‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 5 sur 172 · MANDEL D'ÉPIGRAPHIE · texte numérisé non relu

MANDEL D'ÉPIGRAPHIE

raines de celle-ci et publiées par nous , se terminent par la même formule.

Voyez ci-dessoQSt au xiii* siècle, les inscriptions de G. de Beaulieu , du prévôt Jourdain, des Chambafort, pi. 17, etc.

On nous permettra une autre rectification. En 1846, M. Jules Courtet, sous-préfet de Die, découvrit dans le pinacle de l'église de Saumanes une cloche portant la date de 910. Cette découverte était fort intéressante; mais H. Didron, secrétaire du comité des arts, exprima des doutes bien légitimes sur l'authenticité de cette date. Sur sa demande, un dessin accompagné d'un estampage montre bien :

REX : VEiT : ( venit) i : ( in ) pace :

DEUS : HO : ( homo) FACTUS : EST :

A : D (?) CCCC fX

Mais les caractères sont du xrv* siècle. Reste à expliquer la date apparente 910, fondue en caractères du XIV' siècle; nous croyons être sur la voie de l'explication véritable. Nous remarquons d'abord que ces caractères ont été obtenus par le procédé moderne; l'identité des mêmes lettres prouve que le fondeur s'est servi de lettres coulées en cire, qui, placées sur la chemise^ ont fondu au feu, et fait place plus tard au métal. Pour ajuster ces types, le fondeur, afin d'obtenir des lignes bien exactement parallèles , a couché sur le flanc les caractères qui n'auraient pas continué la ligne horizontale; dès le second mot , nous trouvons une lettre ainsi disposée ; c'est le t du mot veniu Le prétendu Dde la date n'est donc qu'une M en gothique arrondi, posée sur le côté droit. Dans l'alphabet de la troisième époque, le D et l'M ont en effet

la forme d'une beude. C'est un arc dont la oorde est verticale dans le D el horizontale dans PH; le plus souvent Vfi possède en outre un caractère particulier : nous vouloBs parler de la pointe centrale qui lui donne complètement l'apparence d'une boucle avec son ardillon. Ici cet ardillon est visible, quoique atténué peut-être par le graveur : quant au texte , il est emprunté à l'Ecriture Sainte, et signifie seulement que le travail de cette cloche fut terminé vers la fête de Noël. Le dessin donné par M. Didron vaut mieux qu'une description. Quelque parti qu'on prenne, Timportance de dessins exacts demeurerait démontrée même par l'incertitude de nos conjectures. En revenant sur nos pas , nous ne serions pas en peine de donner d'autres exemples. H. de Castellane , après Hontfaucon , classe à la fin du x* siècle une inscription de Charles le Chauve qui date évidemment du xiii*. (Mém, des antiq. du Midi, III, 5 6.)

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