CHAPITRE IV
Production, Industrie.
C'est par l'industrie que les richesses nationales et particulières sont' produites : l'industrie mel en contact les travailleurs et les capitalistes ; elle dirige les travaux, les vivifie em ies éclairant, et elle s'applique à les rendre le- plus productifs possible. Il y a une telle liaison entre l'industrie el le travail que plusieurs économistes ont confondu ces deux mots; mais d'autres les ont soigneusement séparés.
Nous , nous croyons devoir considérer l'industrie et lé travail comme deux branches distinctes de la production; nous nous fondons pour élanlir cette distinction sur ce que souvent un travail ne suppose nulle industrie, tel que, par exemple, celui du manouvrier, et que souvent l'industrie ne suppose aucun travail, si ce n'estcelui de l'esprit.
L'industrie, encore de nos jours, gênée par des entraves nombreuses , fut autrefois sou mise à mille conditions défavorables à son développement. Elle en fut en partie successivement affranchie depuis la révolution de 89 , qui commença à rompre quelques anneaux de la chaîne qui 1 élrcignait et ne lui laissait presqu'aucun de ses mouveinea*, libres. Les mai'.rises , les jurandes* les privilèges de tontes les espèces , la nroteci.on accordée aux consommateurs titrés qu|
consommaient sans se croire astreint* a pay«r ia valeur des produits qu'ils employaient; les douanes générales ou partielles , les" commun tarions incomplètes ou nulles, les exactions, les spoliations «t tous les malheurs qui sont la suite des gouvernemens absolus «mpéchèsent , avant celte époque de régénérât ion, l'essor de l'industrie.
A; la vois puissante de la Constituante, les entraves s' évanoui reut, les chaînes se rompirent, et l'avenir s'ouvrit brillant et radieux devant les pas des industriels. La France, à dater de cette mémorable époque , vit sans cesse s'accroître sa production que l'augmentation de sa population smvitet dépassa sans que cela lui fàt préjudiciable; car la guerre prit soin de rétablir l'équilibre entre l'une et l'autre de ces deux forces sociales.
Apcès les guerres colossales de l'empire , il s eut Uni de capitaux et d'hommes absorbés ;paY les travaux du champ de bataille , que la paix devint nécessaire pour vivifier la production,* et ranimer la population.
Mais si l'on compare la prospérité industrielle de Ja France de l'empire et de la France de la restauration , à sa situation industrielle soits l'ancien régime; malgré les guerres ruineuses qu'elle eut a soudoyer, la comparaison «st tout à l'avantage des époques contemporaines. L'effet de la paix sur notre industrie après les jours irrités etdéokaa*eurs deUi-évolutîon et«*e l'empire rendit les ministres de la restauration bien fiers de lenr mérite ; on vit ces messieurs s'adresser publiquement , à la' tribune nationale , îles éloges tes plus pompeux. Ils dérouté peut avec cnniplaisancele Ubleau séduisant de la prospérité
publique au milieu de l'agitation toujours croissante des partis.
Ils se donnèrent bien de £arde de dire que cette prospérité', du reste incontestable, existait malgré eux , malgré les sjstèmes prohibitifs désastreux des économistes protecteurs; et que s'ils l'eussent voulu, ce bien-être , déjà l'objet de tant d'éloges décernés □ ceux qui ne faisaient que le constater et eu jouir, eût pu être rapidement accru de moitié si la propriété foncière leur eût été moins chère.
Aujourd'hui que de hardis novateurs ont porté dans toutes les branches de l'économie politique le flambeau de leurs infatigables investigations, on peut signaler mille entraves, mille abus qu'il est urgent de détruire sous peine de voir la socie'té ébranlée jusque dans ses fondemens. En effet , en regardant bien au fond des choses on reconnaît que la plupart des perturbations que les amis de Tordre et de la paix ont eu à déplorer ont leur source dans les tiens qui retardent encore l'essor des trois branches d'industrie: agriculture, manufacture (i) et commerce.
Les gouvernemens , trop occupés des intérêts étroits de leur politique à courte vue , négligent tous d'une manière frappante l'économie sociale. C'est cependant l'étude favorisée , popularisée de celte science importante qui pourrait, en éclairant chacun sur le vrai mécanisme de la vie des nations, faire comprendre à chacun ses devoirs comme membre de la grande famille.
(i) Koui avons employé dans le cours de cet ouvrage le mot manu facture tiana le sens dWiutrte roanufkcturiire.
Elles ne vivent pas de théories gouvernementales , les nations ; mais elles vivent de productions; or, c'est à favoriser le plus possible la
S réduction que doivent tendre tous les efforts es gouvernemens. Leur tâche est moins difficile qu'on ne le pense généralement ; il faut , avant tout, qu'ils s'appliquent à chercher et. ouvrir des débouchés aux produits pour leur donner de la valeur, et accroître par là les richesses privées et publiques.
Deux moyens sont offerts aux gouvernemens
rur atteindre ce but ; c'est d'abord de favoriser consommation nationale , et d'ouvrir la voie des marchés aux consommateurs étrangers. C'est en multipliant les moyens de communication entre les uépartemens par les canaux , les chemins de fer , les chemins vicinaux et la puissance de la vapeur , qu'ils obtiendront le premier résultat; ils arriveront au second par l'abaissement du tarif des douanes qui aura pour effet immédiat l'augmentation du nombre des consommateurs étrangers.
Quand nous parlerons du commerce, nous dirons tout l'avantage que la France pourrait retirer de sa position géographique admirable, assbe qu'elle est sur deux mers, elle pourrait, avec des chemins de fer qui la sillonneraient dans tous lés sens, mais surtout du nord au midi, devenir l'entrepôt de l'Europe, et le transit de toutes les marchandises destinées aux contrées septentrionales et méridionales. Les chemins de fer en France , et le canal de l'isthme de Suez en Egypte accroîtraient notre prospérité d'une manière vraiment incalculable.
Nous sommes loin d'obtenir ces conditions puissantes de prospérité, et nous avons bien (les abus i à combattre avant d'appeler a notre
aide d'aussi grands moyens de fécondité industrielle. Tous les monopoles en effet sont lés causes incessantes du malaise actuel. Ils se perpétuent, lorsqu'ils n'auraient Ad être que temporaires. On conçoit facilement que pour donner naissance à l'industrie manufar tu ri ère 'française, il fallait d'abord protéger les industriels par dés tarifs et même par des prohibitions ; c'était un -malheur, mais un malheur momentané tout-afait inévitable. I! était nécessaire de se l'imposer pour mettre notre manufacture en mesure de rivaliseravec celle des antres peuples.Mais ou conçoit aussi que ics privées ne devaient pas -te continuer au point de mettre en souffrance et même en péril les deux autres branches de l'industrie française et de compromettre tes intérêts de tous les consommateurs nationaux. C'est ce qui est arrivé cependant ; tous les gouvernans se sont obstinés à maintenir les abus parce qu'ils en vivaient; tous -grands capitalistes, ils ont d'énormes bénéfices à réaliser sons l'empire des prohibitions. Si les abus tombaient, leurs capitaux engagés dans des entreprises protégées , telles que raffineries de sucre , houillères , forges, etc., etc., au lieu de leur rapporter de forts intérêts payés par les consommateurs qui ne se doutent pas de l'impôt qu'ils soldent avec le système prohibitif, ne leur réaliseraient plus qu'un loyer peu élevé!
Cependant il faudra , sous peine de collisions inévitables, assurer des débouchés nouveaux aux produits français qoe le génie industriel de U nation tend chaque jour à multiplier, et il deviendra de l'intérêt bien entendu des capitalistes de forcer les gouvernant; à entrer dans une
Si, connue nous l'avons dit . le système actuel a éié bon pour faire naître l'industrie manufacturière française, trop prolongé, ce système lui-paêinc réagirait pour l'anéantir; car, les autres branches desséchées, le pays seiwit *airaîné «ers sa ruine. Nous sommes loin de prétendre qu'il faille se débarrasser brusquement de ce système, tout désastreux qu'il puisse être; il £*ut au contraire le modifier , même insensiblement, des existences nombreuses se sont mises à l'abri sous cet arbre protecteur du privilège, il faut se garder de les écraser «a l'abattant, cet arbre nuisible. On doit annoncer sa chute a l'avance , et laisser le temps à ceu* qui vivaient sous son ombrage de prendre une autre direc tion; il faut en un mot le détruire branche à -branche.
La destruction des privilèges est d'autant plus séeessaine à l'industrie que celle-ci n'est que l'ensemble des travaux qui exploitent le monde moral efcphyaique pour le faire servir ans besoins #t aux jouissances des hommes; et que c'est de l'harmonie plus on moins grande qui existe entre les Lraviif leurs et les industries «fui sont aussi des travailleurs, même dans l'interprétation gaàut-simonieone , que naît le plus ou moins de calme de la société , comme nous le verrons quand nous parlerons des salaires. L'opération a laquelle se livre l'ouvrier qui échange son temps et les services de son talent pour un salaire ^ui varie selon que les services de l'Ouvrier sont plus ou moins demandés, plus ou moins offerts, prend le nom de travail.
Les, abus industriels dont nous avons parle rontribuent à rendre pénible la .situation de l'ouvrier ; mais si déplorable qu'elle Mit, elle est préférable à Sa condition à au trefois. Jadis
lion 1 Jim
l'ouvrier était la propriété d'un 'autre homme , il a fallu des siècles pour détruire chez nous cet épouvantable abus, et l'on appelait novateurs insensés ceux qui en demandaient l'abolition. Espérons qu'il ne faudra pas aussi long-temps aux novateurs insensés d'aujourd'hui pour faire ouvrir les yeux aux hommes qui gouvernent, sur leur intérêt bien entendu, qui consiste à rendre les individus aussi heureux que possible t pouvoir jouir eux-mêmes paisiblement du theur qu'ils se Sont assuré.
Nousne parcourrons pas dans toutes ses phases la condition de l'ouvrier, nous ne la suivrons pas depuis l'esclavage jusqu'à la liberté en passant par le servage. Nous ne détaillerons pas toutes les violations de propriété (et le travail est l'une des propriétés les plus sacrées qui doit rendre son intérêt), toutes les violations de propriété qui ont déshonoré l'humanité. Nous ne dirons pas l'injustice révoltante des lois qui rendaient l'homme une matière laillable et corvéable à merci et miséricorde , qui le livraient en proie aux ambitions les" plus déraisonnables et les plus barbares, nous ferons seulement remarquer que, de l'excès du mal naquit d'une part dans l'ame de l'ouvrier esclave ou serf, le désir de l'affranchissement; et que, d'autre part, surgit dans le cœur des rois, travaillés par l'amour de la domination, l'ambition de se soustraire au joug des grands vassaux. Cette disposition des rois
fut favorable au peuple, car elle leur fit aec*rder quelqi contre les pour l'ind
franchises communales contribua à former
1 peuple, car elle leur ht accorder quelque soulagement à sa misère par haine tre les grands. Ce fut un premier avantage r l'industrie , et l'octroi i
classe intermédiaire qui grandit peu à peu, tant et si bien , qu'elle est aujourd'hui à la place d«
la noblesse antique , et tient en main une partie de son pouvoir.
A mesure que la bourgeoisie obtenait des avantages, l'industrie en générât y gagnait quelque chose. Seule productrice elle mettait à profit ses libertésjtour activer son travail industriel, elle attirait k elle les capitaux , lei faisait fonctionner et augmentait les richesses nationales en donnant de l'accroissement aux fortunes privées.
Sans la puissance industrielle des bourgeois , les ressources de la France auraient été constamment bornées, et le haut degré de prospérité auquel nous sommes arrivés, et dont les gouvernemens qui se sont succédé se sont fait honneur les uns après les autres, n'aurait jamais été atteint. L'esclavage nous tenait* dans l'abrutissement industriel le plus complet, le servage ne donnait qu'une production restreinte et imparfaite, et la quasi-liberté dont l'ère commença en 8q, fit accroître rapidement et la population et la production. Nous avons dit quasiliberté , car tant d'entraves gênent encore l'industrie que le jour de son affranchissement est dans un lointain malheureusement fort pro-
Peu-à-peu l'industrie secoua les langes de son enfance , et la division du travail lui fit faire des pas immenses. Quelques économistes ont beaucoup insisté sur la double nature du travail. Ils le considèrent comme productif et improductif. Sans nous arrêter aux discussions qui se sont élevées à ce sujet, nous dirons seulement que tout travail est productif qui donne une valeur à un objet, soit en le tirant du sein de la terre (agriculture) , soit en le transformant par un travail secondaire (manufacture) , soit en le transportant d'un lieu où il est commun dans
un autre lieu où il est recherché et nre-(coik-
mères).
Le travail suppose un capital qui est le régulateur, et qui est destine aux avances nécessaires à l'entretien des travailleurs. plus > le capitars'accroît, plus l'ouvrier travaille ; il est m ieox secondé, il produit plus vite et à moins de frais. C'est à l'accroissement du capital que l'industrie doit la création et le perfectionnement des machines ; c'est lui aussi qui a amené la division du travail.
La division du travail, quoique co.nbattuepar quelques auteurs , n'en est pas moins fécondera résultats surprenans. Les disciples de Charles Fourrier soutiennent que la division du travail , ramenant sans cesse pour le .même homme \a.
'même occupation , tend évidemment à l'abrutir, qu'elle parque ses idées dans un cercle étroit peu favorable au développement de sou intetti-
fmee. Ceci admis, les sociétaires proposent occuper l'homme à des travaux variés , ce qui nous semble devoir nuire Si la perfection du travail. Quant a nous, nous ne pensons pas que le travail sans variété produise sur l'esprit de l'homme un effet aussi délétère qu'on le suppose; et nous avons vu à Lyon , à rParis, à Genève , à Berne , des ouvriers sans cesse occupés du même travail, conserver leurs facultés intellectuelles aussi intactes, aussi actives que celles de bien des hommes de loisir qui attendent leur fouille de Parispour se formel' une opinion sur des questions politiques et sociales, dont la solution n'embarrasserait nullement des ouvriers astreints quelques heures de la journée à un travail toujours pareil.
Mais voyons les choses de haut , et acowàstls pour un instant que certains travras tqujours
les même» sont de nature à abrutir les hommes qui s'y livrent , nous le déplorerons ; mais, considérant que l'intérêt général doit passer avant celui de quelques-uns , reconnaissant que la division du. travail est l'indispensable condition de la perfection de certains produits utiles , et qu'elle contribue au bien-être des masses , nous conseillerons toujours aux peuples industriels cette division si féconde.
Adam Smith , après avoir prouvé par des exemples vingt fois sassés et ressassés depuis qu'il le&a produits, les avantages immenses de la division du travail , s'exprime ainsi :
a Ce grand accroissement dans la quantité de l'ouvrage que, par une suite de la division du travail un petit nombre de mains est en état de faire:, estdn à' trois circonstances différentes : d'abord à une plus grande dextérité dans chaque ouvrier;; ensuite à l'épargne de temps que 1 on perd ordinairement un passant d'un ouvrage à un autre; enfin- à l'invention d'un grondnonibre de machines qui facilitent et abrègent le travail, et rendent un homme capable de l'ouvrage de plusieurs.
k Premièrement , une pins grande dextérité daas chaque ouvrier augmente nécessairement la totalité- de l'ouvrage qu'il peut faire; or, la division dus travail réduisant l'occupation de chaque homme à une simple opération, et faisant de cette opération la seule occupation de sa vie, doit nécessairement ajouter beaucoup à la dextérité de l'ouvrier.
a Secondement , l'avantage qu'on gagne k épargner le temps que l'on perd ordinairement en quittant un ouvrage pour un autre, est beaucoup plus considérable qu'on ne peut L'imaginer au premier coup-d teil. *
Nous nous plaisons à citer ce passage de l'illustre auteur de la richesse des nations; il offre une réfutation delà doctrine des théoriciens sociétaires sur la division du travail. L'opinion des Jburiéristes est diamétralement opposée à la division qui a enfanté tant de prodiges, et comme elle est développée par eux avec un talent spécieux, ce n'est pas trop de l'autorité imposante de Smith pour la combattre.
Continuons à citer l'auteur de la richesse des nations : « Le passage d'un travail à un autre travail, qui exige une place et des outils tout- à fait différera , entraîne une perte de temps inévitable. Le tisserand qui cultive une petite ferme, doit perdre beaucoup de momens en allant de son métier à son champ, etde son champ à son métier. A la ve'rité , si deux travaux différera peuvent s' exécuter dans le même atelier, la perte du temps est moindre; mais dans ce cas même, elle est considérable. L'homme qui va d'une occupation à une autre , perd toujours un peu de son activité ; il n'est guère animé en commençant, et, comme on dit, son esprit n'y est pas encore. Pendant quelques instans, il joue plus qu'il ne travaille.
« Troisièmement enfin, chacun doit concevoir combien l'usage des machines'est propre à faciliter le travail et même à l'abréger ; il est inutile d'en donner des exemples. J'observerai seulement que l'invention de ces machines, si propres à accélérer le travail et a le rendre plus facile, semble Être dû originairement à la division du travail. »
C'est, après ces considérations judicieuses qu'Adam Smith parle de l'origine des machines.
Nous consacrerons un chapitre spécial à l'importante question des machines; nous dirons
deux mots de leur influence morale et matérielle, et des pre'juge's des travailleurs qui les repoussent.
La division du travail, si féconde en grands résultats , peut avoir lieu dans l'enceinte d'un atelier pour la fabrication d'un produit. Telle est par exemple la fabrication d'un bouton, celle d'un fusil ; un grand nombre de mains tiennent l'objet à confectionner avant de le livrer au commerce, et toutes les ope'rations par lesquelles il doit passer pour acquérir toute sa valeur vénale sont consommées sons le même toit , dans la même enceinte. La division du travail résulte encore de nombreuses subdivisions établies dans des lieux divers , comme lorsqu'il s'agit de la fabrication d'une étoffe, ou d'un outil d'agriculture. Que de mains ont été occupées à la fabrication du soc d'une charme, depuis le mineur qui a tiré le minerai du sein de la terre, jusqu'au forgeron qui l'a façonné. Plus de di* personues se sont partagé le travail nécessaire à la confection de ce soc; sans la division du travail, il faudrait un temps considérable et des frais énormes pour arriver au même résultat. Mais à quoi servent la production hâtée,el le perfectionnement de la fabricatiou.sans les débouchés? Les débouchés sont le mobile le plus puissant du travail ; !à où ils n'existent pas, la production ne s'élève pas au-delà de la consommation locale qui est proportionnée au chiffre de la population ; sans débouchés , il n'y a pas d'excédant de produits, point de richesses privées; tout languit, souffre et se détériore. Là au contralreoù les produits du travail ont des marchés assurés, tout prospère et c 'améliore, et la population s'accroît et s'enrichit., ri.;- ^ Nous avons défini plus haut , rapidement et.
en les nommant , les trois grandes branches de l'industrie ; nous devons maintenant nous livrer à l'examen de la nature de chacune d'elles , et des phénomènes qu'elles présentent.
Nous avons dit (\ue l'agriculture tirait les objets de la terre, que. la manufacture les transformait, et quele commerce les transportait d'un I lieu où ils sont communs dans un lieu où ils sont rares , ou d'un lien où ils sont sans valeur dans un lieu où ils en acquièrent par le fait seul du transport; Nous commencerons notre examen
L'industrie agricole, en économie politique, ne s'entend pas seulement de la culture de la terre, deTart de mettre en œuvre les fbrees productives du sol ; elle comprend aussi , d'après cette science , les opérations * qui ont pour but de profiter de toutes les choses créées par la nature, et déposées par elle dans le sein de la terre, à sa surface et dans les eaux.
Donner de la valeur aux objets créés en les mettant dansdes conditions telles qu'ils puissent servir à la consommation, c'est se livrer à l'industrie agricole. La chasse, la pêche et l'exploitation des mines produisent des élémens matériels de richesse, et rentrent pour cela dans l'industrie agricole. Le mineur, en extrayant du sein de la terre un produit naturel sans valeur tant qu'il n'est pas a notre portée , loi confère