Éditions
Knisemann. Epiclinrmi fraffmenla, Il.irlem, 18:U; Mulincii. dans P/iilosophontm fjrspcorum frafjtnenta, t. 1, Paris, Didol 1860; Kaibel, Comicov. f/raecor. fragtn., signalé plus haut.
A consulter :
Denis, ouv. cité; Artaud. Fragments pour servir à l'hlsf. (!>' la corn, af tique, Paris, 1863; Jules Girard, Etudes sur In poénif (frecqnc, Paris, 188i.
ORIGINES DE LA COMÉUli:
louL ce qui excitait sa verve nuilicieuse. Il semble que la poésie iambique ait eu chez lui un succès particulier. On trouve dans un fragment d'Kpicharme le nom d'un certain Aristoxène, d'ailleurs inconnu, qui jouissait peut-être en ((• genre d'une réputation locale. En tout cas, on ne peut izuère douter que le mim(% c'est-à-dire l'imitation amusante de certaines scènes de la vie quotidienne, n'y ait été popul.iire. Nous le verrons bientôt devenir là un genre littéraire. Avant de se faire admettre dans la liltérature, il a dû se j)roduire spontanénuMit, sous foime d'improvisalion, dans les réunions de gens du peuple, dans les auberges, dan- les marchés ; cl le mime est proprement le fond même de la lomédie sicilienne. Enfin, il n'est pas impossible non )tlus que cette race d'improvisateurs, habiles à contrefaire les choses sérieuses pour s'en amuser, n'ait piis plaisir à parodier jusqu'à des scènes mythologiciues que Tépop^'e ou la poésie lyrique lui avaient rendues familières. (Juoi qu'il en soit, la représentation des mœurs communes, comme fond principal, la parodie mythologique et la satire raisonneuse, comme accessoires, voilà les éléments propres avec lesquels s'est constituée la comédie sicilienne.
Cette comédie eut, en même temps, deux représenlanl> remarquables, Épicharme et Phormis ^ou Pliormos); maié les œuvres de ce dernier, pour une raison ou pour une autre, semblent avoir disparu avec lui. tandis que celles du premier survécurent longtemps et nous sont encore l'assablement connues par de nombreux fragments ou témoignages. C'est donc d'Epicharme seul que nous avons à nous occuper ici.
Né probablement à Cos entre 520 et 500, transporté tout jeune à Mégare Hybb-ea, en Sicile, il paraît s'être établi de bonne heure à Syracuse, où il fit représenter des piè<*es dès 486, d'après Suidas. Devenu bientôt célèbre, il jouit de la faveur des tyrans Célon et Hiéron ; après la mort de ce dernier, en 468, nous le perdons de vue ; un biographe
HISTOIRE Dt: LA LITTÉHATURE GRECQUK
assure qu'il vécut jusqu'à quatre-vingt-dix ans. Il coni| environ une quarantaine de comédies.
Épicliarme est un des grands noms de la liltéralmgrecque. Platon en fait le représentant le plus émintiil de la poésie plaisante, comme il fait d'Homèir c»*lui dt* la poésie sérieuse'. Sa grande innovation, ce fui, d'apr<'> !i témoii^naiie inécis d'Aristote, d'avoir donné à la conn'dir une fable, c'est-à-dire une intrigue-. Jusque-là, maLipeut-èlre quolcjnes essais partiels, elle se composail dr courtes scènes isolées ou de parades tlécousues. Il réussit, le [uemier, à faire accepter du publie une aclion analogu»' à celle de la triigédie, c'est-à-dire 1«' dr\. loppement régulier d'une situation donnée, à Iravrrs un ceilain nombre de pliases, justpi'à un dénouement.
Cette acThMi, autant que nous (jouvons en juger par c» ii\ des titres de ses pièces qui nous sont connus, était lanlol em[)runlét' à un mylbe, tantôt créée par le poète à riinilation des événements de la vie réelle et contemporain» . ï)an> le premier cas, la comédie était une aventure diviii< ou liéitVique tournée en plaisanterie ; dans le second, c'était une rejuésentation plus ou moins chaigée des mu'Uis du temps. Il est assez piobable que, de ces deux foiiii» ce fut la première qui servit de motièle à la seconde. I.e> fables mytliologjjpies alimenlaienl alors le drame athénien et sicyonien, tragédit» ou drame satyri(|ue, depuis [)rès d'ir^ siècle déjà. Kpicbarme n'eut, en quelque sorte, qu'à li' vestir en bouffonnerie ce qu'on lepresentait ailleurs dau^ un espiit différent. Et, comme les aventuies des dieux étaient en somme des aventures communes, qui resseni blaient à celles de beaucoup «le mortels, il n'eut presque qu'à cbauiier les noms poui- passer de cette comédie mytlilogi(iue à une comédie réali>te.
Les fragmenis et les titres qui subsistent ne nous p«'i-
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