ou bien à l’homme, ce n’est qu’un pas de plus à faire dans la route qui conduit à la même destination; car l’homme aussi rend au sol l’équivalent exact de la nourriture qu’il consomme, et le rend dans un état approprié à son absorption immédiate par les racines des plantes.

Les rochers qui composent la couche inférieure, et dont le sous-sol est formé, ne sont eux-mêmes que des combinaisons d oxygène avec des bases métalliques. Les rochers qui forment la croûte de la terre sont en général moitié oxygène. Il est bien évident que, si par une cause quelconque, les molécules des rocs sont amenées à la surface, et se dissipent dans 1 air, ou entrent dans la structure des plantes et des animaux, il faut qu’elles retournent à la terre ou à l’atmosphère. G est une disposition de l’économie de la nature, que les feuilles qui tombent annuellement des arbres contiennent de sept a quinze fois plus de minéraux terreux que les troncs. Quand l’homme a épuisé la surface du sol, comme il le fait dans cpielques-uns des Etats du Sud, en exportant

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ses produits en pays étrangers, et qu^il abandonne les champs qu"il a appauvris, la fertilité leur est graduellement rendue par cet arrangement providentiel. Les graines du pin y sont apportées par les oiseaux, et éparpillées par les vents. Elles germent dans le sol abandonné, y enfoncent do longues racines et tirent la substance minérale d\me profondeur à laquelle ne pouvaient atteindre les plantes qui ont enlevé à la surface ses qualités nutritives. Cette substance s’accumule dans les feuilles, qui, en tombant et en se décomposant sur la terre, forment graduellement un sc»l apte à porter des fruits pour la nourriture de l’homme. Si on laisse la végétation croître et putréfier sur la terre, comme dans l’état de nature, il est évident que tout ce qui est extrait du sol y retourne. Il est, cependant, important d’observer que, si la plante passe par les organes digestifs d’un animal, elle est hachée en fragments menus, est ainsi mieux préparée à s’unir aux autres éléments, et par b'i fertilise le sol avec plus de rapidité. En outre, elle se combine avec les éléments organiques que l’animal puise dans l’atmosplière ; et l’on sait que les déjections des animaux contiennent plus d’azote que la nourriture avant qu’elle soit ingérée. C’est pour cette raison que s’est introduit l’iisage de nourrir des bestiaux à l’étable et sans rien faire, comme des machines à produù'e r engrais^.

* « Küs fermiers du Norfolk donneiU quelquefois à leurs besliaux une tonne de marc de graine de lin par jour ; non pour gagner de l’argent, d’une manière immédiate, par la vente de ces bestiaux, mais indirectement, par la qualité supérieure de l’engrais qu’on obtient. Ainsi, dans le Lancashire, se trouvait une vaste étendue de terrains très-pauvres, qui, il y a trente ans, étaient un vrai marécage. Au milieu s’élevait une haute tour, sur laquelle, de loin, le voyageur pouvait ■s’orienter. Ce vaste marais est maintenant livré à la culture, et [iaye2Û schellings sterling de rente annuelle, 31ais il est entretenu dans cet état par l’habileté des agriculteurs. Ils ont des bestiaux et les nourrissent de marc de graine de lin, et, de leio* bétail, (pii ne vaut |iasla moitié du marc employé à le nourrir, ils obtiennent de cette manière un engrais e.xcellent, sont à

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Le professeur Norton, à la fin de ses Eléments d'agriculture scientificiue, résume ainsi ce sujet : « Nous pouvons « suivre toute substance donnée dans ses migrations du sol « inanimé à la plante vivante, de la plante à l’animal sensi- « ble, et enlin do l’animal à la terre. Dans tous ces change- « ments, sa nature reste la même, mais elle se présente à (« nous constamment .sous de nouvelles fnrm(3s... Il y a une a chaîne continue de circulation du sel à l’animal, on pas- « .saut par la plante, et do l’animal au sid. En observant at- « tentivemeut cette chaîne, et les dilférentes transformations « de la matière dans sa course, nous pouvons espérer de «V nous inslmire de plus en pins dans cliaque branche de « l’agriculture. Nous découvrons que rien n est perdu: si « nous brûlons un morceau de bois, il disparaît ; mais il a « été tout simplement converti en acide carbonique et en « eau, qui, tous deux, sont prêts à entrer dans de nouvelles « combinaisons. L’animal ou la plante meurt et disparaît « aussi, pendant quelque temps ; mais, par sa décomposition,

« chaque particule fournit un élément pour une nouvello a série de choses vivantes. »

Il y a maintenant plus d’un demi-siècle que M. .Malthus son E ssai sur la population , dans lequel il prouve, ce qui avait été démontré av ant sans causer aucune sensation considérable, — que la race humaine est douée d’un tel pouvoir génératif, qu’elle peut se doubler en vingt-cinq ans ; et, quoiqu’elle ait très-rarement atteint ce taux d’augmentation, pendant un long espace de temps, cependant .sa tendance naturelle est d’augmenter en progression géométrique. Il soutient, d’un autre côté, que « en considérant 1 état présent du globe, en général, on peut se convaincre que les moyens de subsistance, même dans le.s circon.stances

nicnie de récolter de l’orge et du idé, de soutenir leurs (;unilles, de liaviM* leur loyer et de mettre quelque chose de côté. » {Prof. Johnslon'.s

eifjhth lecture hefore the X. Y. siale agricultural Süciehj : Transactions

page 210.)

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