SEDIS EPISCOPI QVI EDE
SEDI PREFVIT VIII TO AN
NIS III IDVS NOVEMBRIS HOBIIT
Inédilc. (^. la gravure.) A Cliarroux-
En juillet 1850, un cabarelier de Charroux, voulant agrandir son établissement , faisait pratiquer des fouilles sur remplacement du transsept méridional de Téglise abbatiale, ruinée au commencement de ce siècle. A douze pieds sous terre et au-dessous de plusieurs sépultures anciennes, fut trouvé un cercueil en calcaire, recouvert d'une lourde pierre à deux pentes. Sous la tête du défunt reposait une plaque de plomb entaillée, à la pointe sèche, au ciselet, de l'inscription que nous avons transcrite.
Deux évoques de Limoges ont porté le nom de Girald , Gérard ou Girard; mais deux passages d'Adémar de Cbabanes et de Bernard Guidonis ont fait cesser toute hésilation. Et ipse (Girardu$) fuia Ihetaurariut sancii Hilarii eral, cum irct Pictavi$ ad fe$tivitatem omnium nanctorufti , œgrotam in sando Carrofo , intra dm xv obiit et ibi ieptUlus est. Adcapul ejus tabula plumbea posita est scripta : bic re-
QUIESC1T GIRALDUS EPISCOPUS LEMOVlCiE , OBIIT III IDUS MO-
vEMBRis, PRifiFuiT EiDEM SEDI ocTO ANNis. ( Adémar ap., Labbeii, 176. J
On le voit, à une inversion près, Thistorien Adémar, moine contemporain, a fidèlement transcrit Tépitaphe. On avait donc sous les yeux les restes mortels de Tévêque Gérard, fils de Guy, vicomte de Limoges, et mort en 1022. Lo pontife était de petite stature. On en a la preuve
(il- SIÈCLE.) INSCRIPllONS DU LIMOUSIN. 447
dans la pelile dimension des ossements du crâne. Son anneau , trouvé dans le cercueil , mesure également une très-pctile ouverture. Cet anneau est en or massif; il pèse 14 grammes 146 milligrammes. Aucune pîerrerie ne le décore. La tète de Tanneau ou chaton est formée de quatre fleurs triloboes opposées par la base, sur lesquelles courent de légers filets d'émail bleu. Au côté droit furent trouvées les deux extrémités de la crosse, séparées par un intervalle de plus de 3 pieds représentant la dimension de la hampe. Sa partie supérieure ne se recourbe pas en volute, selon la forme latine des crosses épiscopales. C'est plutôt une crosse abbatiale, un tau ou béquille^ destinée à servir de point d'appui au chœur. En effet, deux tètes de lion y sont opposées, et le sculpteur semble avoir pris plaisir à adoucir les aspérités du dessin. On remarquera Télégance des ornements qui séparent les deux tètes de lion. Cette partie de la crosse était probablement en corne de rhinocéros. Le temps et Thumidité lui ont donné sur une face Taspect du bois de peuplier pourri ; l'autre côté, atteint par l'oxydation d'un clou en cuivre, a la teinte et la transparence d'une corne verdâtre. Un fragment creux enveloppait le sommet de la hampe. Il est couvert de gracieux ornements. Le bâton pastoral était très-mince; il était terminé par un cône de cuivre s'appuyant sur une boule. Aujourd'hui l'évêque Gérard a retrouvé une sépulture dans l'église paroissiale de Charroiix. Tous les objets si curieux trouvés dans sa tombe y ont été replacés. Nous sommes heureux d'en avoir sauvé l'image par un dessin que les Annales archéologiques ont déjà publié '.
* Voir (juohpies dôluils de phis dniinés par M. Fnye dans les BulUtvM dp la Sockié des Antiquaires de TOucbl, numéro du 4* trimestre 4*oO,
4» INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xi« «iCLK.^
Cujus erat elarum genus , altascimtia , mores Eocimii placitique Deo populoque labores Cumque columbinam servaret simplicitatem Serpentis îamen indi^eral sibi callidilalem A pâtre promeruit foelut axa (?) dan sitn plorans Irriguum duplex, sepulchrum dum non legii orans. Laudes ergb suas recolentes nomen honorent Fratres , et pro fratre deum devocius orent XVII kalendas septembris obiit bonememorie Boso. Dei munere cujus anima requiescat in pace. Amen,
(F. pi. VU.) Inédite. Dans l'église autrefois abbatiale , aujoiir-
d*hai paroissiale d'Uzerche.
On lit ces vers mesurés et rimes, tracés en lettres longues d'un pouce, sur un calcaire jaunâtre, sillonné d'une veine blanche et dure que le ciseau a respectée. Nous Tavons figurée sur notre dessin. La pierre , longue d'un pied huit pouces, large d'un pied un pouce > est surmontée d'un haut relief très-mutilé. 11 représente un moine à large tonsure , qu'un ange volant de haut en bas saisit par les épaules. Est-ce là cette piété divine qui arracha Boson au monde, comme le dit l'inscription? Dans répoque romane, à laquelle appartient cette inscription, les anges figurant des vertus ne sont pas très-rares.
Quel est ce Boson dont les vertus reçoivent ici un si magnifique éloge , et qui réunissait les qualités d'une illustre naissance aux dons plus rares d'une haute science et d'une exquise moralité? M. Marvaud {Histoire du bas Limousin, i, 145) y voit l'épitaphe de Boson II , comte de la Marche, qui, vers 997, soumit à l'abbaye d'Uzerche l'abbaye d'Ahim qu'il venait de fonder. En récompense de ce service, Boson, mort en 1006, aurait
(ifSliGLB.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 434
reçu sa sépulture dans Tabbaye d'Uzercbc. Ce témoignage si précis du jeune auteur est malheureusement fort amoindri par une note où il nous apprend qu'on ne peut lire sur celte inscription que le nom de Boson et celui de son frère Gaubert; Boso et Gattbertus. Le reste , selon lui , eil erUièrement effacé; assertion qui renferme plus d'erreurs que de mots. L'épi taphe de Boson est très-lisible, à un mot près ; et , quant au nom de Gaubertus , il se trouve sur une inscription différente , qu'on a tout récemment placée à côté de celle qui nous occupe. On verra bientôt de quel personnage il s'agit dans cette dernière.
Quoi qu'il en soit , en tirant au hasard , H. Marvaud pourrait bien avoir rencontré juste. L'inscription a bien les caractères paléographiques de la première moitié du x;« siècle. On ne connaît à cette date aucun abbé du nom de Boson. Un religieux , doué de tant de qualités éminentes, serait-il resté longtemps dans les rangs des simples frères? L'habit religieux que porte le défunt ne s'opposerait pas à cette interprétation. Un de nos collègues , à qui nous soumettions la difficulté que présente le septième vers : À pcUre prameruit velut axa (?) dari , suppose tout d'abord que Boson était un seigneur laïque qui avait voulu mourir sous l'habit monastique ; ce qui lui permettait^ il est vrai , de lire: ii pâtre promeruit vélum et aiba dari.
N'est-ce pas vers ce temps que le duc Guillaume quittait le siècle pour mourir sous l'habit religieux dans le monastère de Saint-Maixent ? A peu d'intervalle , Ârnoul , comte d'Angoulème, allait mourir sous le froc dans un monastère de sa ville principale. {Adémar apud Labbe , 11, 170.)
Nous ne laissons donc pas la question entièrement inilccise. Quant au tcxlo, la pierre consullée par nous à
4ao INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xr iiAcLE.
Cujui erat elarum genus , aUa icietitia , mores Eximii placitique Deo populoque labores Cumque eolumbinam servaret simpiicitaiem Serpentis tamen indueral sibi cailiditatem A pâtre promeruit velut axa (?) dari sitn ploram Irriguum duplex, sepulchrum dum non legit orans. Laudes ergb suas recolentes nomen honorent Fratres , et pro fralre deum devocius orent XVII kalendas septembris obiit bonememorie Boso. Dei munere cujus anima requiescat in pace. Amen.
(K pi. VU.) Inédite. Dans l'église autrefois abbatiale , aujourd'hui paroissiale d'Uzerche.
On lit ces vers mesurés et rimes, tracés en lellres longues d'un pouce, sur un calcaire jaunâtre, sillonné d'une veine blanche et dure que le ciseau a respectée. Nous Tavons figurée sur notre dessin. La pierre , longue d'un pied huit pouces , large d'un pied un pouce ^ est surmontée d'un haut relief très-mutilé. Il représente un moine à large tonsure , qu'un ange volant de haut en bas saisit par les épaules. Est-ce là cette piété divine qui arracha Boson au monde, comme le dit l'inscription? Dans l'époque romane, à laquelle appartient cette inscription, les anges figurant des vertus ne sont pas très-rares.
Quel est ce Boson dont les vertus reçoivent ici un si magnifique éloge , et qui réunissait les qualités d'une illustre naissance aux dons plus rares d'une haute science et d'une exquise moralité? M- Marvaud (Histoire du bas Limousin, i, 145) y voit l'épitaphe de Boson II , comte de la Marche, qui, vers 997, soumit à l'abbaye d'Uzerche l'abbaye d'Ahun qu'il venait de fonder. En récompense de ce service, Boson, mort en 1006, aurait
(iiVsiiGLB.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 431
reçu sa sépulture dans Tabbaye d*Uzercbc. Ce témoignage si précis du jeune auteur est malheureusement fort amoindri par une note où il nous apprend qu'on ne peut lire sur cette inscription que le nom de Boson et celui de son frère Gaubert; Bono et Gattbertus. Le reste , selon lui , eil entièrement effacé; assertion qui renferme plus d'erreurs que de mots. L'épitaphe de Boson est très-lisible, à un mot près ; et , quant au nom de Gaubertw , il se irouve sur une inscription différente , qu'on a tout récemment placée à côté de celle qui nous occupe. On verra bientôt de quel personnage il s'agit dans cette dernière.
Quoi qu'il en soit, en tirant au hasard, H. Marvaud pourrait bien avoir rencontré juste. L'inscription a bien les caractères paléographiques de la première moitié du x;« siècle. On ne connaît à cette date aucun abbé du nom de Boson. Un religieux , doué de tant de qualités éminentes, serait-il resté longtemps dans les rangs des simples frères? L'habit religieux que porte le défunt ne s'opposerait pas à celte interprétation. Un de nos collègues, à qui nous soumettions la difficulté que présente le septième vers : À pâtre promeruit velui axa (?) dari , suppose tout d'abord que Boson était un seigneur laïque qui avait voulu mourir sous l'habit monastique; ce qui lui permettait, il est vrai , de lire: A pâtre promeruit vélum et alba dari.
N'est-ce pas vers ce temps que le duc Guillaume quittait le siècle pour mourir sous l'habit religieux dans le monastère de Saint-Maixent ? k peu d'intervalle , Arnoul , comte d'Angoulême, allait mourir sous le froc dans un monastère de sa ville principale. {Adémar apud Labbe , II, 170.)
Nous ne laissons donc pas la question entièrement inilccise. Quant au IcnIo, la pierre consullée par nous à
423 INSCRIPIIONS DU LIMOUSIN. (»« siéclb.)
trois reprises différentes > fidèlement calquée et estampée, ne permet pas de lire autrement que : A pâtre promeruit velut WM dari sibi; il ne peut y avoir de doute que pour Yx du mot cuca. Mous avions d'abord supposé que la veine dure qui passe au-devant de ce mot avait présenté un obstacle au ciseau. Le graveur se serait contenté de peindre tout ou partie d'un mot sur cette surface demeurée lisse et polie : malheureusement la mesure et la quantité du vers ne permettent pas la plus petite insertion. On traduira donc axa comme on pourra; sauf à en faire un nom propre ou à convertir l'x en 1 , ala. Peutêtre préféreriez-vous la traduction d'un de nos collègues : H mérita d'être proposé pour modèle à la comikunauté. Axa , mot inconnu avec ce sens aux glossaleurs » aurait » en basse latinité , le sens de pivot, axe; et, comme tout roule sur le pivot, le reste s« devine. Avis aux éditeurs de Ducange.
Les entrelacements, les lettres intercalées, les abréviations de celte inscription ont eu évidemment pour but de faire loger le texte dans un espace donné. Les trois premiers vers , grâce à l'emploi de ces moyens , finissent exactement à la ligne ; au quatrième , des abréviations ont permis de gagner de la place. On remarquera la proportion plus petite des caractères , les enlacements nombreux et les abréviations des deux dernières lignes. Il fallait entasser la matière; l'espace allait manquer. Ces derniers mots , d'ailleurs , sous leur forme abrégée , sont très-communs, et parlant plus lisibles dans la langue de répigrapbie. L'H, étant la lettre qui occupe le plus de place , y esl remplacé onze fois par un trait horizontal ; le même signe indique sept fois la suppression de l'N. Dans les contractions ou suppressions plus considérables, le trait, au lieu d'être superpose au mol, coupe habituel-
lemenl une des lettres principales. Notons quelques formes assez rares : le premier Q du second vers , le T et TN de tametij cinquième ligne , le point et virgule ne remplaçant pas la syllabe que , mais tenant lieu seule^ ment des deux dernières lettres , la virgule ou 9 remplaçant la syllabe er de servaret.
XI* siècle ( ? )
(58) IST IVS
ECCLIE ' PRIOR. HIC ' Ecclesiœ.
GAVBÉRTVS. HVMAT
VR : SPS« ILLIVS REQIE» ^ Spirilus. ^Requie.
FINE FRVATVR * Sine.
. CVIT (?) FE . . ITEVI . . LECT . . TARI . . E . .
(y. pi. VI, fig. 2.) Inédite. Eglise d'Uzerchc.
Ce fragment mutilé a été trouvé, il y a quelques années, dans l'abbaye d'Uzerche; il a été placé dans Tancienne église abbatiale, à côté de Tépilaphe de Boson. La ressemblance du subjectif et des caractères ont sans doute inspiré ce rapprochement. Comme Tépitaphe de Boson , celle-ci est gravée sur un calcaire jaunâtre et fumé; elle était accompagnée d'un relief aujourd'hui entièrement effa(*/é ; la partie qui a reçu l'inscription a seize pouœs de hauteur sur huit de largeur. Les lettres , un peu plus régulières et moins maigres que celles de l'épi taphe voisine, ont aussi un pouce de hauteur; du reste , c'est le même alphabet, le môme style et la même main, plus ferme et moins indécise. Cette inscription pourrait donc être de la môme époque que celle de Boson.
414 liNSCRlPTIONS DU LIMOUSIN. (xi« siècle!
k quelle époque vivait ce Gaubertus? Un Gaubertus, dit Malafaida , gouverna Tabbaye d'Uzerche sur la fin du xi« siècle, selon le témoignage de Geoffroi du Vigeois; mais le môme auteur nous apprend qu'il mourut dans un voyage à Saint-Martial de Limoges , et qu'il y fut enseveli honorablement. Gaubertus.... Lemovicas veniens IV kaL octobrù obiit et infra basilicam regalem Salvatoris mundi non longe a tumulo Guillermi pontificis , non ignobili traditur sepultura. (Labbe, ii^ 298). La forme des lettres, d'ailleurs, n'annonce pas le xii* siècle. Serait-ce l'épitaphe de Gaubertus qui , sur la fin du x^ siècle, fut le premier auleur de la restauration de l'abbaye d'Uzerche? Malgré la réponse affirmative de plusieurs personnes très-versées dans l'histoire locale , nous n'oserions le donner pour entièrement certain. Selon le P. Estiennot, ce moine, connu aussi sous le nom de Gauzlenus , fut le cinquième abbédeSaint-Â.ugustin-lez-Limoges, et devint plus tard chorévêque de Limoges sous Hiidegarius. Mais ce dernier fait est controversé.
Notons qu'un troisième Gaubert de Mirabel fut abbé d'Uzerche en 1149 et 1151, et fut enseveli au chapitre d'Uzerche. Serait-ce l'épitaphe de ce dernier? Cette Inscription a été trouvée , en effet, dans l'ancien chapitre Nous ne lui avons donné cette place que par égard pour une opinion très-accréditce en Limousin.
(59) VIIII K. MARTII f OBIIT i BONE. ME MORIE : DOMNV, ROTBERTUS ; ARMARIUS I + [V. pi. VI , flg. 5.) Inédite. Logros. Autrefois à l*abbayc (ît^
Saint-Martial.
Celte inscription, placée dans le cloître de Tabbayc i\^
ixi'siKCLK.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 425
Saint-Martial » fut recueillie par l'abbé Legros ; il n'en reste que notre dessin : c'est un simple souvenir destiné à rappeler les prières anniversaires dues à un moine qui occupa les importantes fondions de bibliothécaire. Celte illustre abbaye posséda une suite de bibliolhécaires distingués; nous en avons une liste incomplète. C'est à eux qu'est due la précieuse collection de manuscrits qui , en 1730, longtemps après la sécularisation de l'abbaye, fut vendue à la bibliothèque royale , où on la conserve encore aujourd'hui. Dans le nombre, nous ne citerons que Bernard Itier, auteur d'une chronique estimée. Ces fonctions ne se bornaient pas à la conservation et à l'acquisi* tion des livres. VartMrius était aussi copiste, ainsi qu'Itier nous l'apprend de lui-même dans une note inscrite à la suite d'un manuscrit qu'il avait acheté pour son abbaye. Le bibliothécaire avait encore la surveillance et la direction des calligraphes du monastère. Il devait^ dit le coutumier de Saint-Victor, choisir les auteurs à transcrire, fournir les instruments du travail, et veillera ce que les copistes ne s'occupassent pas de transcriptions autres que celles qui leur avaient été ordonnées. On sait que , dès le xi* siècle , les copistes étaient au nombre de douze dans les grandes abbayes. Au xvii'' siècle , Martèue et Durand trouvèrent encore à Citeaux les cellules silencieuses destinées à ce travail. Le père Cahier, dans un mémoire spécial , a donné les renseignements les plus curieux sur les scriptoria des monastères. {Ann. de PhiL Chrit.) Nous avons recueilli nous-mêmes, sur les manuscrits de la bibliothèque nationale provenant de l'abbaye de Saint-Martial , une liste de bibliothécaires de Saint-Martial, et l'indication de quelques-uns de leurs travaux. On la trouvera aux notes.
4m INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xi« siècle.)
xr siècle (?).
(60) JESUS NAZARENUS REX JUDvBORUM.