‹ Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, accompagné d'une bibliographie spécialeChapitre 20 sur 27 · TT TND D SR ST IE · texte numérisé non relu

TT TND D SR ST IE

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 197 élé, émeraude, écrivit, étude; et d’autres mots français de même nature me semblent permettre d'augmenter cette liste, en supposant par analogie l’existence de formes latines non classiques que je n’ai point rencontrées encore!. Ce n’est point seulement devant l’s suivie d’une consonne que se produit la permutation signalée; pour citer quelques types entre tant d’autres, les mots verre, ennemi, vert, mettre, vertu, verge, médecin, messe, Verdun, évêque, procèdent de vitrum, inimicus, viridis, millere, virtus, virga, medicus, missa, Viridunum, episcopus ; el maintenant que notre langue est fuite, la tendance au remplacement de l’à par l’e se manifeste encore dans la prononciation populaire *?. C’est ce penchant caractéristique que nos inscriptions accusent chez nos pères et dès les premiers siècles.

Il est, sur nos inscriptions, des mots rares ou nouveaux qu'il faut noter : observalio, qui indique la pratique de la vie religieuse; portavit annos tres“, variante

1 D'après les rapprochements que l’on vient de voir, nos mots éfable, étang, estrade, espèce, épine, époux, escabeau, escient, espace, épi, estomac, état, étrangler, etc., me semblent montrer qu’en latin le vulgaire a dû dire 2stabulum, istagnum, 1strata, ispectes, ispina, isponsus, iscabellum, iscire, ispatium, ispica, 1stomachus, istatus, istranqulare.

2 Pour ne citer qu'un seul exemple, la même substitution de lettre a lieu pour le nom de Philippe, que nos pères prononçaient Phelippe (Transactions philosophiques, t. T, pl. 1, p. 43 de l’abrégé français) et mème Philippe, comme le montrent le premier vers du Tartufe (cf. Thiers, Traité des superstitions, 2e part., 1. I, c. x, éd. de 1741, t. Il, p. 120) et le nom de Phlipon, que madame Roland a rendu célèbre.

3 I. C, G., n° 18. Cf. no 615. — + No 337 A.

du tulit annos... si fréquent sur les marbres; dolus, pour dolor, répété par deux fois!; proponere, du mot chrétien propositum, qui manque dans tous les lexiques; spectare, pour exæspectare; perassiduus *; facilis, dans une acception que le mot facile garde encore”; religio, dès Le v° siècle, dans le sens d'état monastique; liberi pour liberalesT; matrona, virginius pour conjux* ; pauper, sans doute pour humilis”; funus pour cadaver 1; incipiens pour discipulus!!; indolis pour adolescens !?; sequens, traduction d’acolythus; patres pour parentes#; l'actif consolo 1; militia dans le sens de fonction !5; depositio indiquant le jour de la mort!7; devotans'8; l’antique mot pausare!°; tractator®; facinus pour calamitas’!; pour neophytus, inofitus, qui n’est point une forme accidentelle; abstutus (astutus), qu’on ne trouve sur les marbres qu’à Briord, et qui indique l’habileté prise en bonne part; dès 552%, serviens, qui nous a

1 I. C. G., n°5 449 et 559. — 2 No 44, —3 N0 478. — 4 No 512. — 5 Ibid.

6 L'antiquité du mot religio, pris dans cette acception, a été révoquée en doute, et, pour l’établir, Mabillon a cité des passages de la Vie de sainte Radegonde. (4. S. O. B., t. I, p. 326.) Il est des preuves plus antiques, parmi lesquelles j'indiquerai un texte du Commonitorium de saint Vincent de Lérins (c. 1, éd. Baluze, p. 316), et nos inscriptions de la Gaule (nos 47, 57 et 436, ais 552, 454 et 471).

T1, C, G., n° 882. — 8 Nos 265 et 295. — 9 No 405. — 10 No 413. — 1 No 483.—12 N° 624. —13 No 617. —1+ Nos 244, 246, 250, 259, 272, ete. — 15 No 506. — 16 N° 492. — 17 No 438 A.— 18 No 258.,—19 Nos 230, 511, 534. — 20 No 404. — 21 No 42, — 22 No 599.

23 No 373, ete. Je trouve dans saint Augustin une note philologique sur cette acception qui, dit-il, avait cours de son temps : « Sieut nostra

donné un mot français !; munia pour munera, au v® siècle ?; {ransire in annos... qui se disait à Coudes pour indiquer l’âge du mort Ÿ; vofum employé probablement dans le sens peu fréquent de prière; un adjectif bizarre, dont les tombes espagnoles et gauloises révèlent seules l’existence, bonememorius on benememorius*, fait, pour ainsi dire, d’une greffe par approche, et postérieur, sans doute, à 473, date où l'éloge banal bonæ memoriæ apparaît sur les marbres ; cet adjectif rappelle le sEvivvs, mot de même formation, que présente si souvent l’épigraphie païennet.

« loqui scriptura consuevit, quæ sæpe astutiam in bono ponit ; unde Es- « dote astuti ut serpentes (Matth., x, 16), et illud : Ué et innocentibus « det astutiam (Prov., 1, 4). Quamquam et apud illos romanæ linguæ « disertissimus dixerit : Neque wi tamen ad cavendum dolus aut as- « tutia deerant (Sallust., Catil., XXVI), astutiam ponens in bono; sed « apud illos rarissimurm, apud nostros frequentissimum est. » (Epist, LXVII, Hieronymo, $ 6.)

210, G:, n° GOT À.

2 No 516. Les exemples apportés par les inscriptions pour les mots trienta, serviens et munia, sont de beaucoup antérieurs à ceux qu'avait notés Du Cange. — 3 Nos 569 et 57142.

k No 496 (ao 470) : VOTO svo FECIT; n° 698 : TV QUICVMQVE VE- VENES DEVOTO PECTORE SVPPLEX SOLECETVS VVTIS HINC RELATVRVS OPEM. Cf. Acta S. Cypriani, $ 5 (Acta sincera, p. 218) : « Corpus... « cum voto et triumpho magno deductum; » une inscription au Vatican : IENVARIE BIRGINI IN PACE BOTIS DEPOSITA ; S. August., Epist. CXLIX, Paulino, $ 16; Du Cange, vo Votum.

5 . C. G., n°5 59, 561, etc. — 6 Gruter, 608, 4; 609, 1; 754, 10; 199, 3; 863, 7, etc.; Boldetti, p. 53, 571; Marini, Paptiri diplomator,

p . 326 B, etc.

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