‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds muets (vol. 2)Chapitre 69 sur 115 · PRONOMS INTERROGATIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS INTERROGATIFS

Les pronoms relatifs bien connus nous mènent naturellement aux pronoms interrogatifs , qui In'en diffèrent que parce que l'antécédent est supprimé dans ces derniers, et remplacé par un signe d'interrogation. En effet, que je dise : Nommez la personne qui a déchiré ce livre ; ou que , retranchant le premier membre de la phrase, je dise, avec un signe d'interrogation :

Qui a déchiré ce livre ?

La pensée est parfaitement la même.

C'est ce que nous avons rendu sensible dans ce Tableau.

La question : qui a déchiré ce livre? suppose deux propositions antécédentes. Car, non seulement elle fait entendre que le livre est déchiré, mais elle fait croire aussi que celui à qui l'on adresse la question connaît la personne qui a déchiré le livre , et peut la nommer.

Voilà pourquoi nous avons fait précéder cette question des deux phrases :

Une personne a déchiré ce livre ,

Nommez cette personne?

L'élève réunira ces deux m une seule, conformément à la leçon du N° LXXV, et il écrira :

DES SOURDS-MUETS. aoi

Nommez la personne qui a déchiré ce livre ?

Renversant cette phrase , vous en transportez à la fin le premier membre, que vous supprimez ensuite, en le remplaçant par le signe d'interrogation.

Voici la construction ordinaire du sourd-muet dans son langage des gestes.

Ce livre, a déchiré personne quelle, nommez.

Ce livre y a déchiré personne quelle ?

Ou mieux encore :

Ce livre, a déchiré main quelle ?

En faisant lire à voire élève cette phrase, vous en obtiendrez sans peine le signe du qui interrogatif. Il se peut cependant qu'il la traduise avec un impératif, comme elle a été d'abord écrite , ce qui ne serait d'ailleurs de nul inconvénient.

Voici , au reste , le signe naturel de qui interrogatif. L'index étendu se porte la pointe en avant, comme si vous cherchiez à montrer la personne dont vous voulez parler. Votre regard se dirige alors sur votre élève, avec un signe d'interrogation, qui l'invite à vous désigner celui que vous cherchez.

Qui est-ce qui? Qui est-ce que?

Cette forme d'interrogation étant l'exact équivalent de celle que nous venons d'étudier, nous pourrions nous contenter de l'écrire au-dessous de l'autre , comme il suit :

Qui a déchiré ce livre ?

Qu'est-ce qui a déchiré ce livre ?

et nous ferions entendre à l'élève que ces deux expressions sont identiques.

Voici un autre procédé un peu plus long, mais qui néanmoins nous paraît préférable , parce qu'il rend raison de chacun des mots de cette singulière locution qui est-ce qui?

Nous écrivons ces deux phrases :

Une personne a déchiré ce livre.

Cette personne est Jean.

L'élève les réunira en une seule :

La personne qui a déchiré ce livre est Jean.

Supprimant maintenant le mot Jean, je mets :

Une personne a déchiré ce livre.

Cette personne est....

Ce que l'élève transforme en :

La personne qui a déchiré ce livre est....

Ou bien même :

Celui qui a déchiré ce livre est —

J'ajoute un point d'interrogation avec la figure d'un index, qui lui rappelle le signe de qui interrogatif.

Je lui fais substituer à cet index le pronom qui, que nous transportons ensuite au commencement de la phrase ; ce qui nous donne :

Qui est celui qui a déchiré ce livre ?

d'où nous allons à :

Qui est-ce qui a déchiré ce livre ?

DES SOURDS-MUETS. 2 o3

Vous suivrez le même procédé pour les autres exemples ; seulement vous ferez observer à l'élève que lorsqu'il ne s'agit pas de noms de personnes , au lieu de qui, nous avons mis quoi , que nous changeons en que, qu' — , parce que le pronom qui, sans antécédent, ne peut se dire que des personnes.

Nous ferons remarquer un peu plus loin que ce pronom composé qui est-ce qui, n'est jamais complément indirect.

ao4 MANUEL D'ENSEIGNEMENT PRATIQUE

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