‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 108 sur 264 · Arisloph., fragm. 471, Koch · texte numérisé non relu

Arisloph., fragm. 471, Koch

HISTOIUK Di: I.A IJTTKRATLKE GRECQUE

que la Grèce ail connu. A cet égard, Quinlilien (X, I, 68; le Jugeait égal aux sages ilu W siècle, dont les réflexions, aulhentiques ou non, avai«'nt formé peu à peu le Iniids commun de toute morale saine et avisée. Toutefois, entre eux el lui, la différence est sensible. Non seulement il sait dire avec brièveté et finesse ces vérités générales qui ne valent que par une élégante précision, mais presque toujours, eu les exprimant, il leur communi^iu»' un accent à lui, qui en double le prix.

L'influence de la rhétorique, (jui se développait alors, s'est exercée sur la langue d'Euripide, comme sur l'invention même d'un certain nombre de scènes de ses drames. Nous avons vu combien il aime à faire plaider ses i»ersonnages. Ils plaident si bien que des maîtres dans l'art d<' la tliscussion les ont recommandés comme des modèles*. Dans de telles scènes éclatent les qualités dialectiques de la langue du poète. Les transitions sont brèves, les tournures variées et simples; la phrase n'est Jamais assujettie aune régularité monotone, (iénéralement courte, sans l'être trop, elle a de la gravité quand il faut imposer une aftirmation, de la légèreté dans les insinuations, de la vivacité quand elle veut être pressante, i/d et là, des incises de deux ou trois mots, jetées comme en passant, lui donnent plus de vie et de mouvement, l'ne idée accessoire, un reproche, un souvenir, un regret, qui surgissent soudain, se mêlent à la pensée principale sans l'interrompre. 11 y a là bien du naturel mêlé à (fuelques arlitires de rhétorique. Si parfois ceux-ci apparaissent un peu trop, en général Euripide s'en sert avec autant de discrétion (fue d'aisance.

Ce qu'on peut reprocher à cette langue poétique, c'est de ne pas se colorer assez fortement des sentiments des personnages. Elle n'est pas assez aristocratique, en quelque

i. Quinlilien, X, I. (»8 : « El dicemlo ac reRpondcndo cuilibcl eoriini. qui fuerunt in foro diserli, comparandus. «

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