Éditions
Les fragments des tragiques de second ordre se trouvent dans les recueils de Wagner et de Nauck, déjà signales.
A consulter :
Welcker, Griechische Trnfjœdien, t. III ; Ilaigh, The théâtre of tite tireefis, déjà signalé.
ne se prêtent pas à une étude littéraire. Nous ne pouvon> donc ici que mentionner rapidement quelques noms.
Dans la famille d'Eschyle, nous trouvons toute une lignée de poètes tragiques : son (ils, Euphorion, et son neveu, Philoclès l'ancien; puis, k la seconde génération, Morsinio> et Mélanthios, tous deux fils de Philoclès et contemporains dWristophane. La même famille se continuera par d'autres poètes au siècle suivant. lophon, (ils de Sophocle, obtini (luehfues succès vers la fin de la carrière de son père. l'ii dehors de ces maisons piivilégiées, il faut citer Ion de <:hios, poète lyrique en même temps que tragique, histolien aussi et même philosophe à Toccasion ; Achéos d'Erétrie, célèbre par ses drames satyriques plus encore que par ses tragédies ;rArcadienAristarque de Tégée ; le Sicyonien Néopliioii, dont la Médée semble avoir servi de modèle à ceele d'Euripide; Moschion, intéressant par une tentative de restauration ou de développement de la tragédie historique Thémixtoclr, les Vhèiceiis ; Critias, qui fut un des trente tyrans d'Athènes; mais surtout Agathon, le seul qui semble avoir fait preuve d'une réelle originalité, à côté des maîtres que nous avons étudiés. Tous les autres, en efiet, durent ressembler plus ou moins soit à Sophocle, soit à Euripide, et le plus souvent aux deux à la l'ois. Agathon. né vers 445, inaugura, dans la fin du siècle, vers 415, une forme de tragédie un peu dilférente. Elève des sophistes à la mode, élégant dans ses nueurs et alVable, il fut assez populaire pendant une dizaine d'années Vers 40!>, il avait déjà quitté Athènes; il dut mourir, jeune encore, à Pella, en Macédoine, peu avant la dernière année du v« siècle. Les plus célèbres de ses tragédies étaient la Destruction (rilion et surtout Ànthos la Fleur) ou Anthce, où, par une exception singulière aux habitudes du thé;Ure, tout était d'invention pure, le sujet et les personnages. Sa principale innovation fut de substituer aux anciens chants du chœur, plus ou moins liés à l'action, des morceaux mélodiques sans rapport avec
FIN DE l'évolution DE LA TRAGÉDIE
le sujet. C'étaient de simples intermèdes (èjx^dXitxai, qui pouvaient être transférés sans inconvénient d'une pièce à une
lulre. Quant au drame lui-même, il se recommandait surl»»ut, chez Agathon, par l'élégance du style, où d'ailleurs
.' laissait tn^p sentir le goût de la recheirhe et l'iniitalion
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lie (iorgias.
Vers le même temps, Carkinos, dont l'onivre fut loutimiée par ses fils, mêlait aux argumentations oratoires des rtîetsde spectacle obtenus à l'aide de machines et donnait plus d'importance aux ballets «les cho'urs. A partir du romuiencementdu iv siècle, l'histoire de la tragédie nous • si de moins en moins connue. \ous voyons bien qu'elle est al(»rs en décadence. Les représentations, il est vrai, continuent d'avoir lieu régulièrement. Mais on joue d'anciennes l»ièces devenues dassicpies, «elles des grands maîtres du genre, c«»ncurremment ave«- les pièces nouvelles, auxquell(»s une m(»indre pla<.' est accordée. Euripide est parliculièlenient en faveur. Des acteurs de talent se font une réputation en reprenant les principaux rôles de son répertoire, (les acteurs s'organisent en scK-iétés, et vont porter les .'hefs-d'œuvre de ville en ville. Pres(|ue toutes les giandes cités grecques se construisent alors des théâtres permanents. La magnificence du spectacle progresse avec l'art même de la déclamation tragique. Mais l'originalité créatrice des poètes paraît diminuer dans la même proportion; et. en l'absence de grandes o'uvres qui aient survécu, il devient difticile de détiMminer avec précision les caractères du genre finissant.
En certain nombre de poètes semblent s'attacher à coniumer la tradition des maîtres, en subissant surtout Tintluence d'Euripide. Ils se renferment dans un petit nombre de légen<les pathéti(iues, toujours les mêmes; et ils clurchent à renouveler ces vieux sujets, non par la peinture des caractères, qui semble épuisée, mais par des '■ombinaisons ingénieuses, par une intrigue plus savante,
HISTOIRE DE LA LITrÉRATLRE GRECQUE
FIN DE L EVOLUTION DE LA TKA(iÉI)li:
par (les reconnaissances, par dos coups de théâtre, enliii par l'étalage d'une rhéloriquo et d'une dialectique où si fait sentir le tioùt du jour. Tels furent sans doute, avec div différences individuelles qui nous échappent : Aplîaré»% lil> adoptif d'Isocrate ; Astydamas l'ancien, descendant d'Kschyle, et son tils, Astydamas h* Jeune ; Théodecte de Vhn sélis, orateur célèbre en nièm»' temps que poète tragi^ju»' : d'autres encore, dont les noms ne méritent pas d'être cité>
Quelques-uns, en plus petit nombre, exagérant enrui. le goût de la rhétorique, laissent apercevoir une tendant» Jus«iu"à un certain point distincte. Ce sont des poètes en qui le sens dramatique est faible, (jui traitent la tragé<lif comme une matière à amplitications ou à descriptitins, et qui, en fin de compte, semblent viser plutôt à être lus (pi";'i être représentés. Le plus connu d'entre eux est Chérémon. dont il nous reste quelques fragments; il s'y monhe poèlr gracieux, mais sans force, d'une élégance plutôt m<dl«'. nullement appropriée au théâtre.
A cette période, assez obscure en somme, ap))artieMl une seule tragédie conservée, le /{/tems, faussement attribuée par les manuscrits à Euripide. La pièce, qui est un* sorte de transposition dramatique du X« «haut de Vllûidr ou DolonU% représente la mort du roi de Thrace Hhéso>, venu au secours de Troie, mais surpris et massacré danson camp par Ulysse et iJiomède. C'est un curieux exempl< d'art com[)Osite, où l'on sent l'imitation des trois granit maîtres du drame classique, avec un goût caractérisé poui le pittoresque de la mise en scène et pour la déclamation pompeuse.
En définitive, vers le milieu du iv" siècle, au tempd'Alexandre le Crand, la tragédie, sans cesser d'être en faveur, ne produit plus d'ceuvres vraiment originales. Elh va se perpétuer ainsi pendant la période suivante sur le> théâtres érigés par les successeurs d'Alexandre dans leurs
nouvelles capitales; mais elle se perpétuera sans se renouveler. Son influence, assurée par les chefs-d'ceuvre classiques, et surtout par ceux d'Euripide, sera d'ailleurs fort grande. Elle répandra parlout la connaissance des vieilles légendes et le goût des émotions diamatiques; elle sera un dos agents de diffusion de l'hellénismo, et par conséquent (le toutes les idées et de tous les sentiments (lui s'v rattachent; elle suscitera la tragédie latine ; et, bien plus tard, après le moyen âge, elle contribuera grandement à faire uailre chez les peuples modernes le théâtre classique. Malgré cola, dès le temps d'Alexandre, elle peut être considélée comme un genre épuisé, puisqu'elle a cessé de susciter (le grands poètes. La survivance de ce genre, due au talent tlos acteurs qui essayent de la rajeunir, aura nécessairemont (|uelque chose d'artiliciel ; et un temps viendra, •jn*(»n peut déjà prévoir, où le public, lassé de revoir toujours des pièces déjà vues, préférera le spectacle muet de la pantomime, qui reproduira pour lui les mêmes légendes, sans le fatiguer par d'éternelles rediles.
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CIIAPITHK XIV
ORIGINES DE LA COMEDIE
SOMMAI Kl :
I. Freinières formes de la comédie. Les chants phalliijues et le comos diiuiysi.ujue. L.i prétendue eoiindie dorienue et méj^ i rienne. Susarion, Myllos, Méson. — II. La comédie sicilienii. Épicharine. — III. Orij^'ines du mime sicilien. Sophnm • I Xenarque. — IV. Débuts de la comédie attique. Les concomde comédie. Premiers poètes de la comédie ancienne Cr f tinos. — V. Formes et organisation des représentati«»iicomiques à Athènes. — VI. Structure de la comédie. VIL .Nature de faction et des personnages dans la comédie du \" siècle. Son esprit. Délinition de la comédie dite ancienii. Sa langue.
1. Premières formes de la comédie. — Les chants phalliques et le comos dionysiaque. — La prétendue comédie dorienne et mégarienne. Susarion, Myllos, Méson'. — Tandis que le genre tragique accomplissait ainsi son évolii lion, l'autre grande forme du drame, la comédie, se dévr loppait il côté de lui, non sans subir son influence, et sni vait, à travers des phases diverses, une destinée non moincomple.xe.
\. Éditions :
Les fragments des comiques ont été plusieurs ft>is réuni en recueil. Signalons : Meineke, Frmpnenta comirorum (p-œv' mm, 5 vol., Berlin, 1 839- 18 il ; Meineke et Bothe, Comicom f/rœcorutn frmpnenla, avec trad. latine, 1 vol., Paris, iS.i Bibl. Didot ; Th. Kock, Comicorum atticurum fragmenta, 3 vo
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ORIGINES DE LA CO.MÉDIE
Comme la tragédie, la comédie, en Grèce, est née dans les fêtes dionysiaques, et, comme elle aussi, elle est restée intimement liée à ces fêtes pendant toute la période classique.
Selon le témoignage capital d'Aristote dans sa Poétique c. i>), elle dut son origine aux chants appelés phalliques, 'est-à-dire à ceux de la procession rustique qui accompai:n.'iit à travers les champs l'emblème de la fécondation, l'ne afdrmation aussi autorisée ne peut être mise en doute. li y a lieu de remarquer seulement qu'Aristote, en s'exprimant ainsi, n'a pas voulu énoncer tout le détail des faits qu'il visait, et que la brièveté de sa formule, si on la prenait à la rigueur, risquerait de les faire paraître plus simples (ju'ils ne le furent en réalité.
A l'origine, les fêtes en question avaient lieu dans les dèmes de PAttique à des dates qui n'étaient pas partout les mêmes. Plus tard, lorsque les concours dramatiques -Organisèrent régulièrement, la comédie fut atlribuée plus spécialement aux Lénéennes, c'est-à-dire à la fêle urbaine célébrée vers la lin de l'hiver. C'est là un arrangement dont nous ignorons l'origine et l'ancienneté.
Ouoi qu'il en soit, ces processions rustiques avaient pour objet de célébrer joyeusement la puissance du dieu qui donnait le vin. Klles comportaient, comme le dithyrambe, l'association d'un chanteur (6 èÇâp/wv) et d'un chœur; le • hauteur célébrait le dieu, la joie du jour, le bon vin, et, sans doute, mêlait à ses hymnes, plus ou moins improvisés,
Leipzig, 1880-1888; Kaibel, Comicnnim grœconnn frogmenin, dans Poelarum graecorum fraf/menfa de Wilamowitz-Mœllendortl, Berlin, 1899 (1" partie du t. I).
Oavragres généraux ;
Meineke, IJistona critica comicorum gru'corum, 1839, t. J du recueil en 5 vol. signalé plus haut : Ed'el. du Méril, Histoire de la Comédie ancienne, 2 vol.. Paris, 1864-1869; Denis, la Comédie urecqve, 2 vol. Paris, 1886; Couat, Aristophane et la Comédie 'iflifjue, Paris. 1889.
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ORUilNES DE LA COMÉDIE
mille facéties et divagations fantaisistes; le chccur y répondait par des refrains, mêlés de cris et d'appels aux dieux. En l'absence de toute forme réi^ulière, il pouvait y avoir là occasion à des moqueries, à des bouffonneries, auxquell<»s se mêlaient peut-étie même des ébauches de dialofîue. En tout cas, voilà, d'après le témoignage formol d'Aristoto, 1. premier et le plus essentiel élément de la comédie primitive.
Mais ces chants faisaient partie d'un ensemble de réjouissances bruyantes, dont ils ne pr'uvent être séparés <|uepar abstraction. Elles constituaient ensemble le comas, et ccsi Justement di* ce nom qu'a été tiré celui de la comédie. Célébrer le comos (xfoaâ^^éiv), ce n'était pas seulement pai courir les champs en procession, c'était aussi banqueter, «i. après le banquet, se répandre pjir les rues en bander joyeuses, danser, se disputeret s'injurier mutuellement, iiii proviser des brocards contn' tel ou tel, peut-être enfin cou tre faire certains ridicules. Une telle fête, célébrée danl'ivresse, était en réalité une comédie, informe encore «i comme dispersée, mais singulièrement vivante, qui ii< demandait qu'à être disciplinée par l'art pour produiide grandes choses.
Peut-être faut-il ajouter encore à ces éléments primitilN ce qu'on appelait le défilé des chariots dotireia), dont il esl question dans quelques notices anciennes. Il s'agit proba blement sous ce nom de l'aller et du retour des vigneron^. lorsqu'ils conduisaient leurs tonneaux à la ville. Il sembl. que cet usage ait donné lieu à une sorte de réjouissance d> carnaval, comparable à notre ancienne descente de la Cour tille. On s'interpellait, on se moquait les uns des autres, ou s'injuriait plaisamment; les gros mots, les chants bachique^, les cris, les disputes formaient un tumulte, au milieu duquel éclataient les rires. Tout cela a pu suggérer à la comédi naissante mainte invention, dont il est difficile aujourd'hui de déterminer la nature avec précision. Il ne saurait être
question, en tout cas, de suivre chacun de ces éléments dans son développement, puisque le caprice et le hasard n'ont pu manquer d'y jouer un iCAe important. La seule ( liose possible, c'est d'en donner l'idée, sans prétendre à une exactitude apparente, qui altérerait la réalité.
Os usages anciens sont attestés pour l'Attiqne. lis ont dû régner, à peu près les mêmes, dans toutes les régions de la (irèce où la culture de la vigne s'est répandue. On a cru <|ue, dans certains pays doriens, la comédie s'était produite, dès le VI'' siècle, sous des formes plus régulières ^ En fait, ce (|ue nous y entrevoyons ne diiïère ^^uère de ce que nous \enons de décrire. En Laconie, on cite diverses sortes de danses ou de représentations mimi(jues, où figuraient des ;.'ens nommés dikclisles; mais il s'agit là plutôt d'une sorte de pantomime que d'une comédie proprement dite. ASicyone, on mentionne des cortèges de pluiUopiiorca^ qui se livraient à diverses boufl'onneries ; cela devait ressembler fort, à l'origine du moins, aux improvisations dionysiaques de l'Atlique. D'ailleurs, nous ne sommes nulle parten présence «le dates certaines.
A Mégare seulement, nous croyons distinguer, dès le VI' siècle, quelque chose comme une ébauche de comédie organisée. Aristote nous parle en effet de l'influence qu'exerça l'avènement de la démocratie sur le genre nouveau et du bon accueil que ses représentants trouvaient dans les bourgades mégariennes. Ces faits se rapportent, d'une manière générale, au vi« siècle, et nous n'avons aucune raison de les mettre en doute. La difficulté est de définir ce qu'étaitaujuste cette comédie. Il n'est pas douteux qu'elle ne fut satirique, puisqu'elle dut son essor à celui des libertés publiques ; mais il n'est pas probable qu'elle eut grande valeur littéraire, puisqu'elle ne réussit pas à se faire admettre dans les villes. On peut donc supposer qu'elle se composait surtout de courtes scènes bouffonnes, entremêlées de