‹ Manuel d'economie politique [microform]Chapitre 45 sur 55 · J-.V MONNAIE ET LE TIUX · texte numérisé non relu

J-.V MONNAIE ET LE TIUX

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fusion en plus grande proportion dans la classe dont la

pauvreté limitait autrefois le pouvoir dVheter si elle ne i en privait pas tout à fait. La diminution du prix elle-même, qui rogne les profits, augmente le nombre des consommateurs, en plaçant la denrée à la portée des masses.

Il est important d’observer ({ue chaque réduction succesi^ive de prix met la denrée à la portée d’un plus grand nom jre de jieisoniies qu avant, ou lui assure une vente plus étendue. Ceux qui achetaient à un certain prix achètent davantage quand le prix a baissé; et le cercle de ceux qui ne pouvaient pas acbeter du tout à un prix plus élevé, mais qui peuvent le faire à un prix plus bas, augmente en circonférence à cha(|ue réduction. Ceci est vrai dans le cas où le prix de l’article en question est réduit par des causes qui n’mfluent pas sur les prix des autres produits, et qui ne dimiiment pas les moyens de payement des producteurs. Si, dans ce pays, le prix du drap était réduit par des moyens tondant, au même degré, à réduire le prix du mais et du blé, la vente du drap, au lieu de devenir P us grande, deviendrait, au contraire, plus petite. La vaeur totale des céréales excédant de beaucoup celle dont le s consommateurs ont besoin, ceux-ci subiraient une perte bien supérieure à celle que le bon marché du drap pourrai t compenser; et leur pouvoir de payer, en général, serait iminue en plus grande proportion que leur facilité d’acheter ne serait augmentée. La proposition est donc limitée au cas de la liaisse de prix d’une seule espèce de marchandise, pendant que toutes les autres restent fermes. Dans ce cas nous voyons que, tandis que 1 approvisioiiriemeiit , en ui-memo, n est pas diminué, la proportion entre l’approvisionnement et la demande diminuera promptement.

Quand les denrées présentées à la vente excèdent les besoins des acheteurs ou leurs moyens de payement, il devient évident, aussitôt que le fait est connu, que le surplus n"

LA MONNAIE ET LE l’IWX.

peut être vendu, et doit être remporté aux frais des propriétaires, à moins que la demande ne se ranime de manière à 1 absorber. Si toutes les denrées dont il y a un surplus appartenaient à un seul individu, il pourrait alors calculer 1 étendue de sa perte ; il pourrait penser, au moins, qu’elle serait limitée à la dépréciation du reste des marchandises que la vente ne lui enlèverait pas aux prix courants. Ce reste, il jjüurrait, avec de nouveaux frais de transport, le présenter sur un autre marché, au risque de le trouver déjà engorgé; ou il pourrait l’emmagasiner, en supportant la perte de 1 intérêt et des frais, pour attendre une autre chance. Pour éviter cette nécessité, il consentirait à réduire le prix de toute sa marcjiandise d’une quantité égale aux pertes certaines ou probables qu’il croirait avoir à subir, si une portion lui en restait entre les mains. Par ce moven, il augmeiiterait les moyens des acheteurs, c’est-à-dire qu’il leur donnerait la facilité d’acheter davantage avec la même quantité d argent. Cependant son but ne serait pas entièrement atteint, a moins qu’il ne vendît la totalité des marchandises. S’il lui en restait une portion, il se serait mis dans la position d avoir accepté un sacrifice, pour éviter le risque et les frais de la garder, et, néanmoins, d’encourir ces mêmes frais et ces mêmes risques. Si, au lieu d’un propriétaire, il y eu avait plusieurs, chacun d’eux se verrait exposé à la chance de ne pas X endre, suivant la proportion que la totalité de la demande aurait avec la totalité des marchandises présentées à la vente. S’il y avait onze vendeurs sur place, et qu’il n’y eût de demande que pour les denrées de dix, aucun d’eux ne serait sûr de vendre, au prix courant, les dix onzièmes de ce qu’il a apporté, et chacun courrait la chance de ne rien vendre et de supporter la perte entière, sans aucune rétribution de la.part de scs concurrents. Supposons, et il est presque impossible fiu il en soit autrement, que quelqu’un d’eux ait réussi, par mie plus grande économie de mécanisme, plus d’adresse, etc.,

‘I Jtrodiiiro ses denrées à moins de frais que les autres, de

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inaiiière que le prix coiircuit <lu marché lui oH'rit un plus grand profit : il aurait plus de l'acilité que les autres à baisser es prix, et serait naturellement le premier à le faire. Si le reste des marcliands lui laissait vendre la totalité de ses marchandises en conséquence de cette réduction, les chances de vente des neuf autres seraient bien diminuées. Ils ne peuvent, cependant, rempécher qu^en se soumettant à une nouvelle réduction, qif il peut supporter mieux qu'eux, et si besoin est, surpasser; car il peut toujours vendre un peu meilleur marclié, sans un plus grand sacrifice. Kn définitive, les marchands se font concurrence jusqu a ce que la demande et l'ofFre soient au niveau 1 une de l’autre. La demande s eleve à mesure que le prix tombe, jusqu’à ce que le point soit atteint; ou si toute la quantité offerte n’est pas vendue , le reste doit chercher d’autres marchés , ou bien attendre, dans l’espoir d’une hausse prochaine.

Nous avons vu comment la baisse du prix d’une denrée, en conséquence d’un excès d’approvisionnement, est suivie bientôt d une réaction, dans laquelle la demande devient à son tour excessive. Dans ce cas, au lieu de voir les détenteurs des denrees se faire concurrence, pour accaparer toute la monnaie qui se trouve surplace, prête à être échangée contre des marchandises, nous voyons les détenteurs de la monnaie se disputer la possession des denrées. Les prix montent, il faut plus d’argent pour obtenir la même quantité de niarebandises, précisément par les mêmes raisons que, dans 1 autre cas, il fallait plus de produits pour obtenir la même

^ î ' ^ ' symboles. Dans le premier

cas, 1 argent était mis aux enchères, et les détenteurs de denrees étaient les enchérisseurs ; dans le second, la demande se porte sur les denrées, et ceux qui ont l’argent en ofrent a 1 envi les uns plus que les autres. Cet état de choses amené, comme l’autre, une réaction. Les profits sur la marchandise qui fait défaut augmentent, la production en devient plus forte, et en même temps la consommation di-

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iiiiiiue, jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli. Ce fait ne devient, cependant, manifeste qu’après que les produits ont été confectionnés et offerts à la vente eu quantité suffisante liour opérer une réduction de prix.

Nous avons jusqu’ici borné notre attention aux fluctuations de prix qui sont les conséquences des variations de la demande et de la production d’une seule denrée. Les principes par lesquels elles sont réglées sont les mêmes, quelle que soit la mesure à laquelle on compare les v'aleurs.

Quand le ble est jtIus abondant que de coutume, et qu’il 11 y a aucun changement dans les autres sortes de marchandises, un boisseau de ble acheté, de toute autre denrée, aussi l)ien que d’argent une quantité plus petite que si la récolte était plus faible. Il est évident que la quantité d’argent et de ses symboles sur un marché donné est sujette à des flux et reflux, et que, par conséquent, il peut y avoir une hausse ou une baisse générale de prix, où tout, excepté l’imité de numéraire, conserve sa valeur relative. Cette unité est, quelquefois, abondante et à bon marché, d’autres fois elle est rare et chère ; et la même diversité peut exister à 1 egard de lieux différents, comme à l’égard d’époques diffé- 1 entes. Les différentes formes de circulation que le crédit revêt pour se substituer aux métaux précieux, ayant sur les prix le même effet que le numéraire, mais jouissant de facilités bien supérieures pour se resserrer ou s’étendre, la manière dont ces expansions et ces contractions ont lieu est un sujet d’une importance majeure.

Supposons une communauté particulière, dans un état apparent de prospérité, ne voyant ou n’appréhendant aucune cause, d’un caractère politique ou autre, qui puisse entraver son industrie régulière, ou ralentir l’activité ordinaire des échangés. La sécurité du présent et la confiance dans l’avemr inspirent à chaque marchand une disposition à augmen- |ci ses affaires, et le désir d’emprunter un capital, dans espoir de faire un profit plus grand que l’intérêt à payer.

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