‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 6 sur 44 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Industrie agricole.

un prix aussitôt qu'il nous a mis à même de l'employer à des opérations quelconques. Le chasseur et le pêcheur donnent de la valeur aux animaux qui, sans eux, resteraient impropres à satisfaire aux jouissances et aux besoins de l'homme. Le chasseur et le pêcheur se livrent tous deux à des opérations que les économistes classent dans celles de l'agriculture. Ils créent, l'un et l'autre, des élémons matériels de richesse qui se transforment eu richesses réelles, aussitôt que l'échange s'opère.

L'industrie du cultivateur, ou l'industrie agrir oie proprement dite, consiste à .mettre en contait les diverses matières qui, par le concours de ses soins, île ses eflbi Ls et des lois immuables de la nature physique, doivent prudmi e des objets divers dont les élément épnrs ne se réuniraient pas d'cux-méjni's, et sont fécondés parr le génie inventif de l'homme. Kllir produit aussi, comme l'industrie dont nous parlions tout-âl'heure, les élo'mens matériels de la richesse.

Dans l'enfance des socic'lés, l'agriculture réduite aux moyens de succès les plus simples et les plus grossiers, loin de favoriser le développement delà prospérité sociale suffit à peine pour entretenir dans un e'tat de santé satisfaisant la population qui s'y livre par instinct. Mais, au fur et à mesure que les sociétés se civilisent, elles font servir aux développe m en s de cet art récieux, comme à celni de tous tes autres, les écouvertes des sciences et les prodiges de la civilisation.

L'agriculture est pratiquée par deux sortes d'industriels, le propriétaire du fonds qui le fait valoir, ou l'entrepreneur de l'industrie agricole qui loue un fonds de terre pour l'exploiter : cet entrepreneur prend le nom de fermier.

Les économistes du 18 e siècle professaient une étrange erreur sur l'agriculture; ils prétendaient que cT'elle seule venait la richesse (les nations , et puis ils restreignaient cette branche d'industrie a sa plus simple expression , ils n'entendaient, par le mot agriculture, que les opérations diverses par lesquelles l'homme dispose la terre à produire des fruits de différentes espèces. Ils ne comprenaient point , comme on le fait actuellement, l'extraction du sein de la terre des matières utiles à l'hommu, et qui n'ont besoin que d'êlre mises à sa portée pour qu'il en tire parti dans l'industrie agricole.

Nous qui avons reconnu et posé en principe que donner de la valeur c'estereer de la richesse, tout en reconnaissant que l'agriculture est l'une des sources les plus fécondes de la fortune publique, nous dirons que le commerce et !a manufacture, augmentant la valeur échangeable des objets, concourent puissamment aussi à la création des richesses sociales. Nous ferons observer aussi aux économistes agricoles que les élémens matériels de la richesse ne sont pas la richesse, et que les produits de l'agriculture euxmêmes ont besoin de plusieurs transformations et du concours de plusieurs branches d'industrie

Sour satisfaire aux besoins des hommes, il faut u travail et des capitaux pour ces transformations ; ces richesses nationales sont donc dues au concours des trois branches de l'industrie, et non aux efforts de l'une d'elles exclusivement; l'on ne peut donc, sans erreur, proclamer l'agriculture la seule source des richesses sociales.

Il y a encore de nos jours des économistes agricoles , mais ils ont modifié leur opinion. Ils prétendent que si l'agriculture n'est pas la seule source des richesses, elle en est au moins la

principale. Eli bien ! cette ide'e même est fausse. Eu effet, en réduisant celte question à sa plus simple expression, voici le raisonnement auquel on est conduit : les capitaux confies à l'industrie agricole réalisent-ils des inte'rèts supérieurs à ceux qui sont obtenus par les deux autres induslries?Non, évidemment, et presque toujours le contraire a lieu. Les profits des capitaux confiés aux industries manufacturière et commerciale, sont plus forts que ceux des capitaux prêtés à l'agriculture. Il y a bien , il est vrai , une différence entre ces industries, el l'agriculture a l'avantage de cette dernière ; mais quant à ce qui repartie la quotité' des bénéfices , elle est géné-

Avant que les idées de valeur fussent nette- .ment comprises, on supposait aussi que la prospérité des nations était bornée par l'état de sa population et ses moyens nationaux de subsistance ; c'était encore une de ces erreurs que l'examen le plus superficiel devait détruire. En effet, la décadence de la population diminue la force matérielle de la nation qui la subit; mais quand cette décadence n'est pas excessive, elle peut activer les forces morales ou industrielles d'un peuple, et alors le perfectionnement des machines, le travail plus actif et mieux soigné, peuvent rétablir l'équilibre s'il vient à se rompre, et la production peut se maintenir au degré de prospérité où elle était dans la période d'accroissement de la population.

Si dans cette décadence les produits sont aussi abondans par suite de l'activité, la puissance d'échange reste la même, et alors la prospérité n'est pas bornée par la quantité de subsistance nationale, attendu que par la puissance de l'échange cjue vivifie le commerce, le peuple oij-

tient les matières premières qui sont nécessaires à sa consommation.

Loin d'être bornée nécessairement par les produits du sol, la prospérité d'un peuple peut n'avoir point atteint le quart deson développement , lorsque cependant la production dit sol a acquis toute l'extension dont elle est susceptible.

Un peuple commence par se nourrir de ce qu'il lire de sou propre fonds , il languit et végète sur son sol, puis il le cultive peu-à-peu avec plus d'intelligence, il exploite toute son étendue et toute sa fécondité; mais il y a une limite forcée à celte culture , on prévoit facilement qu'il arrive une époque où tout est cultivé et où le sol rend tout ce qu'il doit rendre ; la culture nationale s'arrête là , cela est vrai ; mais la prospérité de ce peuple n'en demeure pas là. L'industrie manufacturière crée d'autres produits ; ou forme d'autres valeurs qui , par le moyen du commerce, trouvent des débouchés , et procurent au peuple, qui de pauvre qu'il était devient riche par la création de nouvelles valeurs échangeables, les produits agricoles de ses voisins. Ainsi la prospérité matériclled'un peuple, quand il est industrieux , peut se former de mille élémens divers, qu'il puise, par les. phénomènes de l'échange, surtoute la surface du globe.

Une heureuse harmonie entre la population , la production agricole nationale, 1 industrie manufacturière et l'industrie commerciale, livre à la consommation d'un peuple, au moyen de l'échange et du transport, les valeurs agricoles étrangères, en cas d insuffisance des produits indigènes. Cette harmonie annonce la prospérité d'une nation , mais elle est rare, et l'économie politique a pour but de la faire naître et de la maintenir 4e plus sûrement poiaibU.

Trop souvent on a semé à dessein la discorde entre le, diverses Li-.nches de l'U.S d,l a l.nduslr,, accole, „„„, Ja ^ fiance contre (industrie manufacturière , que tous les capitaux étaient absorbés par cette der n.ere et que de sa prospérité n, ssait l'étal de genedansleonelellese trouvai,. p„ is , £

a 1 établissement de Ja puissance indus'riclle no,,rr,„„t des préventions contre l',ndiS ic aS'™; 8» S "l , P°»! 1 1™,l-%'.™ull„retenS ans prohibitions qu elle charriait toujours a s atirancli.r des charges piibli,,„e s , et qu'elle Ztl ,tT ?f d 'f'-' M " Bernres le dit torde fructifiaient, les trois branches d'industrie marchaient en défiance h» de l'autre e"

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Maintenant, l'importance de Y agriculture est trop bien reconnue, et la puissance des denx autres iindustr.es, manufacture et est trop bien constatée pour avoir à craindre les déplorable, effets d'un, aveugle inimitié q„ °°""°! a " î rofil fc"B™'°> propriétaire., tou-

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Les fonctions des trois canaux féconds de l'industrie sont appréciées à leur j liste valeur ; on sart maintenant que toutes trois concourent également a la prospérité publique et privée , que la .miffrance de Vue entrée la g&e des dent autres, et que le Uiennomètre li iilus sûr tin ••aUreur des naiiosui estdans l'accord qui règne entre les trois branchesdislincteadel'iidusSe. ^afncujtwe et kl Manufacture fournissent ces produits, puis Je commerce facilite ieur échange,

L'agriculture, qui fournit tant de matières premières de produits, telles que céiéales, laines, soie, lin, chanvre, huiles, plantes tinctoriales, cuir , bois , minéraux , a des rapports immédiats avec l'industrie manufacturière , qui reçoit d'elle les produits primitifs qu'elle transforme pour leur donner une valeur nouvelle.

L'industrie manufacturière, après avoir transformé les produits dûs à l'agriculture, les livre à l'industriecommerciale qui rembourse les avances faites par les deux industries précédentes, et distribue les produits auxquels elle ajoute une nouvelle valeur par le seul fait de leur transport dans un lieu où ils sont demandés. C'est donc de l'alliance de ces trois industries que uaît la prospérité des nations ; l'une ne saurait prospérer sans l'autre , et elles ont des points de contact tels que souvent il est difficile de saisir la nuance qui les sépare. Ces trois forces industrielles doivent marcher simultanément et en amies, pour assurer le développement de toutes les ressources nationales.

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