PORTE SUR TELLE OU TELLE PARTIE DE LA PHRASE, ET
QU’ELLE EXPRIME l’IGNORANCE OU LE DOUTE.
Nous avons déjà vu successivement toutes les formes de l’interrogation. Ici s’ouvre une nouvelle et immense carrière à vos leçons. Vous pouvez maintenant fixer l’attention de votre élève sur chaque circonstance d’un fait: sur chaque partie de la proposition. Lui-même, à son tour, aidé des formes précises de l’interrogation, pourra, par ses questions, appeler la .lumière de votre expérience sur tous les doutes de son esprit.
Nous avons réuni ici toutes les formes de l’interrogation; de ce rapprochement jaillira une foule d’observations intéressantes.
Toute interrogation suppose ou le doute ou l’ignorance absolue, et a pour but d’acquérir la connaissance, ou la certitude, ou la confirmation d’un fait. Chaque partie de la proposition peut donc devenir l’objet de trois sortes de questions.
La première colonne de ce Tableau renferme les interrogations qui supposent l’ignorance absolue.
La seconde colonne contient les interrogations qui partent du doute ou du soupçon.
L’interrogation peut porter sur toute Ta proposition , ou sur une partie seulement .
La première phrase de ce Tableau est la proposition , dont nous allons tirer toutes nos questions.
Les premières interrogations portent sur la proposition entière.
On se sert aussi de la même forme d’interrogation pour s’informer aussi des circonstances d’un fait , comme nous aurons occasion de le voir dans le cours de nos exemples.
Les deux exemples qui suivent portent sur le sujet, toujours avec la différence qui se trouve entre l’ignorance et le doute. •
Qu’est-ce qui a cueilli des roses ?
Est-ce Paul qui a cueilli des roses ?
J’annonce par le premier exemple que j’ignore entièrement l’auteur de ce fait, mais par le second je soupçonne déjà que c’est Paul, et je demande que mon doute soit éclairci.
Si je donne une formé négative à la question , mes soupçons ont plus de force; c’est presque de la certitude ; je provoque une réponse affirmative.
N’est-ce pas Paul qui, etc.
Maintenant viennent les interrogations sur le verbe.
Ici, l’interrogation du doute emprunte la forme de l’interrogation générale, et l’on est même quelquefois obligé de faire une double question.
ai8 MANUEL D’ENSEIGNEMENT PRATIQUE
Les autres questions portent sur le complément, c’est-à-dire sur le. lieu, sur le temps , sur la manière,etc.
Vous remarquerez dans la seconde colonne que lorsque la question a rapport au complément, le mot que est pronom relatif.
Sont-ce des .roses qu’il a cueillies?
Si la question porte sur un complément-indirect, le que est conjonction.
Est-ce dans le jardin que.
Vous ne ferez pas moins d’attention à la forme des réponses que comporte chaque espèce d’interrogation.
Il faut que l’élève sente bien que ce n’est qu’aux questions de doute que l’on peut répondre par ouij ou non.