COMPLÉMENT DU VERBE
Dans le langage des gestes , le comple'ment précède ordinairement le sujet et le verbe. Le sourdmuet aime à montrer le but de l’action avant de figurer l’action même et l’agent. *
Il faut donc lui apprendre à renverser sa phrase naturelle pour se conformer à la construction française , comme on le voit dans les trois premiers exemples de ce Tableau.
Nous recommandons à l’instituteur de mettre, autant que possible, en action les premiers exemples de chaque règle. Dans tous les cas, il doit chercher à les représenter par une petite scène mimique. Ici l’exemple n’offre aucune difficulté : Je frappe cette table.
Afin de rendre plus sensible la valeur de chaque mot et ses rapports avec les autres parties de la phrase, vous procéderez lentement et pas à pas. Montrant d’abord la table, vous écrivez sur le Tableau : Cette table. Portant ensuite le doigt sur votre poitrine, vous écrivez je ; et enfin le mot frappe j au moment où vous faites l’action. Vous aurez donc écrit ces mots : Cette table , jefrappe / que vous renverserez pour en former la phrase : Je frappe cette table.
Quelques exemples encore, et vous n’aurez plus qu’à faire l’action ou à l’exprimer par signes, pour que le sourd-muet l’écrive sans hésiter, en faisant de lui-même la transposition.
L’instituteur aura toujours soin de suivre dans ses signes la construction ordinaire du langage naturel, pour habituer son élève à faire, de luimême, le renversement qu’exige la construction française.
Les exercices de ce Tableau étant convenablement expliqués par l’instituteur, l’élève les lira d’abord et ensuite il les écrira sous la dictée des signes de son maître. Dans l’intervalle de cette leçon à la suivante ÿ il composera de lui-même quelques phrases sur le même modèle.
DES SOURDS-MUETS. g 5
N os XXXI- (i) et XXXII.