‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 135 sur 264 · C. MûUer, Fragm. hi$tor. grgeorum (Bibl. Didot · texte numérisé non relu

C. MûUer, Fragm. hi$tor. grgeorum (Bibl. Didot

sans cesse pillé par ses successeurs, est aujourd'hui perdu. Nous en distinguons pourtant encore quelques traits intéressants.

|^|ihore avait eu le méiite de comprendre que, dans r«'fude des choses très anciennes, il faut se méfier d'un récit trop circonstancié : la précision, en ce cas, est signe d'invention postérieure'. Il avait donc le sentiment que la (TJlique était nécessaire; mais il paraît, dans la pratique,^ .ivuii surtout cherché à corriger les vieilles légendes par des explications d'un rationalisme bien superticiel. Ce qu'il y avait de mieux, sans dout(% dans les parties de son ouvrage où il traitait des époques lointaines et des pays reculés, c'était une application laboiieuse qui lui avait permis d'accumuler beaucoup de matériaux, de valeur, du reste, fort inégale. Dans la partie plus récente de son histoire, il avait également fait preuve d'application dans les recherches et d'étendue dans le savoir; il avait même eu recours parfois aux documents authentiques. Cependant, quand on voit, dans Diodore, à quelles causes puériles il allribuait la volonté de Périclès de déchaîner la guerre du lVl(»j»onnèse, on peut douter que ce savant compilateur fut ••apable de comprendre la politique. Polybe lui reproche aussi d'avoir été d'une grande ignorance dans les choses de la guerre, et d'avoir raconté des batailles parfaitement inin- Iclligibles pour un homme du métier 2. En revanche, il entlait le chiffre des combattants et des morts et prêtait à ses personnages des discours fleuris. Denys d'Halicarnasse et Cicéron vantent la douceur de son style. On louait aussi la netteté élégante de sa composition : des réflexions générales, des dissertations épisodiques s'encadraient dans le récit sans le briser; Polybe appréciait ces dissertations 3. Au total, Éphore était un bon élève d'Isocrate et un compi-

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